Ce premier mois de la saison printanière tant attendue a donné lieu à des tendances mitigées à travers le Canada. Les transactions sur le marché de la revente ont repris dans certains marchés (Toronto, Hamilton, Saskatoon et Regina, par exemple), mais ont reculé dans d’autres (notamment à Vancouver, dans la vallée du Fraser, à Calgary et à Edmonton). Les stocks se sont stabilisés (à Toronto) ou ont continué d’augmenter (à Montréal et à Edmonton).
Quant à l’évolution des prix, elle s’est largement inscrite dans la lignée des tendances récentes : la valeur des maisons a continué de baisser en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario, tandis qu’elle a encore augmenté au Québec et dans certaines régions des Prairies et du Canada atlantique.
Ce qui est clair, cependant, c’est que l’arrivée d’un temps plus clément en mars n’a pas encore suffi à redonner confiance. Les acheteurs restent préoccupés par de nombreux facteurs, allant d’une guerre commerciale à un conflit géopolitique majeur, en passant par un marché de l’emploi difficile et une accessibilité financière mise à rude épreuve dans certaines régions du pays.
Beaucoup d’entre eux choisissent de prendre leur temps avant de se décider. Et avec la baisse des prix des maisons sur plusieurs grands marchés et un choix plus large, le temps joue en leur faveur.
Il y a fort à parier que la situation restera mitigée jusqu’à ce qu’une grande partie de l’incertitude économique se soit dissipée.
Les remises fiscales récemment annoncées sur l’achat de maisons neuves pourraient toutefois stimuler les ventes de maisons neuves à plus court terme.
Région de Toronto : les premiers signes de stabilisation apparaissent
Le début de la saison printanière de recherche immobilière a apporté des signes de stabilisation du marché dans la région de Toronto.
Les ventes de logements existants ont augmenté de 1,4 % en mars par rapport à février (chiffres corrigés des variations saisonnières), marquant ainsi la première hausse mensuelle en cinq mois. Il est important de noter que le nombre d’annonces actives a baissé de 8 % par rapport à l’année dernière. Il s’agit de la deuxième baisse consécutive après une accumulation constante au cours des trois dernières années qui avait porté le stock à son plus haut niveau depuis des décennies à la fin de l’année dernière.
Pour l’instant, le marché reste atone, avec un nombre important de maisons à vendre qui entretient une concurrence intense entre les vendeurs, et des acheteurs prudents qui prennent leur temps avant de se décider.
Par conséquent, la valeur des maisons continue de diminuer. L’indice des prix des propriétés MLS de la région du Grand Toronto a reculé pour le 10e mois consécutif en mars, en baisse de 0,6 % par rapport à février et de 7,4 % par rapport à l’année dernière.
Nous prévoyons que cette tendance à la baisse persistera à court terme en raison de l’accessibilité financière tendue (bien qu’en amélioration), de l’incertitude économique liée aux droits de douane, des perspectives d’emploi difficiles, de la baisse de l’immigration et de l’abondance des stocks.
Région de Montréal : l’offre et la demande se rééquilibrent
La reprise reste au point mort, les reventes n’ayant pratiquement pas bougé au cours des deux derniers mois dans la région de Montréal.
Nous estimons que les transactions ont légèrement reculé de 0,4 % en mars par rapport à février (chiffre corrigé des variations saisonnières), après une baisse plus modérée de 0,2 % le mois précédent.
Cela n’a toutefois pas découragé les vendeurs de se lancer sur le marché. Le nombre de maisons nouvellement mises en vente a atteint son plus haut niveau depuis près de quatre ans, ce qui contribue à rééquilibrer l’offre et la demande après une longue période de pénurie.
La croissance du stock global s’est légèrement accélérée. Il reste toutefois un long chemin à parcourir avant que les acheteurs ne disposent d’une offre jugée suffisante. Le nombre d’annonces actives représente encore environ la moitié de ce qu’il était il y a plus de 10 ans.
La hausse générale de la valeur des logements se poursuit. Les prix médians sont en hausse tant pour les maisons individuelles que pour les appartements, avec respectivement une augmentation de 6,9 % et 1,2 % par rapport à l’année dernière. Le rythme plus lent pour les appartements reflète une augmentation plus forte de 21 % des annonces actives au cours des 12 derniers mois. Les annonces de maisons individuelles ont connu une hausse plus modérée de 6 %.
Région de Vancouver : coincée au ralenti
La valeur des logements continue de baisser, car les problèmes d’accessibilité financière et de confiance freinent la demande, tandis que l’augmentation de l’offre alimente la concurrence entre les vendeurs.
En mars, l’indice des prix des propriétés (IPP) MLS de Vancouver a reculé de 6,8 % par rapport à l’année dernière. Il s’agit du rythme de baisse le plus rapide depuis le printemps 2023, lorsque la flambée des taux d’intérêt avait provoqué un refroidissement brutal du marché.
Le nombre de transactions immobilières stagne à des niveaux historiquement bas. Nous estimons qu’il a encore baissé de 4 % entre février et mars, après correction des variations saisonnières.
Le ralentissement du marché pourrait retarder les projets des vendeurs potentiels de mettre leur bien en vente. Les nouvelles inscriptions ont diminué au cours des deux derniers mois, reculant de 10 % en mars par rapport à l’année dernière.
Cela semble freiner l’accumulation de stocks qui dure depuis longtemps. Les annonces actives ne sont désormais en hausse que de 1,6 % par rapport aux niveaux de l’année dernière, ce qui représente un ralentissement marqué par rapport à la hausse de 15 % enregistrée en décembre dernier.
Une réduction pure et simple des stocks serait nécessaire pour endiguer la baisse des prix, ce que nous pourrions observer plus tard dans l’année à mesure que le marché de la revente se raffermit.
Calgary : maintien de l’équilibre
Calgary maintient son équilibre malgré des signes de ralentissement. Nous estimons que les ventes et les nouvelles inscriptions ont toutes deux baissé en mars par rapport à février, laissant le rapport entre l’offre et la demande pratiquement inchangé.
Toutefois, la valeur des propriétés ne s’est pas encore stabilisée. L’indice composé des prix des propriétés MLS a fléchi de 4,2 % le mois dernier par rapport à il y a un an, soit son plus important recul annuel en 10 ans.
Le resserrement antérieur de l’offre et de la demande s’est atténué au cours de la dernière année, et les stocks se sont reconstitués après avoir dégringolé à leur plus bas niveau depuis des décennies en 2023.
Une augmentation historique de la construction résidentielle depuis 2022 a contribué à l’atteinte d’un sommet inégalé depuis sept ans en 2025, pesant en fin de compte sur les prix.
Nous nous attendons à ce que la valeur des maisons continue de diminuer à court terme, à mesure que l’offre augmente sur le marché. Bon nombre des propriétés seront des logements nouvellement construits, et les constructeurs travaillent actuellement sur un nombre record de 26 000 unités.
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À propos de l’auteur :
Robert Hogue est membre du l’équipe Économique et leadership avisé RBC, se spécialisant dans l’analyse et les prévisions pour le marché de l’habitation canadien et les économies provinciales. Il compte parmi ses publications Tendances immobilières et accessibilité à la propriété, Perspectives provinciales et l’analyse des budgets provinciaux. Dans ses fonctions, il est fréquemment appelé à commenter l’évolution de la conjoncture économique auprès de la direction de RBC, de ses clients et des médias.
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