L’Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada du premier trimestre, publiée ce matin, a révélé une amélioration plus forte que prévu de la confiance des entreprises et de leurs intentions d’investissement et d’embauche en février et en mars malgré le conflit au Moyen-Orient. Toutefois, des signes préoccupants indiquent que les attentes inflationnistes des entreprises ont augmenté en mars.
Dans leur ensemble, les résultats sont globalement conformes à nos attentes : la demande intérieure par habitant s’améliorera lentement en 2026, absorbant ainsi le sous-emploi des ressources inutilisées de l’économie. Les répercussions complètes des prix élevés du pétrole mettront du temps à se faire sentir et, à ce jour, il n’est pas vraiment urgent que la Banque du Canada intervienne.
Notre scénario de base suppose que la baisse des prix du pétrole, qui demeurent élevés, aura une incidence relativement neutre sur l’économie canadienne et que les effets secondaires seront limités sur les prix à la consommation hors énergie. Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada surveille de près les attentes inflationnistes, mais elle ne prendra pas de mesures cette année.
La hausse des prix du pétrole fait grimper les attentes inflationnistes des entreprises
Les prix du pétrole se sont stabilisés à la baisse ces derniers jours, mais leur incidence sur la croissance et l’inflation au Canada reste au centre des préoccupations à l’approche de la publication des résultats de l’Enquête sur les perspectives des entreprises du premier trimestre, publiée ce matin.
La semaine dernière, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a indiqué à Washington que la banque centrale surveillera de près les attentes inflationnistes à moyen et à long terme pour orienter ses décisions futures en matière de taux d’intérêt. Ces attentes des entreprises sont restées pratiquement inchangées en février par rapport au quatrième trimestre de 2025, mais ont légèrement augmenté depuis lors.
Selon l’enquête « Le Pouls des entrepreneurs », les attentes inflationnistes des entreprises sur un an, deux ans et cinq ans ont augmenté de 0,8, 0,6 et 0,2 point de pourcentage respectivement entre février et la fin mars. À la fin mars, les attentes variaient de 3 % à 4 %, par rapport à un taux plus homogène d’environ 3 % en février.
L’enquête de suivi menée en mars par la Banque du Canada auprès de 20 entreprises fortement exposées au conflit du Moyen-Orient a révélé une hausse des coûts des intrants. Toutefois, la répercussion sur les prix à la consommation demeure très incertaine, les entreprises citant la faiblesse de la demande intérieure, la forte concurrence et les contraintes contractuelles comme principales barrières.
Pour suivre de près l’incidence des prix élevés du pétrole, nous surveillerons les principaux indices de prix des intrants : l’indice des prix industriels, l’indice des prix des produits agricoles et l’indice des prix des importations. Pour l’instant, nous continuons de prévoir des effets secondaires limités de la hausse des prix du pétrole sur l’inflation des prix à la consommation hors énergie au Canada cette année.
Amélioration de la confiance des entreprises dans le contexte du conflit au Moyen-Orient
En ce qui concerne la mise à jour trimestrielle plus habituelle des indicateurs prospectifs de la confiance des entreprises, l’enquête a surtout fait état d’un rebond vigoureux. La BdC a souligné que les perspectives de la plupart des entreprises en matière de ventes, d’investissements et d’emploi sont restées à peu près inchangées entre février et mars.
Au premier trimestre, 9 % des entreprises interrogées prévoyaient une récession, contre 22 % au quatrième trimestre, soit le taux le plus bas depuis 2023. Cette amélioration s’explique par l’atténuation des tensions commerciales, bien que l’augmentation des dépenses publiques liées aux projets d’infrastructures et de défense ait également soutenu les perspectives.
La plupart des exportateurs ont continué de déclarer que leurs exportations vers les États-Unis étaient exemptées de droits de douane en vertu de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM). Même si les entreprises s’attendaient à une hausse des tarifs douaniers à la suite de l’examen conjoint prévu de l’ACEUM, peu d’entre elles pensaient que cela affecterait significativement leurs plans à court terme.
Fait encourageant, les intentions d’investissement et d’embauche des entreprises se sont toutes deux améliorées, atteignant ou dépassant leurs moyennes à long terme du premier trimestre. Ces gains reflètent les attentes d’un raffermissement de la demande intérieure des entreprises non touchées par les tensions commerciales, malgré une capacité physique et de main-d’œuvre suffisantes.
Les entreprises et les consommateurs qui ont participé à l’enquête de suivi de l’Enquête sur les perspectives des entreprises et à l’Enquête canadienne sur la conjoncture des affaires en mars s’attendent à un certain affaiblissement des dépenses discrétionnaires des ménages.
Notre propre suivi des dépenses par carte RBC a indiqué que les dépenses en biens discrétionnaires ont continué de diminuer en mars, mais qu’elles se sont maintenues dans d’autres catégories. Les ménages continueront probablement de puiser dans leur épargne pour composer avec les répercussions à court terme, avant d’avoir à réduire leurs dépenses si les prix du pétrole devaient rester élevés plus longtemps.
À propos de l’auteur :
Claire Fan is a Senior Economist at RBC. She focuses on macroeconomic analysis and is responsible for projecting key indicators including GDP, employment and inflation for Canada and the US.
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