➔ Toronto accueille son propre événement sur le climat
➔ Un grand projet de capture de carbone est lancé au Canada
➔ Préparez-vous à d’autres politiques climatiques canadiennes d’ici la fin de l’année
En direct de New York… place à la semaine du climat

Alors que le secrétaire général sortant des Nations Unies, António Guterres, lançait son ultime cri d’alerte climatique lors de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, à quelques kilomètres de là, de nombreux investisseurs en capital-risque, ingénieurs, penseurs et acteurs de terrain s’attelaient avec acharnement à la tâche de la transition énergétique.
Cette année, la semaine du climat de New York ne porte pas uniquement sur la résilience climatique : elle met également à l’épreuve celle des décideurs publics, des investisseurs et des entrepreneurs. Lors de certaines séances, dignes d’une thérapie de groupe, certains ont vidé leur sac et laissé poindre un réel découragement. Mais dans l’ensemble, la transition énergétique semblait perçue comme inéluctable. Reste à savoir comment y parvenir.
Avec plus de 1 000 événements, impossible de dégager un fil conducteur unique pour résumer le vaste raout de la semaine du climat de New York. Voici toutefois un aperçu de ce qui s’est dit dans les couloirs :
1. L’abordabilité était sur toutes les lèvres. La grogne contre les factures d’énergie s’invite au cœur des élections de mi-mandat aux États-Unis, où sont en jeu 15 sièges au sein des Public Utilities Commissions et 36 postes de gouverneur. Les géants de la techno pourraient ainsi faire face à un encadrement réglementaire radicalement différent d’ici à peine deux mois.
2. La transition énergétique nous a évité ce qu’un important groupe de réflexion a qualifié de « plus grande crise énergétique mondiale ». Certes, faire le plein est toujours aussi douloureux, mais l’éolien et le solaire ont amorti le choc du conflit entre les États-Unis et l’Iran qui a perturbé le trafic dans le détroit d’Ormuz.
3. C’est que nous entrons de plain-pied dans l’ère de la puissance énergétique. Le coût des technologies électriques et de l’information continuera de chuter, leur performance d’augmenter et leur déploiement de s’accélérer, selon un nouveau rapport du cabinet d’experts-conseils en énergie propre Ember. Une nouvelle analyse de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publiée cette semaine souligne d’ailleurs que l’électricité pourrait répondre de façon rentable à 33 % de la demande mondiale d’énergie finale d’ici 2035, contre 23 % aujourd’hui.
4. Mais les chaînes d’approvisionnement peinent à suivre la cadence. L’accès limité aux énergies renouvelables a été désigné comme le principal obstacle à l’échelle mondiale, en particulier en Corée du Sud, à Singapour et au Japon, selon le rapport annuel de RE100. Les goulets d’étranglement sur les réseaux et la lourdeur administrative freinent aussi grandement l’approvisionnement.
5. La climatisation, et non l’IA, sera le principal gouffre d’électricité. C’était un refrain récurrent lors de nombreuses rencontres. Avec la multiplication des décès attribuables à la chaleur, la climatisation relève désormais d’une question de vie ou de mort, selon un nouveau rapport du Climate Reality Project, l’organisation de l’ancien vice-président américain Al Gore. Pour répondre à une telle demande, la capacité du réseau électrique devra croître d’au moins 30 % d’ici 2035, prévient l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
6. Les portefeuilles des ministres du Climat et de la Défense se chevauchent désormais. Guerre en Ukraine, tensions avec l’Iran, feux de forêt, crues soudaines, pénuries d’eau et fonte des glaciers : les ministres de la Sécurité et ceux de l’Environnement se retrouvent aujourd’hui sur les mêmes dossiers.
7. Le Canada s’impose comme un pôle de mobilisation de capitaux. Devant le resserrement de l’aide fédérale américaine, les conseillers en subventions lorgnent de plus en plus le Canada pour aider les entreprises à mobiliser des fonds, séduits par l’éventail de programmes, d’incitatifs et de subventions offerts.
8. Les réglementations mondiales n’ont jamais été aussi divergentes. Les entreprises doivent désormais jongler avec des normes environnementales contradictoires d’un continent à l’autre (Canada, États-Unis et Europe), ce qui contraint les multinationales à multiplier les indicateurs, les règles et les audits pour répondre aux exigences de chaque territoire. Si les règles n’ont jamais été parfaitement harmonisées par le passé, elles n’ont jamais été à ce point contradictoires non plus (tout particulièrement entre les États-Unis et l’Europe).
9. De bonnes intentions mènent à des résultats contre-productifs. Plusieurs politiques de l’Union européenne qui interdisent à certains secteurs de recourir aux obligations durables nuisent en réalité à leurs progrès. C’est notamment le cas pour de nombreuses entreprises de combustibles fossiles dans les économies émergentes, qui ont besoin de financement, d’expertise et de savoir-faire technique pour intégrer les grands circuits financiers mondiaux.
