En résumé :
La flambée des prix du pétrole et un autre bond des exportations d’or ont été les principaux facteurs qui ont rapporté la balance commerciale du Canada en situation excédentaire en mars.
Au-delà de ces facteurs, les données étaient mitigées, mais globalement cohérentes avec un contexte de demande extérieure toujours sous pression en raison des droits de douane américains, tout en montrant encore des signes de stabilisation.
Si l’on exclut l’incidence des prix, les exportations ont encore reculé de 2,4 % (taux annualisé) pour l’ensemble du premier trimestre; les exportations d’acier et de produits de bois d’œuvre (fortement tarifées) affichaient toujours 50 % et 22 %, respectivement, soit des seuils en dessous des niveaux de l’an dernier. Toutefois, les exportations de véhicules automobiles ont continué de se redresser après les perturbations de la production au début de l’année. De plus, les volumes globaux d’exportations (excluant l’incidence des prix) ont légèrement dépassé les niveaux d’il y a un an pour la première fois depuis mars 2025.
En raison de la flambée des importations au premier trimestre, les échanges commerciaux nets affichent une importante baisse de 4 points de pourcentage du PIB au premier trimestre, mais cette faiblesse est compensée par une demande intérieure relativement résiliente, y compris une hausse de 17 % (taux annualisé) du matériel industriel et des importations. Il s’agit d’un signe positif pour les investissements des entreprises canadiennes.
Une importante incertitude commerciale persiste alors que les négociations sur le renouvellement de l’ACEUM devraient s’intensifier au cours des prochains mois, mais notre hypothèse de base demeure qu’un contexte tarifaire américain plus stable en 2026 (même si les taux tarifaires resteront nettement plus élevés pour certains produits) freinera moins la croissance qu’en 2025.
Le conflit au Moyen-Orient fait grimper les coûts pour les ménages au Canada et à l’étranger, mais la flambée des exportations nettes d’énergie découlant de la hausse des prix du pétrole augmente également considérablement les revenus qui affluent vers les régions productrices de pétrole. Selon notre scénario économique de base, cette situation, conjuguée à l’incidence retardée des réductions du taux directeur précédentes par la Banque du Canada et à l’augmentation des dépenses publiques prévues, favorisera une nouvelle amélioration des conditions économiques par habitant (et par travailleur) au cours de la prochaine année.
En détail :
-
Le déficit commercial du Canada a fortement renoué avec l’excédent en mars (+1,8 G$ contre -5,1 G$ en février), principalement en raison de la flambée des prix du pétrole brut et d’une autre solide augmentation des exportations d’or.
-
Les exportations de pétrole brut ont bondi de 18,9 % par rapport à février, les prix ayant grimpé en raison du conflit au Moyen-Orient. Les exportations d’or et d’argent bruts, réputés pour leur volatilité, ont augmenté de 38 %.
-
Si l’on exclut ces composantes, la hausse des exportations a été beaucoup plus faible (+1,6 %). Néanmoins, sept des onze secteurs de produits ont enregistré des augmentations et les volumes d’exportations ont dépassé les niveaux d’il y a un an pour la première fois depuis mars 2025.
-
Les importations ont encore fortement augmenté au premier trimestre dans l’ensemble (+14 %, excluant l’incidence des prix), malgré une baisse de 1,6 % (-2,5 %, excluant l’incidence des prix) en mars.
-
Par conséquent, les échanges commerciaux nets affichent une importante baisse de 4 points de pourcentage du PIB au premier trimestre, mais la hausse des importations laisse également entrevoir une résilience de la demande intérieure. Les données commerciales de mars, combinées aux premières estimations de la production mensuelle à l’échelle de l’économie, continuent de refléter un léger risque de hausse pour notre propre prévision d’une croissance de 1,3 % du PIB au premier trimestre.
-
Les flux commerciaux internationaux continuent probablement d’être influencés par le calendrier et la menace des mesures tarifaires des États-Unis, mars ayant été le premier mois complet d’un nouveau régime tarifaire imposé par l’administration américaine après que la Cour suprême des États-Unis a tranché contre les droits de douane imposés en vertu de l’IEEPA en février.
-
Ce changement a eu une incidence limitée sur le contexte commercial actuel du Canada avec les États-Unis, car les exportations canadiennes qui répondaient aux critères de l’ACEUM étaient déjà largement exemptées des droits de douance imposés en vertu de l’IEEPA. Toutefois, il a eu une plus grande incidence sur les droits de douane perçus auprès d’autres pays.
-
Les données présentées séparément ce matin par le U.S. Census Bureau montrent que les taux tarifaires effectifs moyens imposés par les États-Unis sur les importations en provenance du Canada et du Mexique ont peu changé, s’établissant à 3,1 % et à 3,4 %, respectivement, en mars. Ils ont toutefois diminué davantage sur les importations en provenance de certains autres pays. Le taux sur les importations en provenance de la Chine est passé de 28,9 % à 22 % en mars, et celui du Vietnam est passé de 12,1 % à 7,1 %. Le taux tarifaire effectif moyen des États-Unis sur les importations calculé pour tous les pays est passé de 8,4 % à 6,8 %.

À propos de l’auteur :
Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.
Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.