Pour la semaine du 20 avril
La hausse des prix de l’essence en mars au Canada, +21 % par rapport à février, devrait faire passer l’indice des prix à la consommation global de 1,8 % à 2,5 % sur 12 mois en février, tandis que l’inflation (hors aliments et énergie) devrait grimper légèrement à 2,2 %.
L’inflation annuelle de l’énergie devrait dépasser le zéro pour la première fois depuis le printemps de l’exercice précédent, lorsque l’annulation de la taxe fédérale sur le carbone avait fait baisser les prix en avril. En mars, les prix de l’essence ont augmenté de 6,8 % en moyenne par rapport à l’an dernier, mais la hausse aurait atteint 23 % sans cette évolution fiscale.
En revanche, l’impact du retrait de la taxe carbone ne se fera plus sentir dans la comparaison annuelle d’avril. Les prix de l’essence ont encore monté et, à ce jour, dépassent de plus de 30 % les prix de l’an dernier. La suspension temporaire de la taxe d’accise fédérale sur le carburant (10 cents par litre) qui entrera en vigueur le 20 avril devrait atténuer en partie les répercussions. Néanmoins, nous estimons qu’en avril, la hausse de l’IPC de l’énergie fera passer l’inflation globale au-dessus de 3 %.
L’IPC des aliments a augmenté en raison de comparaisons annuelles défavorables au cours des mois précédents en raison du congé fédéral de la TVH/TPS l’an dernier et devrait diminuer en mars, car le congé fiscal aura lieu à la mi-février 2025.
Au cours des prochains mois, l’attention se concentrera de plus en plus sur l’extension de la flambée des prix de l’énergie en pressions inflationnistes générales, qui sont estimées plus précisément par les mesures de l’inflation de base de la Banque du Canada; ces dernières éliminent effectivement les composantes plus volatiles, ainsi que les effets des impôts indirects.
Ces mesures de l’inflation de base avaient montré des signes d’assouplissement importants avant le conflit au Moyen-Orient. L’IPC tronqué et l’IPC médian ont été de 1 % en moyenne sur une base annualisée de décembre à février.
Une enquête auprès des entreprises signale une augmentation de la demande en amont des prix élevés du pétrole
L’atténuation des pressions inflationnistes (sous-jacentes) est cohérente avec une demande intérieure faible, mais en augmentation, comme indiqué par les sociétés dans l’Enquête sur les perspectives des entreprises de la BdC au quatrième trimestre de 2025.
La mise à jour de lundi concernant le premier trimestre devrait confirmer cette tendance, ce qui fait écho à d’autres mesures de la confiance des entreprises (p. ex., le Baromètre des affaires de la FCEI), qui se sont globalement améliorées au début de 2026, en amont de la récente flambée des prix du pétrole. En effet, l’Enquête sur les perspectives des entreprises analysait le mois de février, et elle n’a probablement pas pleinement pris en compte le changement d’humeur survenu à la suite du conflit au Moyen-Orient qui a éclaté en fin de mois.
Grâce aux récentes données, qui indiquent un ralentissement de l’inflation de base, la BdC devrait disposer d’une meilleure marge de manœuvre pour faire face à la hausse initiale des prix de l’énergie due au conflit. En revanche, cette situation n’aura pas lieu si les pressions s’élargissent et persistent. Plus les prix demeureront élevés pendant longtemps, plus le risque que les prix élevés du pétrole se répercutent sur l’inflation de base augmentera, ce qui entraînera des perspectives d’inflation encore supérieures. Cependant, ce n’est pas ce à quoi nous nous attendons actuellement dans nos dernières projections de base.
Pour l’instant, nous continuons de suivre les cours du marché du pétrole, qui s’attendent à un ralentissement graduel durant le reste de l’année. Selon nous, il y aura peu de répercussions sur l’IPC de base, et nous nous attendons à ce que la BdC maintienne le taux du financement à un jour à 2,25 % pour 2026.
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Conformément aux estimations préliminaires de Statistique Canada, nous nous attendons à ce que les ventes au détail aient augmenté de 0,9 % en février pour tabler sur une hausse de 1,1 % en janvier. Notre outil de suivi des dépenses de consommation continue d’indiquer une résilience des achats au détail de base au début de 2026, qui se sont poursuivis en mars malgré la forte hausse des prix du carburant.
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Aux États-Unis, la semaine prochaine, l’accent sera mis sur les ventes au détail pour mars, où nous prévoyons des ventes nominales de 1,4 %, principalement en raison de la hausse des prix du carburant, avec des prix de l’essence ordinaire qui ont bondi de 26 % en mars et des ventes de véhicules légers qui ont augmenté. Si l’on exclut les véhicules automobiles et le carburant, nous nous attendons à ce que les dépenses de détail aient été plus faibles (+0,2 % d’un mois sur l’autre), car les dépenses discrétionnaires ont diminué, après l’importante progression de l’an dernier avant l’entrée en vigueur des droits de douane.
Le présent rapport a été rédigé par Nathan Janzen, Économiste en chef adjoint et Claire Fan, Économiste principale.
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