10. Les acteurs du milieu climatique rivalisent de créativité. L’art du récit s’affine pour mieux illustrer les répercussions bien réelles des politiques publiques, des décisions d’affaires et des habitudes de consommation sur la vie de tous les jours. Des dizaines de nouvelles projections de films sur le climat, d’écodocumentaires et d’ateliers visent ainsi à rendre ces récits plus percutants. Des financements et des subventions sont également offerts.
Signaux
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Toronto accueille cette semaine son propre événement consacré au climat. Pendant trois jours, 1 000 délégués entendront plus de 200 conférenciers répartis sur plus de 60 séances dans le cadre d’Adaptation Canada 2026. Organisé par Gouvernements locaux pour le développement durable Canada, l’événement vise à explorer la façon dont les collectivités et les municipalités peuvent composer avec les conséquences des changements climatiques sur les infrastructures, la santé et l’économie.
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Les travaux du plus important projet de capture de carbone au Canada ont débuté. Non, il ne s’agit pas du projet Pathways. Le Centre CSC Origins d’Enhance Energy, situé à Clive, en Alberta, séquestrera jusqu’à 1,5 million de tonnes de CO2 par an. Nous avons fait le calcul : à raison de 0,062 tonne d’éq. CO2 par baril, cela permet de compenser les émissions quotidiennes de 66 300 barils de sables bitumineux (un coup de chapeau au responsable des politiques énergétiques, Shaz Merwat). Une fois achevé, Origins desservira les industries difficiles à décarboner, notamment le ciment, le pétrole et le gaz, la production d’électricité ainsi que la pétrochimie, dans le corridor Edmonton-Calgary, en Alberta.
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À la COP31 cette année, l’heure est venue de se retrousser les manches. Cette deuxième édition de la « COP de la mise en œuvre » en Turquie (la première ayant eu lieu au Brésil lors de la COP30) vise à démontrer des avancées concrètes sur le plan de l’action climatique. Elle s’articule autour de six priorités : la réglementation financière et la taxonomie, les instruments de finance verte, les réserves de projets bancables, le financement mixte et les outils de partage des risques, la mobilisation des capitaux privés, ainsi que la communication de données climatiques fiables sur la durabilité.
Le coût du recul climatique aux États-Unis
Une nouvelle modélisation d’Energy Innovation montre que les modifications apportées aux politiques énergétiques fédérales américaines depuis le début de 2025 pourraient faire grimper la facture d’énergie des ménages, ralentir la croissance économique et aggraver la pollution d’ici 2040.
À l’aide de son simulateur de politiques énergétiques, le rapport évalue plusieurs mesures, dont la réduction des incitatifs à l’énergie propre, la modification des normes sur les véhicules et le secteur de l’électricité, les freins à l’essor des énergies renouvelables ainsi que les coupes dans les programmes voués à l’hydrogène et à l’énergie solaire.
En chiffres :
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Les ménages pourraient devoir débourser 650 milliards de $ US supplémentaires en coûts cumulés d’énergie, soit environ 460 $ US par ménage en 2035 et 490 $ US en 2040.
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Le prix de l’essence pourrait bondir de 14 % d’ici 2035 et de 26 % d’ici 2040.
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L’économie américaine pourrait perdre en moyenne 820 000 emplois par an au cours de la prochaine décennie et être privée de 2,3 billions de $ US de PIB cumulé d’ici 2040.
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La hausse de la pollution atmosphérique pourrait ajouter 43 milliards de $ US en frais de santé.
Le rapport donne à penser que la politique énergétique est désormais indissociable non seulement des cibles climatiques, mais aussi de l’abordabilité, de la compétitivité industrielle, de la santé publique et de la fiabilité du réseau électrique.
Ces constats tombent au moment où les États-Unis composent avec une demande d’électricité grandissante, stimulée par les centres de données, l’électrification et le secteur manufacturier, sur fond de débats sur le rythme et la nature des futurs investissements énergétiques.
Conversations
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Le Canada a les ressources – et il ne manque pas de ressources. Découvrez les 10 constats clés de John Stackhouse à la suite du Sommet canadien de l’investissement, qui a rassemblé le gratin des investisseurs mondiaux.
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Le Sommet canadien de l’investissement s’inscrivait-il réellement dans une stratégie climatique ? Un analyste a fait le compte : parmi les 167 projets présentés, 40 réduisent directement les émissions, 44 autres alimentent des chaînes d’approvisionnement propres, et 16 concernent des corridors et des installations portuaires pour acheminer ces produits.
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Même si nous filons vers le dernier trimestre de l’année, plusieurs jalons majeurs sont encore attendus en matière de politiques climatiques : les modifications ciblées du Règlement sur les combustibles propres, les critères de référence industriels pour le carbone d’Environnement et Changement climatique Canada, le prix plancher du système TIER de l’Alberta et la stratégie albertaine en matière d’énergie nucléaire, le tout d’ici le jour de l’An.
Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.
Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration de John Stackhouse, Jordan Brennan, John Intini, Farhad Panahov, Lisa Ashton, Shaz Merwat, Vivan Sorab, Caprice Biasoni, Lavanya Kaleeswaran, Joelle Schonberg et Alicja Siekierska.
Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (yadullahhussain@rbc.com).
Bulletin d’information sur le climat
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