Skip to main content
RBC Economics Canada

L’Enquête sur les perspectives des entreprises de la Banque du Canada pour le deuxième trimestre a été réalisée en mai alors que les prix du pétrole étaient élevés en raison du conflit au Moyen-Orient. Dans ce contexte, les résultats ont fait ressortir la hausse attendue des anticipations de prix, tandis que les attentes d’inflation à plus long terme (sur cinq ans) des entreprises sont demeurées stables. Ils ont également montré une résilience globale des perspectives de ventes et d’investissement à ce moment-là.

L’Enquête sur les attentes des consommateurs au Canada, soit une enquête distincte, a montré que les prix de l’énergie ont fait davantage reculer les plans de dépenses des ménages au deuxième trimestre. Toutefois, les prix du pétrole à l’échelle mondiale se sont considérablement normalisés depuis la mi-juin, ce qui a atténué les préoccupations tant à l’égard des effets inflationnistes de second tour que du risque de destruction de la demande intérieure attribuable aux prix de l’énergie auparavant élevés.

Compte tenu de la reprise de la croissance économique au deuxième trimestre après la stagnation observée aux quatrième et premier trimestres, et sachant que les pressions inflationnistes de base sont demeurées faibles en mai, les arguments en faveur d’une décision par la Banque du Canada (BdC) dans une direction ou l’autre sont faibles. Nous nous attendons toujours à ce que la banque centrale laisse son taux directeur inchangé tout au long de 2026.

La période de l’Enquête sur les perspectives des entreprises du deuxième trimestre se trouvait du 7 au 21 mai, au cours de laquelle les prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) se situaient en moyenne à 101 $ US le baril.

Comme on pouvait s’y attendre, tous les indicateurs liés aux prix, y compris les attentes à l’égard des intrants non liés à la main-d’œuvre et leurs prix de vente, ont considérablement augmenté en conséquence. Une part de 40 % des entreprises qui ont fait état d’une augmentation de coûts découlant de la guerre au Moyen-Orient ne transmettait pas ces prix plus élevés à leurs clients, tandis que 25 % des entreprises les transmettaient en partie et un tiers les transmettaient entièrement.

La part des entreprises qui déclarent des pressions sur les coûts séparément des tarifs douaniers et des politiques commerciales a en fait diminué depuis le premier trimestre, mais celles qui sont touchées s’attendent toujours à ce que les pressions persistent dans la chaîne d’approvisionnement.

L’enquête mensuelle Le Pouls des entrepreneurs montre que les attentes d’inflation des entreprises ont fortement chuté après que les prix du pétrole sont tombés de leurs sommets d’avril et de mai au mois de juin.

Les attentes d’inflation sur un an des entreprises sont passées de 3,9 % en avril à 3,3 %, ce qui est légèrement supérieur au 3 % enregistré avant le conflit au Moyen-Orient s’étant déclenché en février. Les attentes sur deux ans se sont entièrement normalisées en juin pour correspondre à celles de 2,8 % enregistrées en février, tandis que les attentes sur cinq ans sont demeurées fixes d’un bout à l’autre de la période de prix élevés du pétrole.

À ce jour, nous continuons d’observer peu de signes que les prix du pétrole élevés se propagent en une hausse des prix à la consommation des produits hors énergie au Canada. L’ampleur des pressions inflationnistes est demeurée bien contenue en avril, malgré la hausse de l’inflation globale. Les prix mondiaux du carburéacteur et de l’engrais à base d’urée ont également redescendu, le premier demeurant généralement supérieur aux niveaux d’il y a un an, mais le second se situant maintenant en dessous.

Ce qui a été le plus surprenant, c’est dans quelle mesure l’indicateur d’activité s’est maintenu au cours de la période de l’Enquête du deuxième trimestre, malgré la flambée des attentes à l’égard des prix à ce moment-là, reculant très légèrement pour annuler la hausse du premier trimestre. Dans l’ensemble, les entreprises ont fait état d’une hausse de leurs niveaux de ventes passées, mais s’attendent à un léger ralentissement de la croissance de leurs ventes à l’avenir.

Fait encourageant, les intentions d’investissement des entreprises se sont de nouveau raffermies au deuxième trimestre pour inscrire le meilleur premier semestre que nous avons connu depuis 2022. La BdC a noté que les intentions les plus marquées étaient particulièrement prépondérantes chez les entreprises du secteur des ressources naturelles et celles qui sont liées aux dépenses publiques.

Les intentions d’embauche ont diminué au deuxième trimestre, conformément aux rapports sur les contraintes de capacité limitées ou la réduction de la sévérité des pénuries de main-d’œuvre au cours du trimestre.

L’autre question clé concernant l’incidence des prix élevés du pétrole, au-delà de l’inflation, est l’ampleur de la destruction de la demande des consommateurs lorsque la hausse des prix à la pompe réduit leur pouvoir d’achat.

Dans l’Enquête sur les perspectives des entreprises du deuxième trimestre, la réduction des dépenses discrétionnaires a été citée par les sociétés dont les perspectives de croissance des ventes étaient plus faibles au deuxième trimestre. Cette situation a été confirmée par la baisse des intentions de dépenses rapportées dans l’Enquête du deuxième trimestre auprès des consommateurs, et ce, même si les versements de la prestation ponctuelle pour les produits d’épicerie et les produits de première nécessité du gouvernement devaient soutenir les dépenses parmi les personnes admissibles.

Notre propre outil de suivi des dépenses pour les achats par carte RBC laisse toutefois entrevoir une certaine résilience qui persiste pour les achats des ménages, alors que les dépenses de détail hors essence ont légèrement augmenté en mai. À mesure que les prix du pétrole retombent, nous nous attendons à ce que l’érosion globale des dépenses soit limitée, mais les ménages à faible revenu seront particulièrement touchés par la hausse des prix des produits de première nécessité.



À propos de l’auteur :

Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.


Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

Obtenez les dernières prévisions et analyses de services économique RBC.
Abonnez-vous maintenant