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« J’ai toujours aimé réparer ce qui est brisé », a affirmé M. Chen lors de la dernière séance mensuelle de la série Les innovateurs RBC, qui traite d’innovation et des changements apportés par la technologie dans nos façons de travailler, de vivre et de jouer.

Il a eu beaucoup de choses à réparer au sein de BlackBerry, l’emblématique entreprise de technologie canadienne dont il a pris le contrôle en 2013 à titre de président du conseil d’administration et chef de la direction. À l’époque, l’une de ses premières tâches a été d’annoncer une perte trimestrielle record de 4,4 milliards de dollars. La société est redevenue rentable après s’être recyclée dans le domaine des logiciels et des services, dont elle tire désormais 90 % de son chiffre d’affaires. Ses résultats, quoique bien en deçà de ceux d’autrefois, sont en hausse.

Le chef de la direction de BlackBerry explique qu’il cherche à accomplir ce que d’autres croient impossible, ce qui exige d’avoir les idées claires et de comprendre parfaitement les grandes tendances.

Dans le cadre de la séance, il a traité des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, de l’avenir des appareils mobiles et de la façon dont l’intelligence artificielle (IA) transforme la cybersécurité.

Voici quelques-uns des points qu’il a abordés :

1. Huawei devra faire preuve d’une transparence accrue

Le réseau 5G constitue le dernier champ de bataille dans la nouvelle guerre froide des technologies. Selon M. Chen, la société chinoise Huawei devra tôt ou tard accepter que son code soit examiné pour avoir accès aux marchés occidentaux. « Sinon, affirme-t-il, je ne vois pas comment Huawei pourrait revenir dans la partie. » Le fait est que la société n’est pas l’unique fournisseur de technologies émergentes comme les routeurs et les modems 5G, et que les gouvernements occidentaux peuvent se passer d’elle et se tourner, par exemple, vers Ericsson.

2. Le prix des téléphones pourrait avoir atteint un sommet

M. Chen estime qu’Apple a mal analysé la courbe de l’inflation et que son téléphone à 1 000 $ ne connaîtra pas le succès escompté. En effet, les nouveaux modèles ne sont pas assez innovants pour que leur prix astronomique soit justifié.

3. Les voitures intelligentes, un nouveau marché

Les voitures, qui intègrent de plus en plus de technologies, devront être protégées par des logiciels sécurisés. Voilà une occasion en or pour BlackBerry, selon M. Chen. La technologie QNX de la société est déjà installée dans 120 millions de véhicules. À l’heure où l’on craint que des pirates informatiques envoient des voitures dans le fossé et que des drones percutent des avions, l’objectif de BlackBerry consiste à faire de la technologie QNX la norme en matière de système d’exploitation automobile – ce que Windows est à l’ordinateur personnel, en quelque sorte.

4. Les combattants de la guerre cybernétique passent de la défensive à l’offensive

Si vous en êtes encore à gérer la dernière attaque informatique dont vous avez été la cible, vous perdrez la bataille. La cybersécurité, véritable jeu du chat et de la souris, constitue une priorité tant pour les forces armées et les hôpitaux que pour les grandes banques, et les deux camps – pirates et cibles – se tournent vers l’intelligence artificielle pour prendre les devants. L’automne dernier, BlackBerry est passée à l’offensive en acquérant Cylance, une société de cybersécurité qui s’appuie sur l’IA pour prédire les attaques, au coût de 1,4 milliard de dollars.

5. BlackBerry n’a que faire de vos données

Pour rivaliser contre des géants comme Apple et Google, il faut miser sur ses forces. Et les forces de BlackBerry, ce sont la sécurité et la protection des renseignements personnels. Ces atouts, issus du passé de la société, continueront de la servir dans l’avenir. Contrairement à ses concurrents, BlackBerry ne cherche pas à gérer les données ni à en tirer un revenu. « Nous ne souhaitons ni connaître ni utiliser les données. Elles sont sans intérêt pour nous. Nous disposons même d’un algorithme pour les supprimer. »

6. Réjouissez-vous de votre mauvaise main

En affaires, M. Chen s’inspire de sa passion pour le bridge. Ce jeu lui plaît parce qu’il n’est pas nécessaire d’avoir une bonne main pour gagner. Les joueurs accumulent des points en fonction de la façon dont ils jouent les cartes qu’ils reçoivent. « Il faut trouver la meilleure façon de jouer, quelles que soient ses cartes. » Voilà le défi qui l’a convaincu de travailler pour BlackBerry. La tâche est ardue, mais, si l’on fait les bons choix, la récompense est plus élevée.

Ce n’est pas parce que nous disposons de technologies intelligentes que nous devons leur céder le contrôle. Nous devons agir de sorte que notre société ne soit pas dépendante aux technologies, mais se serve de celles-ci de façon judicieuse.

 

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Entre la fermeture de tous les magasins Toys“R”Us aux États-Unis et les enfants qui maîtrisent les appareils mobiles dès un très jeune âge, il ne voit peut-être pas l’avenir des jouets avec beaucoup d’optimisme. Comment un écran magique Etch A Sketch peut-il concurrencer un iPhone ?

Un géant torontois de la fabrication de jouets croit que c’est possible.

L’entreprise Spin Master a été fondée en 1994 par trois amis sortant tout juste de l’université. Dès le départ, leur produit Earth Buddy et leurs bâtons du diable ont connu un certain succès, mais c’est quand ils ont commencé à investir massivement dans la recherche et le développement que l’entreprise a vraiment pris son essor. Aujourd’hui, il s’agit de l’un des cinq plus importants fabricants de jouets au monde, et ses ventes ont surpassé 1,5 milliard de dollars l’an dernier.

Le marché mondial des jouets affiche une croissance de 3-4 % par année, principalement concentrée en Asie. Aux États-Unis, les parents dépensent en moyenne 350 $ de jouets par enfant chaque année. Et grâce aux investissements dans la recherche et le développement, les jouets peuvent être tout aussi innovateurs que les appareils électroniques. Un excellent exemple : les Hatchimals de Spin Master, de petits animaux qui sortent d’un œuf lorsqu’on le câline et le frotte.

J’ai récemment échangé avec Ronnen Harary, cofondateur et cochef de la direction de Spin Master, à la séance Les innovateurs RBC de décembre.

Voici six leçons qui peuvent s’appliquer à tous les innovateurs :

1. Bâtissez votre propre empire

Spin Master a créé le dessin animé extrêmement populaire Pat’ Patrouille en suivant un processus inversé. Environ un jouet sur quatre est un produit autorisé associé à un film ou une émission à succès, mais Spin Master se faisait toujours damer le pion par de plus grands fabricants de jouets pour obtenir les licences d’utilisation. Au lieu d’affronter ses concurrents afin de pouvoir utiliser des marques de tiers, Spin Master a créé son propre empire.

2. Misez sur la technologie pour créer de la valeur

Il y a quelques années, en raison de la technologie requise, le prix des Hatchimals aurait dû être fixé à 250 $, ce qui aurait été beaucoup trop élevé. Aujourd’hui, ce jouet se détaille à environ 80 $. Tirez parti de la technologie pour lancer des produits jamais vus à un prix attrayant.

