La reprise émergente des marchés au Canada semble se maintenir, quoique timidement. La hausse de 0,5 % des reventes de logements en juin par rapport à mai a prolongé la bonne série de trois mois, mais marque un net ralentissement comparativement à la forte hausse de 5,5 % du mois précédent.
De nombreux acheteurs potentiels hésitent toujours à entrer sur le marché, car ils font toujours face à de nombreux défis, dont une confiance entachée, des perspectives d’emploi incertaines et des difficultés financières dans certaines régions du pays.
À 456 200 unités (données désaisonnalisées et annualisées), les opérations de juin étaient inférieures de 12 % à la moyenne sur 10 ans. Le chemin de cette reprise reste toutefois encore long.
Signes de redressement provisoires en Ontario et en Colombie-Britannique
À l’échelle régionale, certains signes indiquent que l’Ontario et la Colombie-Britannique sortent enfin de leur torpeur.
Les transactions ont repris dans les deux provinces ce printemps, après des reculs décevants en hiver. L’activité est maintenant en hausse par rapport à l’an dernier à Toronto et à Vancouver.
La stabilisation des stocks ouvre la voie à la fin de la correction des prix
Cette année, un développement particulièrement remarquable a été la stabilisation des stocks, notamment en Ontario et en Colombie-Britannique, où le nombre d’annonces immobilières actives a atteint en 2025 son plus haut niveau depuis des décennies. Cette tendance s’est poursuivie en juin.
La concurrence entre les vendeurs commence à s’atténuer, ce qui se traduit par un ralentissement de certains marchés. Certains signes indiquent que le rééquilibrage du pouvoir de négociation pourrait stabiliser la valeur des maisons dans certaines régions du sud de l’Ontario, y compris dans la région du Grand Toronto.
En effet, l’indice MLS des prix des propriétés a augmenté sur un mois en juin pour la première fois en plus d’un an dans la région du Grand Toronto. Hamilton, Kitchener-Waterloo et Windsor ont également enregistré de légères hausses mensuelles. Toutefois, les prix demeurent nettement inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an dans presque tous les marchés de l’Ontario.
La situation est semblable en Colombie-Britannique : l’indice MLS des prix des propriétés s’est stabilisé à Vancouver au cours des deux derniers mois et a légèrement augmenté dans la vallée de l’Okanagan. Toutefois, la correction dans la vallée du Fraser se poursuit.
De façon générale, les prix continuent d’augmenter à l’extérieur de l’Ontario et de la Colombie-Britannique
Les tendances dans d’autres régions ont peu changé pour la plupart.
La valeur des propriétés continue de s’apprécier en Saskatchewan, au Manitoba, au Québec et dans certains marchés du Canada atlantique, ce qui témoigne d’une offre et d’une demande équilibrées ou serrées. Toutefois, le taux d’augmentation ralentit généralement en raison du ralentissement des reventes (Manitoba, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse), de l’afflux de vendeurs (Saskatchewan, Manitoba, Québec) ou de la hausse des stocks (Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse).
Les prix à Calgary pourraient prendre un tournant. L’indice MLS des prix des propriétés a augmenté sur un mois pour la deuxième fois en trois mois en juin en raison d’une demande légèrement plus forte.
Les prix de l’immobilier à Edmonton n’en sont toutefois pas encore là. L’indice local continue de reculer légèrement.
L’indice national des prix cesse de diminuer
La stabilisation des prix à Toronto et à Vancouver et les fluctuations compensatoires dans le reste du pays ont freiné la baisse de l’indice MLS des prix des propriétés à l’échelle du Canada.
L’indice est demeuré inchangé en juin par rapport à mai, pour la première fois en 17 mois.
Pour soutenir la reprise, il faudra libérer la demande refoulée
Nous nous attendons à une trajectoire graduelle, mais inégale pour le marché canadien de l’habitation. Nous voyons une baisse des prix dans certaines régions, une amélioration de l’accès au logement et de meilleures perspectives d’emploi, ce qui débloquera lentement la demande refoulée, attirera davantage d’acheteurs sur le marché et drainera certains stocks. Les premiers signes de stabilisation en Ontario et en Colombie-Britannique sont encourageants.
Toutefois, il existe toujours le risque qu’une morosité découlant des événements géopolitiques, une autre flambée des prix de l’énergie ou une nouvelle détérioration du marché de l’emploi prolonge le marasme.
Puisque les taux d’intérêt ne baisseront probablement pas davantage et que la réduction de l’immigration ralentira la demande de logements, une reprise durable de l’activité pourrait être retardée.

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À propos de l’auteur :
Robert Hogue est membre du l’équipe Économique et leadership avisé RBC, se spécialisant dans l’analyse et les prévisions pour le marché de l’habitation canadien et les économies provinciales. Il compte parmi ses publications Tendances immobilières et accessibilité à la propriété, Perspectives provinciales et l’analyse des budgets provinciaux. Dans ses fonctions, il est fréquemment appelé à commenter l’évolution de la conjoncture économique auprès de la direction de RBC, de ses clients et des médias.
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