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Pertes d’emplois concentrées chez les jeunes Canadiens en septembre

Le marché du travail du Canada a perdu 68 000 emplois en septembre en raison des pertes dans le secteur public (éducation et soins de santé). Ce nombre vient s’ajouter aux 42 000 pertes d’emplois du mois précédent. Ces pertes ont annulé la majeure partie de la croissance de l’emploi observée au cours de l’été et portent le cumul annuel de l’emploi à -41 000.

Les données mensuelles de l’emploi sont notoirement volatiles, et il y a de bonnes raisons de ne pas accorder trop d’importance à ces faibles résultats trop rapidement. En septembre, 70 % de la baisse de l’emploi, soit 48 000, s’est produite chez les 15 à 24 ans, un groupe qui vit habituellement des perturbations saisonnières à cette période de l’année suivant le début de l’année scolaire. Le taux de chômage, comme indicateur plus stable et plus fiable des conditions du marché du travail, a légèrement augmenté, passant de 6,4 % à 6,5 %, mais il est demeuré de 0,6 point de pourcentage inférieur au taux enregistré il y a un an.

Pour ce qui est de l’avenir, nous continuons de souligner d’importants indicateurs avancés, comme les offres d’emploi du site Indeed.com, qui indiquent que la demande d’embauche ne s’est pas repliée de façon problématique depuis l’imposition de nouveaux droits de douane américains (qui couvrent une petite partie des exportations canadiennes). Nous nous attendons à ce que les progrès réalisés auparavant sur le marché du travail canadien soient en grande partie maintenus, et à ce que le taux de chômage diminue légèrement dans l’ensemble jusqu’à la fin de 2026.

  • Le nombre d’emplois a diminué de 68 000 en septembre : les pertes étaient réparties également entre les emplois à temps plein (-35 000) et les emplois à temps partiel (-33 000), mais elles étaient en grande partie attribuables aux jeunes Canadiens âgés de 15 à 24 ans.

  • Les services d’éducation (-35 000) ainsi que les soins de santé et l’aide sociale (-23 000) ont connu des pertes d’emploi notables. Le domaine de l’éducation a enregistré des pertes persistantes qui ont entraîné une baisse dans ce secteur à 67 000 emplois sous son niveau d’il y a un an, alors que les soins de santé et l’aide sociale affichent toujours une croissance nette de l’emploi (+93 000) sur 12 mois. Les emplois dans le secteur manufacturier sont demeurés en grande partie stables malgré les nouveaux droits de douane américains.

  • Le taux de chômage a légèrement progressé à 6,5 % en septembre, toujours bien en deçà du sommet de 6,9 % atteint en avril 2026, et du taux de 7,1 % observé en septembre il y a un an. Toutes les sous-catégories ont contribué à la baisse sur 12 mois du chômage global, y compris la diminution des licenciements et des entrées sur le marché du travail.

  • Toutefois, il y a eu une autre augmentation des licenciements sur un mois en septembre, laquelle a poussé ce groupe, en proportion du chômage global, à se rapprocher d’un quart.

  • Le taux d’activité a diminué en septembre et est venu prolonger une tendance à long terme façonnée par le vieillissement de la population. La mesure de 64,8 % en septembre est la plus faible depuis mai 1997 (en dehors des années de pandémie). La hausse des départs à la retraite et la faiblesse de l’immigration (dont le taux d’activité est généralement plus élevé) demeurent les principaux facteurs qui réduisent l’offre de main-d’œuvre disponible par rapport à la population totale.

  • Le nombre total d’heures travaillées a diminué davantage, soit de 1,5 %, en septembre, après quatre mois consécutifs de fortes hausses. Sur une base annualisée d’un trimestre à l’autre, les heures travaillées étaient toujours en hausse de 3,2 % au troisième trimestre.

  • Les salaires étaient en hausse de 2,3 % par rapport à l’an dernier, entre le taux de 2 % en août et celui de 2,8 % en juillet. Quant à la tendance, nous continuons de prévoir un ralentissement de la croissance des salaires en raison des capacités excédentaires persistantes du marché du travail.

  • Sur le plan régional, la baisse de l’emploi s’est concentrée au Québec, où 49 000 emplois ont été supprimés (dont 37 500 dans les services d’éducation). Ces dernières données portent le cumul annuel des pertes d’emploi dans la province à environ 130 000; le taux de chômage, quant à lui, a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour s’établir à 6 %, le taux le plus élevé depuis avril.

  • La Colombie-Britannique et l’Ontario ont également affiché des baisses de 20 000 emplois chacun, et leurs taux de chômage ont connu de faibles variations, à 6,4 % et à 7 % respectivement. L’Alberta a fait exception à la tendance, le nombre d’emplois ayant augmenté de 23 000 (+76 000 sur 12 mois) et le taux de chômage étant passé de 6,8 % à 6,4 %.


À propos de l’auteur :

Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.


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