3. Respectez vos talents

Les inventeurs de jouets sont difficiles à trouver ; il n’y en a que quelques centaines dans le monde. Il faut donc entretenir les relations avec eux. Le duo qui a développé Zoomer, un chien activé par la voix qui répond à son nom, a continué de créer des jouets pour l’entreprise. Contrairement à de nombreux fabricants de jouets, Spin Master invite les inventeurs à participer au processus global et à partager les honneurs – par exemple sur scène lorsque Zoomer a remporté le prix du jouet innovateur de l’année 2014.

4. Distinguez-vous de la concurrence

Dans les années 1990, Spin Master a créé les « Key Charm Cuties » pour concurrencer directement les poupées Polly Pocket de Mattel, mais l’entreprise n’est pas arrivée à détourner la clientèle d’un produit déjà populaire sans présenter une différence marquée. Leçon à retenir : les enfants ne s’intéressent à rien de moins que la nouveauté et l’excellence.

5. Ayez toujours une idée dans le pipeline

Spin Master a connu un grand succès avec Bakugan et sa valeur est passée de 450 à 800 millions de dollars en seulement 21 mois. Mais quand l’intérêt pour Bakugan a commencé à faiblir, cela a entraîné un important ralentissement pour l’entreprise. Les enfants grandissent, les modes passent, et votre prochaine idée gagnante doit toujours être déjà dans le pipeline.

6. Ne vous laissez pas hanter par vos échecs

Les jouets ne se vendront pas tous comme de petits pains chauds. Il ne faut pas blâmer une personne en particulier pour un échec, tout comme il ne faut pas attribuer une réussite à une seule personne. « Ne ruminez pas les échecs », dit M. Harary. Passez au projet suivant.

 

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Dans une salle remplie de propriétaires d’entreprise (établis ou en herbe), les idées et les conseils présentés étaient aussi utiles qu’authentiques. Voici 10 conseils qui sont ressortis de ce sommet et que tout entrepreneur du secteur de la technologie devrait avoir à cœur.

1. Le talent avant tout

Sans l’ombre d’un doute. Recruter et fidéliser les meilleurs talents, c’est la chose la plus importante que vous pouvez faire pour votre entreprise. Voici un sage conseil : privilégiez le potentiel au lieu de l’expérience et, si vous n’êtes pas qualifié pour embaucher la crème de la crème à chaque poste, allez chercher de l’aide.

2. Choisissez des employés expérimentés

Réunir les meilleurs talents en technologie est une chose. Mais si vous voulez propulser votre entreprise vers de nouveaux sommets, vous avez besoin d’employés expérimentés qui connaissent la musique. Ajoutez de la maturité à votre équipe et trouvez un candidat qui a dirigé une équipe de production, qui s’y connaît en marketing, et qui a la vision et l’expérience nécessaires pour faire croître votre entreprise.

3. Ne vendez pas trop tôt

La vedette de Dragon’s Den, Michele Romanow, nous a dit que les entreprises canadiennes arrivent en tête de la liste des entreprises qui ont été vendues l’an dernier et qui ont par la suite acquis beaucoup de valeur. Cela signifie que nos entreprises sont les plus sous-évaluées au monde et que nos jeunes pousses sont trop rapidement courtisées par de gros joueurs qui leur font de généreuses offres. Au lieu de vous laisser tenter par la première offre alléchante, évaluez la valeur de votre entreprise et attendez une meilleure offre, ou restez aux commandes et poursuivez votre développement.

4. Tirez parti des ressources du milieu

Notre secteur technologique est collaboratif, convivial et honnête, et il regorge de gens désireux de partager des idées, des conseils et des connaissances. Profitez-en ! Trouvez des mentors qui ont environ un an d’avance sur vous, car ils viennent d’affronter les défis auxquels vous faites face et ils les ont surmontés. Et si vous songez à vendre ? Ted Livingston, de Kik, et Harley Finkelstein, de Shopify, ont tous deux affirmé qu’ils sont prêts à jouer le rôle de mentor auprès de jeunes entreprises et à discuter de ce processus avec elles.

5. Ne sous-estimez pas l’importance du marché américain

Vous pensez peut-être pouvoir vous passer des États-Unis pour l’instant, mais n’oublier pas qu’il s’agit probablement de votre plus gros client (ou de votre plus important débouché). De plus, les États-Unis donnent le ton au reste du monde en matière de technologie : vous devez pénétrer ce marché pour jouer dans la cour des grands.

6. Ne faites votre entrée en bourse que lorsque vous serez prêt

L’introduction en bourse vous permettra de penser à plus long terme et vous donnera la structure financière pour vous concentrer sur la croissance de votre entreprise. Vous devez seulement vous assurer d’être prêt. Pour devenir une société ouverte, vous devez avoir l’allure et le comportement d’une société ouverte, établir des politiques et procédures sans faille, et afficher un solide bilan. Vous avez besoin d’aide à cet égard ? Reportez-vous au point 2.

7. Ne doutez pas : vous êtes assez bon

La confiance a toujours été l’un des plus gros problèmes des Canadiens, et ce n’est pas différent pour nos entreprises technologiques. Bien entendu, vous pourriez avoir un pépin avec votre entreprise, votre premier appel public à l’épargne ou votre prochain lancement. Mais il ne faut pas en faire une obsession. Misez plutôt sur vos forces, votre potentiel et votre produit du tonnerre. Un entrepreneur qui doute ne sort jamais gagnant.

8. Trouvez les bons investisseurs

Vous en êtes peut-être à une étape où n’importe quel investisseur semble faire l’affaire. N’oubliez pas que vous passerez sans doute beaucoup de temps avec vos investisseurs. Cherchez donc une entreprise avec qui vous pourrez faire équipe, qui partage votre vision, qui convient à votre style et qui peut offrir plus que seulement de l’argent. Il est aussi préférable de chercher des investisseurs qui ont moins de capital à investir, mais beaucoup de conseils et d’énergie à donner. Ces personnes sont plus susceptibles d’être là dans les moments cruciaux.

9. Sortez parfois de votre bulle

Il est facile de se laisser absorber par le fignolage d’un produit et de rester tout le temps dans sa bulle. De temps à autre, sortez de votre bureau pour connaître les idées et les commentaires des gens et des entreprises qui vous entourent. Ne perdez jamais de vue l’expérience utilisateur.

10. Recrutez activement pour diversifier votre effectif

La mixité (origine, expérience, sexe et âge) amène une diversité de points de vue et d’idées. Vous devez vous entourer de personnes différentes afin de créer ensemble des expériences et des concepts inédits. N’oubliez pas que si vous regardez toujours aux mêmes endroits et que vous usez toujours des mêmes stratégies de recrutement, vous attirerez toujours le même type de candidats. Ouvrez vos horizons en matière de recrutement, cherchez activement des personnes différentes de vous et vous obtiendrez des résultats incroyables.

 

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Il est chef de la direction de IEX, une nouvelle bourse de valeurs qui se démarque d’acteurs bien établis comme le NASDAQ et la Bourse de New York (NYSE) en ralentissant la transmission des ordres.

À RBC, M. Katsuyama a découvert que les négociateurs à haute fréquence dépouillaient les marchés de plusieurs milliards de dollars, utilisant des connexions Internet ultrarapides pour transmettre des ordres d’achat ou de vente à d’importantes bourses avant tout le monde et manipuler les marchés à leur avantage.

