En résumé :
L’activité économique au Canada est restée inchangée en juillet, marquant une pause après des gains mensuels moyens de 0,5 % entre avril et juin. Les faiblesses dans les secteurs de la fabrication, du commerce de gros et du commerce de détail ont compensé la croissance continue dans les secteurs de l’hébergement et de la restauration ainsi que des services professionnels, scientifiques et techniques, et le bond observé dans le secteur de la construction.
Malgré tout, l’estimation préliminaire de Statistique Canada (fortement sujettes à des révisions) indique que le PIB a augmenté de 0,2 % en août. Cela concorde avec la poursuite de la croissance au troisième trimestre, à un rythme plus lent que le bond de 3,3 % (annualisé) au deuxième trimestre, mais globalement conforme à nos propres prévisions de 1,8 % et à notre opinion selon laquelle l’économie demeure dans une phase de reprise progressive.
Peu d’éléments indiquent une incidence économique négative importante et plus généralisée en août après l’imposition par les États-Unis de droits de douane de 50 % sur un sous-ensemble d’exportations canadiennes le 22 août. Les rapports de données à venir seront surveillés de près : les nouveaux droits de douane devraient occasionner d’importantes perturbations pour les industries et les régions directement touchées, bien que l’augmentation du nombre d’heures travaillées et la résilience des dépenses de consommation donnent à penser que l’activité dans le reste de l’économie a continué de croître.
La croissance devrait être nettement plus lente au troisième trimestre qu’au deuxième, à mesure que s’estompe l’effet favorable de la reprise de la production automobile et des échanges commerciaux nets. Les nouveaux droits de douane et le resserrement des conditions financières continuent de représenter des risques de ralentissement importants, tandis que l’aide gouvernementale ciblée devrait aider à amortir les répercussions sur les entreprises et les travailleurs concernés.
Dans l’ensemble, le rapport de juillet révèle que la Banque du Canada continue à jongler entre, d’une part, les risques potentiels de ralentissement de la croissance économique et le resserrement des conditions financières en raison de rendements obligataires plus élevés, et, d’autre part, la résilience des données économiques rétrospectives et les risques que les coûts élevés de l’énergie se répercutent sur l’inflation générale. Selon notre hypothèse de base, la Banque maintiendra ses taux d’intérêt inchangés jusqu’à la fin de 2026 avant de les relever progressivement en 2027. Néanmoins, les récentes communications de la Banque du Canada ont indiqué que les risques entourant ce scénario de référence penchent davantage vers des hausses plus précoces que tardives.
En détail :
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Le PIB réel est resté inchangé en juillet, après avoir augmenté de 0,4 % en juin. La production était de 1,4 % supérieure à son niveau d’il y a un an. Les secteurs de la production de biens et des services sont restés stables au cours du mois.
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La production manufacturière a reculé de 0,9 % après trois mois consécutifs de hausse. Le ralentissement le plus important est attribuable aux produits du pétrole et du charbon, qui ont diminué de 5,7 % après une période d’arrêt imprévue dans une raffinerie du sud-ouest de l’Ontario qui a réduit la production d’essence pour moteurs, de diesel et de carburant pour l’aviation.
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L’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz ont légèrement reculé de 0,5 %, la faiblesse de l’extraction de pétrole classique et de l’extraction minière, à l’exclusion du pétrole et du gaz, ayant plus que compensé la hausse de 0,2 % de l’extraction non conventionnelle.
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Le commerce de gros a reculé de 0,4 %, la faiblesse étant concentrée dans les machines et le matériel, partiellement compensée par des gains dans les matériaux et les fournitures de construction. Le commerce de détail a fléchi de 1,0 %, principalement en raison de la baisse de l’activité dans les stations-service et chez les détaillants de marchandises diverses.
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Compensant ces baisses, la production de la construction a augmenté de 1,3 %, ce qui représente la quatrième augmentation mensuelle consécutive et l’un des principaux facteurs de la croissance globale. Les services publics ont progressé de 1,7 %, renversant la tendance à la baisse du mois précédent. L’activité immobilière, de location et de crédit-bail a poursuivi sa légère progression (+0,1 %), soutenue par un rebond de l’activité de revente des habitations. Les services professionnels, scientifiques et techniques ont progressé de 0,3 %, tandis que les services d’hébergement et de restauration ont progressé de 0,8 %.
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Selon l’estimation préliminaire de Statistique Canada, le PIB a augmenté de 0,2 % en août. D’autres indicateurs préliminaires pour le mois indiquent que les ventes manufacturières ont augmenté de 1,1 % (mais principalement sous l’effet des prix) et les ventes au détail, de 1,3 %, ce qui concorde avec les données internes de nos titulaires de cartes qui montrent une résilience des dépenses de consommation. Les ventes de gros de base ont toutefois enregistré un recul de 1,5 %.

À propos de l’auteur :
Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.
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