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L’inflation au Canada a légèrement augmenté en septembre

L’inflation au Canada a légèrement augmenté pour atteindre 3,1 % d’une année sur l’autre en septembre, après s’être maintenue à 3 % pendant les deux mois précédents. Ce résultat est inférieur à l’estimation consensuelle de 3,2 % et légèrement supérieur à notre propre prévision de 3 % avant la publication des données.

Comme prévu, l’inflation énergétique s’est accélérée, car les prix de l’essence et du mazout ont augmenté par rapport à août, tandis que l’inflation des aliments a continué de ralentir.

Toutefois, peu d’éléments indiquaient encore que les coûts élevés de l’énergie se répercutaient de façon importante sur l’ensemble des prix à la consommation. Les données de septembre montrent que les récentes pressions inflationnistes se sont quelque peu étendues. La transmission de ces hausses est demeurée la plus visible dans les catégories de transport sensibles aux prix du pétrole, notamment les tarifs aériens, tandis que la hausse des tarifs des transports en commun locaux est demeurée relativement modeste.

La hausse des prix des aliments a encore ralenti, les prix dans les épiceries ayant progressé à leur rythme le plus lent depuis mai 2024 (1,7 % d’une année sur l’autre). La hausse de l’indice des prix à la consommation (IPC) hors aliments et énergie s’est maintenue à 2,1 % sur 12 mois, tandis que les mesures privilégiées par la Banque du Canada, soit l’IPC tronqué et l’IPC médian, ont affiché une moyenne de 1,9 % sur 12 mois.

La Banque du Canada doit toujours maintenir un équilibre délicat. L’économie s’améliore graduellement, mais demeure faible, l’emploi ayant reculé en août et en septembre et le taux de chômage se maintenant autour de 6,5 %. Parallèlement, les décideurs demeurent attentifs au risque que des prix du pétrole durablement élevés fassent grimper les attentes d’inflation ou entraînent des pressions plus généralisées sur les prix par effet de second tour.

Le gouverneur Macklem l’a reconnu samedi, soulignant lors des réunions du FMI à Bangkok que « le risque que l’inflation se généralise et devienne plus persistante a augmenté » et que la Banque avait de plus en plus de mal à continuer de faire abstraction de l’incidence directe de la hausse des prix de l’énergie.

Les pressions sur les prix à la production se sont étendues, mais ces hausses de coûts devront persister et se transmettre à plusieurs étapes de la production avant de toucher plus largement les consommateurs.

Notre propre hypothèse de base prévoit que la Banque laissera le taux du financement à un jour inchangé jusqu’à la fin de 2026, avant de relever graduellement les taux en 2027. Les données plus faibles sur le marché du travail et la hausse des coûts d’emprunt à taux fixe donnent aux décideurs une marge de manœuvre pour demeurer patients. Toutefois, les récentes communications de la Banque du Canada et du gouverneur Macklem traduisent un sentiment d’urgence plus marqué que ne le laisseraient supposer les données disponibles jusqu’à maintenant et accroissent le risque que la Banque choisisse d’agir de façon préventive.

  • En septembre, l’IPC global a augmenté de 0,4 % sur un mois en données désaisonnalisées, portant le taux d’inflation annuel à 3,1 %, après qu’il s’est maintenu à 3 % pendant les deux mois précédents.

  • Les prix de l’énergie étaient de 19 % plus élevés qu’il y a un an, comparativement à une hausse annuelle de 15,4 % en août. Les prix de l’essence ont augmenté de 27,8 %, contribuant pour 1,1 point de pourcentage à l’inflation globale.

  • L’inflation des aliments est passée de 2,8 % en août à 2,2 % d’une année sur l’autre, poursuivant ainsi sa tendance à la baisse. La hausse des prix des aliments en épicerie s’est établie à 1,7 %, contre 2,8 % le mois précédent, tandis que celle des prix des repas au restaurant a peu varié, à 3,1 %.

  • La hausse de l’IPC hors aliments et énergie est demeurée inchangée à 2,1 % sur 12 mois, ce qui témoigne d’une hausse des prix relativement limitée en dehors des catégories les plus volatiles.

  • L’IPC tronqué, que la Banque du Canada suit de près, était de 1,8 % sur 12 mois et de 0,2 % sur un mois, tandis que l’IPC médian était de 1,9 % sur 12 mois et de 0,2 % sur un mois. En rythme annualisé sur trois mois, la moyenne de l’IPC tronqué et de l’IPC médian était de 2,6 %, comparativement à 2,3 % en août.

  • La mesure tronquée des services hors logement, parfois appelée « super inflation de base », était de 2,5 % sur 12 mois, comparativement à 2,6 % précédemment.

  • Notre indice de diffusion (qui mesure l’étendue des pressions inflationnistes) a montré que la proportion des composantes de l’IPC dont les prix augmentent de plus de 3 % a bondi à 47,8 %, contre 25,9 % en août et 48,5 % il y a un an. La proportion des composantes dont les prix augmentent de plus de 5 % s’est établie à 19,6 %, contre 18,5 % précédemment et 32,3 % il y a un an.

  • Les frais de scolarité, qui sont établis annuellement en septembre, ont augmenté de 2,4 %, contre 1,7 % en 2025. Cette hausse coïncide avec la baisse de 7,6 % sur 12 mois du nombre de résidents non permanents titulaires d’un permis d’études seulement ou de permis de travail et d’études. La baisse du nombre d’étudiants étrangers a réduit une importante source de revenus pour les établissements d’enseignement postsecondaire, incitant bon nombre de ces établissements à augmenter les frais de scolarité pour compenser le manque à gagner.

  • Les tarifs aériens, qui figurent parmi les catégories les plus exposées à la hausse des prix de l’énergie, ont bondi de 19,4 %, contre 15 % en août. Toutefois, les prix du transport local ont poursuivi leur baisse.

  • L’inflation du logement s’est établie à 1,8 % d’une année sur l’autre, comparativement à 1,5 % en août. En dehors de la catégorie du mazout et des autres combustibles, les hausses de prix ont été alimentées par l’augmentation plus rapide des prix des assurances habitation et hypothécaire des propriétaires, ainsi que des coûts d’entretien et de réparation.


À propos de l’auteur :

Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.


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