Voilà pourquoi tous négocient à la même vitesse à IEX. Chacun des ordres passe par un câble à fibres optiques embobiné d’une soixantaine de kilomètres assurant un débit convenable – tout de même évalué en millionièmes de seconde – afin de maîtriser les pires aspects de l’exécution informatisée d’opérations par anticipation sans entraver le flux des ordres.

La mission que s’est donnée M. Katsuyama, soit celle de mettre au jour les pratiques les plus conflictuelles en matière de change et de négociation à haute fréquence, est décrite dans Flash Boys, un livre à succès de Michael Lewis, paru en 2014. Depuis, son entreprise a réussi à obtenir de la Securities and Exchange Commission l’autorisation d’exercer ses activités à titre de bourse à part entière.

Lors de deux événements organisés par RBC ce mois-ci, M. Katsuyama a parlé de la difficulté de changer les choses dans un marché inégal, de la façon dont les initiés et les tiers peuvent collaborer en ce sens et des relations avec les autorités de réglementation. Il a aussi souligné que la sensibilisation est l’argument de vente le plus puissant. Voici quelques points saillants.

Les opérateurs en place : un obstacle

Les bourses de valeurs sont des sociétés privées à but lucratif, et il est dans leur intérêt de réaliser des profits en offrant un accès privilégié aux négociateurs à haute fréquence et à quiconque est prêt à payer pour un tel accès.

Certains négociateurs utilisent cet accès pour en tirer un bénéfice : ils flairent les ordres importants et se précipitent pour acheter les titres disponibles avant même que l’ordre initial ne puisse être exécuté. Le tout se déroule en quelques microsecondes, ce qui dépasse largement la capacité de réaction de tout être humain. Pour les ordinateurs cependant, la tâche est insignifiante.

M. Katsuyama, ancien stagiaire d’été à RBC et diplômé de l’Université Wilfrid-Laurier, a reconnu l’existence d’un problème du temps où il travaillait dans les bureaux de négociation de RBC à New York, au milieu des années 2000.

Lorsqu’il tentait d’acheter une quantité importante de titres, l’ordre n’était pas encore exécuté que le cours avait augmenté. Quelques années d’investigation plus tard, il s’est rendu compte que les négociateurs à haute fréquence se servaient de leurs technologies haute vitesse pour devancer ses ordres et tenter par la suite de lui revendre les actions à un cours plus élevé. Et les bourses étaient non seulement impuissantes face à ces combines, mais elles en étaient aussi les complices – après tout, ces mêmes négociateurs à haute fréquence leur versaient des millions de dollars pour pouvoir tirer profit d’une telle vitesse de transmission.

M. Katsuyama et les membres d’un petit groupe à RBC ont créé THOR, un système d’acheminement des ordres qui permet aux acheteurs de conserver une avance sur les opérateurs faisant appel à la stratégie d’anticipation. Il a quitté son emploi à la banque en 2012 pour fonder IEX.

« Nous nous sommes dit : “Pourquoi ne pas créer une bourse de valeurs qui n’offre pas de tels avantages ?  » », relate-t-il.

Après son départ de RBC, l’idée de M. Katsuyama a pris forme, et IEX – et sa stratégie de ralentissement – a vu le jour.

« Pour nous, ralentir la transmission des ordres visait à mettre le plus de gens possible sur un pied d’égalité », dit-il.

Les initiés : des perturbateurs

On tend à voir les perturbations comme provenant de sources extérieures, où de tierces personnes amènent de nouvelles idées susceptibles de déstabiliser un secteur bien établi. Selon M. Katsuyama, cependant, les connaissances d’un initié jouent un rôle clé dans le processus.

Steve Jobs connaissait déjà les technologies destinées aux consommateurs quand il a créé le iPhone. Un des fondateurs de Netflix était un entrepreneur chevronné dans le domaine des logiciels, tandis que l’autre avait une vaste expérience dans la vente par correspondance. Avant de fonder Amazon.com, Jeff Bezos a exercé diverses activités liées à Internet, comme l’exécution d’opérations financières à l’étranger et la prestation de services clientèle en ligne.

« Il faut avoir été confronté au problème qu’on cherche à résoudre, souligne M. Katsuyama. Cette expérience nous sert en période de turbulence et de remise en question. »

M. Katsuyama hésite à dire que le marché est manipulé. Il affirme toutefois que ce système privilégie injustement les négociateurs à haute fréquence qui agissent plus rapidement que les autres investisseurs.

« Plusieurs milliards de dollars sont détournés rien que dans le secteur des fonds de pension et des fonds communs de placement, ajoute-t-il. Du tort est causé à grande échelle, alors que les bénéfices vont à une poignée de personnes. »

Selon lui, seule une personne possédant les connaissances d’un initié aurait pu découvrir le problème.

« Les perturbations dans le secteur financier viendront des gens qui y travaillent », indique M. Katsuyama.

Les autorités de réglementation : des alliées

Sur le plan des perturbations, les autorités de réglementation sont souvent les meilleures alliées des opérateurs.

« L’encadrement des autorités les rend moins vulnérables aux perturbations », précise M. Katsuyama.

Aucun ne connaît mieux la structure réglementaire complexe de la négociation d’actions que les opérateurs sous réglementation, qui peuvent se servir de ces connaissances comme d’un avantage concurrentiel pour tenir à l’écart les nouveaux venus qui se butent au maquis des règles et exigences.

IEX a commencé à exercer des activités comme système de négociation parallèle en 2014, et s’est adressée peu après à la SEC afin de mener ses activités en tant que bourse.

M. Katsuyama affirme que la demande d’IEX a suscité plus de commentaires à la SEC que l’ensemble des demandes d’accréditation présentées à l’organisme de réglementation depuis sa création.

Les grandes bourses se sont farouchement opposées à l’arrivée d’IEX dans le secteur. Le chef de l’entreprise propriétaire de la Bourse de New York a même qualifié IEX d’« anti-américaine ». Des membres du public s’en sont aussi mêlés ; ils ont appuyé IEX et son objectif de placer tous les investisseurs sur un pied d’égalité.

Quand on demande à M. Katsuyama l’une des raisons pour lesquelles Flash Boys l’a rendu célèbre dans le milieu de la négociation, il répond qu’il a participé à la préparation du livre parce qu’il savait que son auteur allait faire honneur à son témoignage et permettrait de sensibiliser un public beaucoup plus large à ces pratiques déloyales.

IEX a été accréditée en juin 2016 et a commencé à exécuter des opérations le 2 septembre.

Les clients : un défi

L’argumentaire de M. Katsuyama concernant IEX n’en est pas vraiment un. Il indique tout simplement aux chefs de direction comment le marché fonctionne et comment les négociateurs peuvent agir plus rapidement que les acheteurs. Et après un entretien d’une heure, dit-il, on le convie souvent à une deuxième rencontre.

Selon lui, de nombreux dirigeants ignorent tout du monde moderne de la négociation, où des ordinateurs toujours sous tension, des plateformes de négociation opaques et des plateformes privées ont créé un marché complexe et interconnecté quasi invisible.

« Il s’agit plus de présenter les faits tels qu’ils sont qu’un argumentaire, explique-t-il. Plusieurs des dirigeants de grandes sociétés que je rencontre ignorent que 85 % de leurs actions sont négociées ailleurs qu’à la Bourse de New York. »

En devançant les autres investisseurs, les négociateurs à haute fréquence grugent chaque fois une infime partie de l’opération. Comme des milliards d’opérations sont effectués chaque jour sur le marché, ces petits gains finissent pas représenter une somme énorme que M. Katsuyama compare à une taxe prélevée auprès de chaque entreprise cotée en bourse.

