L’an dernier, le budget de l’Île-du-Prince-Édouard annonçait le déficit nominal le plus important de l’histoire de la province : 184 millions de dollars (1,6 % du PIB) pour 2025-2026. Malgré cela, le budget de 2026 a revu ce nombre à la hausse, à 450 millions de dollars (4,0 % du PIB), de loin le déficit provincial le plus important en pourcentage de l’économie.
Les déficits s’améliorent à partir de 2026-2027, mais atteignent tout de même 2,6 % du PIB à la fin de la période de projection. Et ce, malgré une analyse des dépenses (qui en est encore à ses débuts) qui émet des hypothèses de dépenses optimistes pour 2026-2027 et des économies réalisées dans les années à venir.
Comme on pouvait s’y attendre, la province s’attend à un important accroissement du poids de sa dette, qui surpasse son sommet précédent de 2013-2014 et se rapproche de son ancrage budgétaire.
Déficit
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Le budget de 2026 laisse entrevoir plusieurs chiffres non négligeables dans le rouge pour la période de prévisions, et sans perspective de rééquilibrage. Les déficits atteignent un sommet de 4 % du PIB en 2025-2026 (l’exercice qui vient de se terminer) et passeront à 2,6 % en 2028-2029.
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Selon des hypothèses économiques raisonnables, la croissance des revenus devrait surpasser la croissance des dépenses à partir de 2026-2027. Bien que ces projections soutiennent une réduction des déficits, elles ne suffisent pas à effacer leurs poids, compte tenu des accroissements de déficits importants qui ont eu lieu au cours des années précédentes.
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Entre toutes les provinces, l’Île-du-Prince-Édouard affiche le déficit le plus important en pourcentage de l’économie tout au long de la période de projection, et de loin dans certains cas. Pourtant, selon nos prévisions, ses perspectives de croissance sont supérieures à la moyenne.
Dépenses
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Le déficit de 2025-2026 a bondi sous l’effet de la croissance de 13 % des dépenses sur 12 mois, contre les 7 % prévus par le budget de 2025. Ce sont les dépenses dans la santé et une dépense qui semble ponctuelle dans la Société d’assurance agricole qui ont été les plus surprenantes.
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Pour la suite, le profil des dépenses est optimiste. Même si les dépenses totales devraient augmenter de 2,0 % sur 12 mois en 2026-2027, elles ne représentent que 0,7 % des dépenses liées aux programmes. Cette situation coïncide avec la croissance démographique prévue, ce qui laisse entrevoir une baisse des dépenses réelles.
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Pour 2027-2028 et 2028-2029, les dépenses prévues augmentent d’environ 3 % (environ 2 % pour les dépenses liées aux programmes). Ces années prennent en compte les économies prévues par l’examen complet des dépenses récemment annoncé, qui vise à réduire de 5 % les dépenses totales. La répartition des réductions n’a pas encore été déterminée.
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En l’absence de ces économies, les dépenses totales en 2027-2028 et 2028-2029 augmenteraient de 8 % par année, en cohérence avec les taux élevés de 2024-2025 et 2025-2026, ce qui rend anormalement faible la croissance prévue de 2 % pour 2026-2027.

Ancrages de la dette et du budget
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Des déficits plus élevés que prévu vont considérablement augmenter le poids de la dette, ce qui fera plus que compenser l’amélioration antérieure observée depuis le dernier sommet de 2013-2014. D’ici 2028-2029, le poids de la dette dépassera ce sommet, totalisant 39,9 %, et se rapprochera de l’objectif de 40 % du gouvernement dans le cadre de son ancrage budgétaire.
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L’autre point d’ancrage du gouvernement, l’intérêt sur les recettes, se rapprochera également de sa cible de 7,5 % d’ici la fin de la période de projection.
Autres tableaux


À propos de l’auteur :
Cynthia Leach est économiste en chef adjointe à RBC et responsable de l’analyse économique et politique structurelle de l’équipe. Elle a rejoint l’équipe en 2020.
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