« Les gens ne devraient pas être des experts du marché boursier pour avoir la conviction que celui-ci est équitable et qu’il est conçu pour servir leurs intérêts, soutient-il. Nous espérons rétablir cette confiance à l’égard du marché. »

Le plan d’affaires : un principe

Rétablir la confiance des investisseurs est nettement plus qu’une simple proposition d’affaires pour M. Katsuyama. Il affirme qu’IEX a été visée par quelques offres d’achat, mais ajoute que vendre son entreprise uniquement pour s’enrichir irait à l’encontre de ses principes.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne croit pas au capitalisme.

« Pour nous, il s’agit avant tout d’une mission, mais nous n’allons pas non plus bouder le fait que, selon nous, il y a une occasion à saisir », dit-il.

C’était d’ailleurs l’un des arguments de M. Katsuyama à la SEC : au lieu des mesures réglementaires pour contrer la stratégie prédatrice des négociateurs à haute fréquence, IEX représentait une solution de libre marché au problème.

M. Katsuyama a noté qu’avant même que sa bourse n’ouvre ses portes, l’entreprise était rentable depuis plus d’un an déjà.

Assurer la réussite d’une entreprise en démarrage est une tâche colossale. Remettre en question les idées reçues dans le secteur et affronter de puissants opérateurs posent aussi un défi. M. Katsuyama affirme s’être heurté à la résistance à de maintes reprises en raison de son adhésion au principe d’une négociation équitable.

« Beaucoup de gens de pouvoir ne m’aiment pas, conclut-il. J’essaie toujours de désamorcer la controverse et insistant sur l’existence du problème. Je le prends comme un négociateur. Et cela me procure la détermination nécessaire pour continuer de me battre. »

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L’entrepreneur canadien a passé sa petite enfance sans accès à l’électricité, a appris tout seul la programmation, puis a étudié la philosophie à Cambridge avant de faire carrière en technologie et de se mesurer à des géants comme Microsoft et Google.

Plus grande réussite commerciale de Stewart Butterfield : Slack. Slack est une plateforme de communication collaborative qui suscite un engouement rappelant les débuts de BlackBerry et qui sert à réduire le nombre de courriels transmis chaque jour dans le monde (environ 269 milliards à l’heure actuelle). En personne, Stewart Butterfield a la voix douce et l’air pensif, ce qui ne surprend pas chez quelqu’un qui a déjà songé à faire carrière en philosophie. Plus tôt cette semaine, il a participé à une séance Les innovateurs RBC, où nous avons eu l’occasion de lui parler de communication efficace, des mérites de la Silicon Valley, et de l’importance des valeurs d’entreprise. Voici ce que nous avons entre autres appris.

Un succès fortuit

Stewart Butterfield n’a pas eu dès le départ l’idée de créer Flickr et Slack, qui sont plutôt des sous-produits de ses efforts visant à créer des jeux Web multijoueurs. Son projet de jeux n’allait nulle part, mais en tentant de créer des univers imaginaires partagés, il a finalement conçu le logiciel de partage de photos qui a donné naissance à Flickr, puis l’outil de clavardage qui est devenu Slack.

Même s’il avait le sentiment que Slack avait du potentiel, Stewart Butterfield ne croyait pas au départ que sa plateforme conviendrait aux grandes organisations. Aujourd’hui, neuf millions de personnes utilisent la plateforme Slack, dont IBM et Oracle – parmi ses plus gros clients. Malgré la surprise qu’a causée ce succès, le développement de l’entreprise actuelle – qui fait maintenant concurrence à la puissante Microsoft – n’est pas le fruit du hasard, précise son fondateur. « Ça demande beaucoup de travail. »

Un antidote contre les courriels

Stewart Butterfield a maintenant de grandes ambitions. Il veut transformer fondamentalement la façon de collaborer des gens, que ce soit à IBM ou dans de plus petites entreprises. Son arme : Slack, une solution de rechange au courriel, qu’il considère comme un très mauvais outil de communication interne. Pour illustrer son propos, Stewart Butterfield donne l’exemple du nouvel employé qui fait face à une boîte de réception vide à son entrée en poste. Si cet employé entre au service d’une organisation qui utilise Slack, il a tout de suite accès à tout le travail déjà accompli dans le cadre d’un projet donné, dès son premier jour d’emploi.

Dans une entreprise moyenne comptant 1 000 employés, on transmet environ 40 000 courriels par jour ; il n’est donc pas surprenant que Slack compte une grande communauté d’adeptes.

Selon Stewart Butterfield, le plus grand avantage de Slack est de procurer rapidement un niveau élevé de transparence dans l’ensemble d’une organisation. Ainsi, tous ont accès à la même information claire, ce qui favorise l’efficacité.

La Silicon Valley a toujours la cote

Pendant la séance Les innovateurs, Stewart Butterfield a répété qu’il est un patriote canadien et qu’il croit que le Canada a tout le talent nécessaire – ingénieurs, concepteurs, spécialistes du marketing – pour pourvoir en personnel les entreprises canadiennes en démarrage.

Alors, s’il avait le choix, pourquoi lancerait-il sa prochaine entreprise dans la Silicon Valley ? Sa réponse ressemble à celle de bien des entrepreneurs : c’est encore là qu’on trouve le plus grand bassin de spécialistes de la technologie.

Les valeurs d’entreprise comptent, tout comme l’esprit ludique

Stewart Butterfield s’est inspiré du modèle de Netflix pour définir les valeurs fondamentales de Slack. Toutefois, il voulait s’assurer que ces valeurs distinguent Slack et qu’elles rappellent aux employés à la fois la conduite à adopter et le mérite que Slack leur reconnaît. Selon lui, toute entreprise devrait réfléchir soigneusement à ses valeurs et expliquer à ses employés et à ses clients en quoi ces valeurs sont distinctives.

Les valeurs de Slack sont entre autres la courtoisie, l’esprit ludique et le savoir-faire. Pour Stewart Butterfield, la courtoisie, c’est savoir se mettre à la place du client et se montrer toujours soucieux de comprendre ses besoins. En mettant l’accent sur l’esprit ludique, il veut que ses employés observent le monde d’un point de vue différent, afin de trouver des solutions créatives aux problèmes. Le savoir-faire, c’est plus que le souci du travail bien fait ; pour Slack, c’est la façon d’exprimer le sens et la valeur du travail de chaque employé.

La Chine est exclue ; partout ailleurs, tout est possible

Beaucoup d’entreprises technologiques veulent profiter de l’immense et lucratif marché de la Chine, mais ce n’est pas le cas de Slack. Stewart Butterfield explique que son entreprise n’est pas prête à donner à Beijing accès à ses données stratégiques. Toutefois, il cible les quelque 600 millions de travailleurs du savoir qui œuvrent hors de la Chine. C’est pourquoi il offre la plateforme Slack en diverses langues, en s’assurant de répondre aux exigences sectorielles et réglementaires particulières.

 

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C’était le thème de la dernière séance Les innovateurs RBC à l’approche de la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales, qui se déroulera du 30 septembre au 6 octobre au Canada et aux États-Unis.

La séance réunissait l’ancienne olympienne Silken Laumann et deux entrepreneurs, Sam Duboc et Dan Seider, qui croient qu’on peut exploiter la technologie pour faire le suivi de la santé mentale et renseigner l’utilisateur sur des options de traitement plus accessibles.

Voici ce que nous avons appris :

La honte demeure un obstacle majeur à la recherche de traitement. La technologie peut faciliter les choses.

Dans ses mémoires, publiés en 2014 sous le titre Unsinkable, Silken Laumann révèle qu’elle a été victime de violence émotive dans son enfance. Elle avoue avoir hésité à raconter cette expérience de peur que cela ne nuise à son image publique. Avant la publication de son livre, Silken Laumann était perçue par les Canadiens comme une inébranlable rameuse de classe mondiale qui avait surmonté une terrible blessure à la jambe pour finalement remporter une médaille de bronze aux Jeux de Barcelone en 1992. Encore aujourd’hui, la honte associée à la maladie mentale empêche de nombreuses personnes de chercher de l’aide. Et c’est un grave problème, car un Canadien sur cinq sera touché par la maladie mentale au cours de sa vie.

Sam Duboc a une solution à proposer. Son entreprise, Beacon, a créé une plateforme numérique de thérapie cognitivo-comportementale — une approche bien établie pour traiter la dépression, l’anxiété et d’autres troubles de l’humeur. Sam Duboc croit qu’une thérapie en ligne à coût abordable offre une solution viable aux personnes qui hésitent à se présenter dans une clinique.

La technologie offre une solution au problème de l’accessibilité.

Notre système de santé public est conçu pour traiter la maladie mentale lorsqu’elle atteint la phase de la crise, mais nombreuses sont les personnes souffrantes qui n’atteignent jamais cette phase critique parce que leur malaise est léger ou modéré. D’autres personnes n’arrivent pas à se faire traiter parce qu’elles n’en ont pas les moyens ou parce qu’elles vivent en région éloignée. Dans la plupart des collectivités canadiennes, il faut aussi compter avec de longues listes d’attente et un nombre relativement faible de professionnels de la santé. Pour certaines personnes, une appli permettant de suivre son état mental ou de communiquer avec un professionnel de la santé présente un intérêt certain.

Les données ont un grand rôle à jouer.

Il y a huit ans, Dan Seider a reçu un diagnostic de trouble bipolaire. Même s’il a reçu un traitement efficace sous forme de médicaments et de thérapie, il affirme avoir encore amélioré son état lorsqu’il a commencé à étudier l’effet de son comportement sur son bien-être. Il a lui-même programmé un outil permettant de suivre son humeur qui est finalement devenu le logiciel Stigma.

Même si l’utilisation de l’intelligence artificielle dans le traitement de la maladie mentale peut susciter le doute chez certaines personnes, Dan Seider et les autres participants à notre séance se sont montrés plus optimistes. Puisque l’intelligence artificielle fonctionne en cernant les récurrences et les corrélations, elle peut reconnaître les humeurs ou les comportements nocifs, ce qui constitue en quelque sorte une première étape de traitement.

La protection des renseignements confidentiels est essentielle.

L’exploitation de la technologie mobile pour traiter la maladie mentale soulève certains enjeux de protection de la vie privée. On compte déjà quelque 48 000 applis de bien-être sur le marché. Peut-on s’attendre à ce que chacun de ces intervenants ait à cœur la protection de notre vie privée ? Dans ce secteur émergent, la réglementation est pour l’instant insuffisante. Il faut donc poursuivre le débat public sur la protection de la confidentialité des renseignements, sur les droits des patients et sur les risques que présentent les conseils nuisibles.

Avantages commerciaux potentiels

Au Canada, la maladie mentale est la première source des demandes de prestations d’invalidité. Pour les employeurs, la maladie mentale représente un coût, car elle entraîne une perte de productivité et une hausse d’utilisation des avantages sociaux. La possibilité que la technologie puisse réduire le coût de l’évaluation et du traitement de la maladie mentale suscite donc l’intérêt des entreprises. Sam Duboc indique que sa plateforme de psychothérapie virtuelle est déjà utilisée par certains grands assureurs et certaines universités du Canada. Comme le dit Silken Laumann, un problème de santé mentale ne devrait pas devenir une « sentence de non-productivité perpétuelle ».

 

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Instagram fut d’abord une application d’inscription de type Foursquare. Slack est issu d’un studio de création de jeux pour mobile. Et YouTube était à l’origine un site de rencontre par vidéo.

Ces grandes réussites de la Silicon Valley ont une chose en commun : une mentalité de croissance. Tout est une affaire d’échec rapide, d’apprentissage rapide et de croissance rapide.

Les principes en jeu sont simples : franc-parler, ambition, résilience et diversité. Toutefois, ils ne sont pas nécessairement simples à appliquer.

Franc-parler

La plateforme de réponse aux incidents PagerDuty illustre à merveille la manifestation de la mentalité de croissance.

Lors d’une séance Les innovateurs RBC, le 18 juillet, la PDG de PagerDuty, Jennifer Tejada, a expliqué que la culture de franc-parler de l’entreprise était ouverte à tout, même aux questions stupides.

« Je pose souvent la question que personne n’ose poser, précise-t-elle. Ce franc-parler permet à chacun d’exprimer sa curiosité sans être jugé. »

PagerDuty est une plateforme d’alerte TI qui avertit les entreprises en cas d’interruption de services désignés. Par conséquent, PagerDuty elle-même doit faire le maximum pour éviter les pannes.

Jennifer Tejada a expliqué qu’après une panne, l’entreprise tient une réunion où personne n’est blâmé, pour discuter de ce qui a flanché et des solutions au problème.

Grâce au franc-parler et à l’empathie, les gens n’ont pas peur de s’exprimer franchement et l’entreprise peut apprendre de ses erreurs.

« Si quelque chose ne fonctionne pas, nous allons en discuter, a affirmé Jennifer Tejada. Mais nous ne blâmerons personne pendant la démarche. »

Ambition

Les entreprises en pleine croissance ne peuvent jamais se reposer sur leurs lauriers. Elles doivent toujours se surpasser. Il faut donc inculquer à l’équipe l’ambition d’être la meilleure et de s’améliorer constamment.

Et cette ambition ne concerne pas que la haute direction. Elle doit faire partie de la culture de l’entreprise à tous les échelons.

« Mon travail consiste entre autres à proposer une vision accessible que chaque membre de l’entreprise pourra s’approprier », précise la PDG.

PagerDuty tient maintenant un congrès annuel interne, appelé PagerCon, où les ingénieurs et les gestionnaires de produit donnent des exposés sur leur travail et sur l’orientation de l’entreprise.

« Nous voulons offrir à nos clients une expérience sans faille, conclut Jennifer Tejada. Collectivement, nous nous imposons beaucoup de pression pour y arriver. »

Résilience

Un aspect important de la mentalité de croissance, c’est la capacité de surmonter les échecs.

En octobre 2016, une cyberattaque a neutralisé les activités de Dyn, l’un des services d’acheminement qui travaillent en coulisse pour les grands services Internet tels que Twitter, Spotify et GitHub. Comme une partie des services de PagerDuty dépend de ce même fournisseur, le service de réponse aux incidents était hors fonction au moment le plus crucial.

L’entreprise s’est employée à rétablir ses services en ligne dans les minutes qui ont suivi, et en cours de reprise elle a décelé une faiblesse jusque là inconnue, dont elle tient désormais compte dans sa planification.

Pour Jennifer Tejada, voilà un exemple de résilience : la capacité de se relever après un incident majeur. Ce n’est toutefois pas qu’une question d’infrastructure. Le même concept s’applique au personnel.

« La résilience, c’est aussi permettre aux équipes d’expérimenter et de faire des erreurs », conclut-elle.

Diversité

Le dernier ingrédient de la mentalité de croissance, c’est la diversité source d’innovation, dans la Silicon Valley et ailleurs.

Plus du tiers de la population de la Silicon Valley est né hors des États-Unis, contre environ 13,4 % ailleurs au pays. Le personnel de PagerDuty reflète cette diversité : près des deux tiers de l’équipe de direction de San Francisco sont nés hors des États-Unis.

« Nous considérons la diversité comme un avantage, et non comme un inconvénient, nous dit Jennifer Tejada. Il est prouvé que la diversité génère de meilleurs résultats, un plus grand respect mutuel, un meilleur rendement pour les actionnaires, et une meilleure offre pour les clients. »

Quand elle est entrée au service de PagerDuty, en 2016, Jennifer Tejada a considéré la diversité comme un moyen d’améliorer le rendement de l’entreprise. Aujourd’hui, la moitié de l’équipe de direction de l’ingénierie est composée de femmes, tout comme la moitié de la haute direction.

Jennifer Tejada dit que son entreprise prend le temps de trouver les bons candidats à l’embauche, au risque de laisser des postes vacants pendant un certain temps.

« Pendant que l’entreprise est encore en croissance, il est plus facile de tendre vers la parité hommes-femmes ou l’équité salariale, affirme-t-elle. Et parité n’est que le début. Nous avons beaucoup d’autres critères à examiner. »

 

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L’accroissement de la diversité des genres, des origines ethniques et des cultures, surtout au sein des équipes de direction, est directement lié à des résultats améliorés, notamment le recrutement de meilleurs talents et l’optimisation de la satisfaction des employés et de la prise de décision.

La diversité peut aussi stimuler l’innovation et les transformations technologiques. Lightspeed, une entreprise montréalaise et l’une des entreprises technologiques en démarrage les plus prospères au Canada, en constitue un excellent exemple.

Lancée en 2005 par Dax Dasilva et un groupe de collègues LGBT+, la société de logiciel compte maintenant 600 employés dans huit bureaux autour du globe.

Pour en arriver à ce point, une culture d’inclusion était essentielle. Il était tout aussi essentiel de reconnaître que l’innovation qui découle de la diversité relève tout autant de l’évolution que de la révolution.

Ces deux organisations visent à former des leaders parce qu'on ne pourra pas changer le monde tant que chacun ne se verra pas comme un leader.

« La culture d’entreprise est aussi importante que le code » a affirmé Dax Dasilva, fondateur et chef de la direction de Lightspeed, à l’occasion d’une séance Les innovateurs RBC, notre événement mensuel axé sur les changements suscités par l’innovation et les transformations technologiques.

M. Dasilva a souligné que les sociétés doivent itérer pour innover.

À l’occasion du Mois de la fierté, la séance Les innovateurs RBC mettait en vedette M. Dasilva, un porte-parole de premier plan des personnes LGBT+ dans les secteurs des affaires et des technologies.

Après avoir fondé Lightspeed, l’entrepreneur s’est assuré que tous ses employés, peu importe leur genre ou leur orientation sexuelle, aient voix au chapitre.

« Chacun a ainsi pu contribuer à notre réussite, a-t-il dit. Les employés pouvaient être eux-mêmes et évoluer comme bon leur semble. »

Depuis ses débuts dans un ancien appartement de Montréal, Lightspeed a connu une croissance fulgurante pour devenir l’une des entreprises technologiques les plus prospères au Canada. Depuis sa dernière ronde de financement en octobre, sa valeur est estimée à un milliard de dollars. La société a conçu un système de point de vente nuagique sur tablettes et ordinateurs à l’intention des petites entreprises et des restaurateurs. Chaque année, son logiciel traite des opérations d’une valeur de 15 milliards de dollars dans plus de 100 pays.

De recherches récentes sur l’incidence commerciale des milieux de travail inclusifs ont démontré que l’inclusion des personnes LGBT stimule l’innovation et la productivité. Selon une étude parue en 2016 dans le journal Management Science, les entreprises américaines qui sont considérées comme étant les plus accueillantes envers les personnes homosexuelles sont également les plus innovatrices et celles qui obtiennent le plus de brevets.

En moyenne, les entreprises établies dans des États américains qui ont adopté des lois interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ont obtenu 8 % plus de brevets et en ont cité 11 % plus que celles qui étaient établies dans des États n’ayant pas adopté de telles lois.

Et pourtant, les personnes LGBT+ figurent parmi les employés les plus marginalisés, selon un rapport récent produit par Diversio, une entreprise de Toronto.

Le sondage mené par Diversio auprès de 2 100 personnes dans 20 entreprises au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni a révélé que les employés LGBTQ2+ se sentent plus exposés au harcèlement au travail et sont deux fois plus enclins que les autres à penser que leur employeur ne s’intéresse pas à leurs points de vue et ne les valorise pas.

M. Dasilva, au contraire, a encouragé la direction de Lightspeed à diversifier l’équipe de science des données de l’entreprise pour découvrir des points de vue différents.

« Si nous concevons uniquement certains modèles prévisionnels, les solutions n’auront rien d’innovateur. Peu importe l’excellence du secteur de l’intelligence artificielle à Montréal, nous devons adopter d’autres perspectives pour aborder cette science des données sous différents angles. »

De plus, il est rentable de soutenir l’inclusion des personnes LGBT+. Selon un rapport de 2017 du Center for Talent Innovation, 71 % des répondants LGBT et 82 % de leurs alliés sont plus enclins à acheter les produits d’entreprises qui favorisent l’inclusion des personnes LGBT. Mieux encore, l’inclusion des personnes LGBT+ stimule l’innovation, car les équipes dont les membres ont la même orientation sexuelle que le consommateur ciblé comprennent beaucoup mieux ce que recherche ce marché.

« Nous cherchons tous des sources d’innovation, rapporte M. Dasilva, qui souligne qu’un de ses objectifs en matière de technologie est la créativité. Contribuer à faire quelque chose de bien tire de nous ce que nous avons de meilleur. »

Après avoir lancé Lightspeed, M. Dasilva s’est rendu compte qu’il avait créé une « monoculture » en embauchant uniquement des personnes de son réseau d’amis et de connaissances. Cette homogénéité nuisait à la croissance de l’entreprise. « Il faut reconnaître ses erreurs et élargir son cercle, a-t-il commenté. Nous devons sortir de notre zone de confort composée uniquement de nos semblables. »

En plus de diriger Lightspeed vers une potentielle introduction en bourse l’année prochaine, M. Dasilva est aussi à la tête de Never Apart, un organisme sans but lucratif qui favorise le changement social grâce à sa programmation culturelle. Selon lui, son rôle au sein des deux groupes consiste à favoriser le leadership dans le monde des affaires et dans la communauté LGBT+.

« Ces deux organisations visent à former des leaders parce qu’on ne pourra pas changer le monde tant que chacun ne se verra pas comme un leader. »
 

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Mais le bitcoin étant revenu sur terre, passant d’un sommet de 20 000 $ en décembre à 7 000 $ ce mois-ci, s’agit-il en fait de la prochaine bulle qui éclatera ?

À l’occasion de notre dernier événement Les innovateurs RBC, nous avons posé cette question à trois experts en la matière :

Hilary Carter, directrice de la recherche au Blockchain Research Institute, à Toronto ;

Christian Lassonde, fondateur et associé directeur de Impression Ventures, qui se spécialise dans les investissements en technologie financière ;

Matthew Spoke, chef de la direction de Nuco, une société de chaînes de blocs qui crée un réseau afin de relier les chaînes de blocs à l’échelle planétaire.

M. Lassonde considère que les cryptomonnaies sont davantage un actif spéculatif qu’un instrument d’échange, et que leur popularité s’explique surtout par l’appât du gain et l’engouement. M. Spoke n’est pas de cet avis ; il croit plutôt que les cryptomonnaies expriment un mécontentement envers le système financier centralisé. Quoi qu’il en soit, Mme Carter croit que les grandes sociétés et les gouvernements doivent s’intéresser aux technologies des chaînes de blocs susceptibles d’éliminer les frictions et les coûts associés à une comptabilité centralisée, que ce soit dans le cadre d’opérations financières ou d’autres instruments d’échange.

Voici quelques échos de cette rencontre.

1. Qu’est-ce qui cloche ?

Pendant des siècles, l’argent a été géré et contrôlé de façon centralisée pour des raisons de sécurité personnelle et de stabilité économique. Cependant, l’accès illimité à l’échange électronique et à l’infonuagique pourrait bien faire sombrer dans la désuétude ces grands livres centralisés. Du moins, c’est ce que les défenseurs des cryptomonnaies aimeraient bien vous faire croire. Ils croient que toutes les opérations financières peuvent être enregistrées en temps réel, et chiffrées, sur n’importe quel ordinateur dans le monde. On peut voir cela comme un jeu de cartes sans donneur. Et si nous aimons la présence du donneur, pour faire le suivi des cartes et du pointage, et pour surveiller les autres joueurs à notre place ? La plupart des consommateurs apprécient la centralisation, qu’il soit question de plateformes de médias sociaux (Facebook), de plateformes de divertissement (Netflix) ou d’argent (dollar américain). De plus, nous avons déjà à notre disposition un vaste choix de systèmes, dont les paiements numériques, qui fonctionnent plutôt bien. Nous pouvons même constater une amélioration des points de friction, par exemple les paiements transfrontaliers, grâce à la technologie et à la concurrence. Mme Carter considère néanmoins que les cryptomonnaies seraient utiles dans des parties du globe où la technologie et la concurrence ne sont pas généralisées, ou dans des endroits où règne une piètre confiance envers le système bancaire. Elle estime que 2,5 milliards d’humains n’ont pas accès aux institutions financières traditionnelles. Les cryptomonnaies pourraient offrir une solution de rechange à ces personnes, et même être essentielles pour mettre leur argent à l’abri de gouvernements corrompus.

2. N’est-ce pas un moyen détourné pour blanchir de l’argent ?

Les cryptomonnaies déclenchent les alarmes des organismes de réglementation du fait qu’elles sont un choix évident pour les personnes qui ne souhaitent pas attirer l’attention. Même d’importants investisseurs ne veulent pas toucher aux cryptomonnaies en raison de leurs liens avec l’économie clandestine et les activités illicites, comme la contrebande, la fraude fiscale et le financement du terrorisme. Comme le souligne M. Lassonde, on ne souhaite pas que l’argent qui y circule puisse être retrouvé ou reconnu. Il croit que les blanchisseurs d’argent et les gouvernements qui font fi des sanctions utilisent à profusion les cryptomonnaies, de sorte qu’ils ne sauraient échapper encore longtemps aux représailles des organismes de réglementation mondiaux. Peut-on corriger la situation à temps ? M. Spoke, qui est favorable aux cryptomonnaies, admet qu’une solution est improbable puisque la technologie est déjà utilisée et qu’il y a déjà un « arbitrage réglementaire » en cours. Il croit tout de même que la technologie sous-jacente pourrait servir à cibler les abus et à débusquer les fautifs, qui chercheront toujours de nouvelles façons de transférer leur argent. Selon lui, si l’on condamne les cryptomonnaies, les contrevenants trouveront une nouvelle astuce. Chaque technologie apporte son lot d’éléments positifs et négatifs ; il ne reste qu’à souhaiter que les éléments positifs l’emporteront au fil du temps. Les cryptomonnaies en sont un exemple parfait.

3. Qu’arrivera-t-il si les organismes de réglementation abolissent les cryptomonnaies ?

Le gouvernement de la Chine a sévi contre les cryptomonnaies. Tout d’abord, il a banni les premières émissions d’une cryptomonnaie l’an dernier, puis a annoncé cette année qu’il surveillerait les échanges de cryptomonnaies. Est-ce que les investisseurs canadiens en cryptomonnaies s’exposent au même risque de sanction ? M. Lassonde croit que oui ; il cite l’exemple des plateformes de partage de musique poste-à-poste qui ont disparu après l’imposition de règles. Selon lui, dans un délai de cinq ans ou plus, les lois pourraient subir des modifications rendant illégale la possession de cryptomonnaies. Les États centralisés ont à leur disposition des outils hautement efficaces pour anéantir les cryptomonnaies. Mme Carter et M. Spoke voient la situation différemment et jugent que le Canada pourrait avoir l’occasion d’agir en instigateur. Le fait d’accorder le statut de devise aux cryptomonnaies permettrait au gouvernement fédéral de consentir des licences pour les portefeuilles numériques. À leur avis, une telle mesure assurerait la sécurité des actifs des Canadiens. Cependant, M. Spoke s’inquiète de ce que les fonctionnaires ne consacrent pas suffisamment de temps à cette question. À son avis, ce sont les gouvernements et les organismes réglementaires à l’échelle planétaire qui comprennent le moins les cryptomonnaies.

4. Toutes ces préoccupations empêcheront-elles les cryptomonnaies de devenir généralisées ?

Les cryptomonnaies demeurent en périphérie, utilisées principalement par les fervents de nouvelles technologies, les spéculateurs et les amateurs de sensations fortes. M. Lassonde pense qu’il faudra un changement de comportement majeur pour que leur utilisation devienne courante. De plus, il faut habituellement qu’une grande organisation fasse un investissement majeur dans l’infrastructure nécessaire pour créer les plateformes à l’intention des entrepreneurs et des développeurs. Il dresse un parallèle avec l’approche d’Apple par rapport aux téléphones intelligents, sauf que dans le cas des cryptomonnaies, aucun grand développeur ne s’est manifesté. Sans un tel investissement, il soutient qu’il sera difficile d’assurer une croissance massive. Mme Spoke partage son opinion, précisant que si nous n’arrivons pas à accroître considérablement l’accès à ces systèmes et l’efficacité de ceux-ci, il est peu probable qu’ils se répandent.

5. Est-ce que les cryptomonnaies pourraient trouver leur utilité dans d’autres domaines ?

Si les organismes de réglementation décidaient de réprimer l’utilisation des cryptomonnaies, la technologie sous-jacente pourrait servir dans des domaines moins réglementés, comme les élections et les inscriptions des entreprises. Mme Carter précise que les gouvernements sont intéressés par les « applications non monétaires » comme moyen de réduire les inefficacités ; ainsi, ils pourraient vouloir faire des essais dans des domaines qui nécessitent actuellement un grand livre centralisé. Les permis de conduire et l’immatriculation de véhicules en sont des exemples. Elle conclut en nous posant une question : « Si vous êtes le Blockbu
ster d’aujourd’hui, qui sera le Netflix de demain ? »

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C’est ce qu’ils vous diront si vous interrogez les représentants d’une entreprise viticole qui existe depuis trois générations, ceux du plus important fournisseur de soins à domicile au pays, ou ceux d’un programme universitaire axé sur l’entrepreneuriat. Et c’est exactement ce que nous avons fait.

Le Canada est aux prises avec une « crise silencieuse ». Au cours de la prochaine décennie, la moitié des emplois au pays seront perturbés par la technologie et l’automatisation. Dans le cadre d’une étude d’un an menée récemment par RBC, notre équipe a parcouru le pays afin de discuter avec un large éventail d’étudiants et de jeunes en début de carrière, avec des employeurs de pratiquement tous les secteurs, ainsi qu’avec des éducateurs et des décideurs.

Nos constatations : de nouveaux diplômés occupent des postes pour lesquels ils sont surqualifiés, et des jeunes au chômage n’ont pas été formés pour les postes disponibles.

« Nous devons préparer les jeunes à l’avenir, a dit Dave McKay, président et chef de la direction, RBC. C’est un défi tant sur le plan de la transmission des compétences que sur celui de l’inclusion. »

M. McKay donnait le coup d’envoi de la plus récente séance #LesInnovateursRBC, notre forum périodique sur l’innovation et les transformations que celle-ci entraîne dans le monde qui nous entoure. L’événement visait notamment à célébrer Objectif avenir RBC, un engagement de 500 millions de dollars sur dix ans qui a pour objet d’aider les jeunes Canadiens à se préparer aux emplois de demain.

Pour l’occasion, nous avons également accueilli trois duos dynamiques formés d’un employeur et d’un employé, qui nous ont parlé des mesures qu’ils prennent pour se préparer et s’adapter à l’avenir du monde du travail dans leurs secteurs respectifs. Voici quelques-unes des leçons que nous avons tirées de cette rencontre.

La technologie ne remplace pas les gens

Si l’automatisation modifie la nature de certains emplois, on ne doit pas pour autant craindre la technologie, qui est un facteur positif. Une foule de tâches sont hors de portée des machines ; entre autres, celles-ci ne peuvent ni communiquer, ni résoudre des problèmes complexes, ni faire montre d’esprit critique ou de perspicacité sociale.

« La technologie ne vole aucun emploi, elle améliore les emplois – elle vous redonne du temps afin que vous puissiez faire appel à vos aptitudes humaines pour concevoir de nouveaux processus et pour créer une collectivité, ce que la technologie est incapable de faire », a déclaré Emma Gardner, vinificatrice du vignoble Thirty Bench, qui était en compagnie de John Peller, chef de la direction de l’entreprise viticole Peller Estates. L’entreprise utilise des technologies novatrices comme les drones et les cartes thermiques, qui aident les producteurs à créer un vin de meilleure qualité.

Au moyen de son téléphone intelligent, Mme Gardner surveille et recueille des données importantes — comme la vitesse du vent, la saturation en eau et la santé des vignes — dans les précieux vignobles de l’entreprise.

« Nous avons accès à une foule de données qui nous permettent de prendre des décisions plus judicieuses et plus rapides », a déclaré M. Peller.

M. Peller souligne que les machines servent non pas à fabriquer du vin, mais à aider les vignerons à créer un meilleur produit.

Apprendre, toujours apprendre

M. Peller pose la question suivante à ses employés : « Apprenez-vous aussi rapidement que le monde change ? » Il préconise une culture axée sur l’apprentissage et le travail en équipe.

Cela signifie augmenter le nombre de stages coopératifs dans des établissements d’enseignement postsecondaire de la région, ainsi que favoriser la collaboration, la communication et le développement du leadership. « C’est en conjuguant tous ces éléments qu’une entreprise assure sa réussite », a-t-il déclaré.

Au Arrell Food Institute de l’Université de Guelph, les étudiants apprennent l’entrepreneuriat de façon concrète en créant une entreprise à partir de zéro. Ils acquièrent ainsi une chose qui ne s’enseigne pas en classe : une expérience conjuguant formation et travail en équipe qui devient par la suite un atout sur le marché du travail. « Nous créons un espace axé sur l’expérience où les étudiants acquièrent l’éventail complet des compétences requises sur le marché du travail », a déclaré Evan Fraser, directeur de l’institut.

Leah Blechscmidt, candidate à la maîtrise, fait partie des étudiants-entrepreneurs en formation au Arrell Food Institute. Selon elle, toute formation devrait comporter des cours de marketing et de gestion, car ces cours nous obligent à pousser plus loin nos aptitudes à communiquer pour vendre nos idées. « Ce programme donne indéniablement une dimension supplémentaire à nos études, car c’est une occasion de mettre en pratique les compétences que nous avons apprises tout en développant d’autres que nous n’aurions pas acquises autrement, dit-elle. On n’a pas tous les jours l’occasion de démarrer une entreprise. »

Mettre l’accent sur la communication

« Toute entreprise est un sport », a déclaré M. Peller.

Les étudiants du Arrell Food Institute travaillent au sein d’équipes interdisciplinaires, un contexte idéal pour le développement de compétences interpersonnelles, de l’esprit critique et des aptitudes en gestion de projet.

Les soignants de l’organisme Saint Elizabeth, qui compte un effectif de 9 000 personnes, jouent auprès de leurs patients un rôle très proche de celui de conseiller. À une époque, c’étaient surtout les infirmières qui détenaient l’information et renseignaient les patients au sujet de leur état de santé, alors que de nos jours, il est facile de trouver de l’information en ligne.

« Nous faisons plus que parler aux gens de leur maladie ; parfois, nous traduisons l’information pour eux, nous l’interprétons pour eux, a déclaré Shirlee Sharkey, chef de la direction de Saint Elizabeth. Notre travail ne consiste pas simplement à prodiguer des soins, mais à les prodiguer ensemble, dans un climat de partenariat. »

« Je ne suis pas simplement infirmière, je suis une soignante, une épaule sur laquelle on peut s’appuyer, une travailleuse sociale », a dit Felicia Kontopidis, une infirmière autorisée au service de Saint Elizabeth.

Un diplôme, ce n’est pas tout

À une époque, il suffisait d’avoir un diplôme pour décrocher l’emploi de ses rêves. Ce n’est plus le cas.

« À mes yeux, avoir un diplôme, c’est répondre à l’exigence minimale », a dit Mme Sharkey.

Saint Elizabeth recherche chez les candidats la facilité à travailler de façon autonome, une aptitude pour le multitâche, ainsi qu’un sens de l’organisation exceptionnel.

« Nos exigences relativement à ces compétences sont très supérieures à celles qu’on associe au fait d’être diplômé. Nous devons créer l’avenir, et adapter notre organisme et notre personnel aux exigences de l’avenir – sinon, le réveil sera brutal », a conclu Mme Sharkey.