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L’énergie propulse l’inflation au Canada à 3,2 %, et les pressions sous-jacentes demeurent contenues

L’inflation au Canada s’est accélérée, passant de 2,8 % en avril à 3,2 % sur 12 mois en mai, ce qui est légèrement supérieur à nos attentes avant la publication et attribuable en grande partie à la hausse des prix de l’énergie. L’énergie est demeurée le facteur qui a le plus contribué à l’inflation globale, la croissance annuelle des prix de l’énergie ayant légèrement augmenté après avoir bondi en avril. Les prix des billets d’avion ont également bondi, car les prix du carburéacteur ont augmenté et l’inflation des prix des aliments a pris de la vigueur, ce qui a accentué les pressions à la hausse sur les prix à la consommation globaux.

Ces hausses de prix représentent des coûts réels pour les ménages. Toutefois, l’augmentation de l’inflation globale est demeurée relativement limitée et a continué d’être concentrée dans la hausse des coûts de l’énergie provenant de l’étranger plutôt que dans la croissance des prix alimentée par le marché intérieur. Les mesures de l’inflation de base sont demeurées proches de la cible de 2 % de la Banque du Canada en mai, tandis que l’IPC, excluant les aliments et l’énergie, a légèrement augmenté à 1,6 % sur 12 mois, ce qui semble indiquer que la croissance des prix à l’extérieur des catégories les plus volatiles est demeurée modérée.

La Banque du Canada a souligné à maintes reprises le risque que la hausse des prix du pétrole se répercute sur un plus large éventail de biens et de services. Toutefois, le rapport sur l’inflation de mai n’offre que peu d’arguments pour expliquer ces répercussions. Les pressions inflationnistes continuent d’être concentrées dans un nombre relativement restreint de catégories, tandis que les indicateurs généraux de la croissance des prix sont demeurés limités. Cela cadre avec notre point de vue selon lequel, même si la hausse des coûts de l’énergie peut se répercuter graduellement sur les chaînes d’approvisionnement, la faiblesse de l’économie et la capacité excédentaire toujours élevée du marché de l’emploi limitent la capacité des entreprises à répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs.

Dans l’ensemble, le rapport de mai semble indiquer que l’inflation globale demeure fortement influencée par les prix de l’énergie, tandis que les tendances sous-jacentes de l’inflation continuent d’évoluer de façon largement conforme à la cible d’inflation de la Banque du Canada.



  • L’IPC global a augmenté de 0,5 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en mai, faisant passer l’inflation annuelle de 2,8 % en avril à 3,2 %.

  • Les prix de l’énergie sont demeurés le facteur qui a le plus contribué à l’inflation, le rythme annuel passant de 19,0 % en avril à 22,2 % en mai, en particulier la hausse de 33 % des prix de l’essence sur 12 mois. 

  • La croissance du coût des aliments est passée de 3,5 % en avril à 3,8 % en mai sur 12 mois, annulant en partie le ralentissement enregistré plus tôt ce printemps. L’inflation des épiceries est passée de 3,8 % en avril à 4,3 % en mai, en raison de la hausse des prix des fruits et légumes, tandis que la croissance des prix des restaurants a peu varié en mai, à 3,1 % sur 12 mois. 

  • L’IPC, excluant les aliments et l’énergie, s’est établi à 1,6 % sur 12 mois, ce qui continue de signaler des pressions sous-jacentes relativement modestes à l’extérieur des catégories les plus volatiles.

  • Les indicateurs fondamentaux privilégiés par la Banque du Canada sont demeurés globalement stables, l’IPC tronqué et l’IPC médian étant demeurés inchangés par rapport à avril, à 2,0 % et à 2,1 % respectivement (sur 12 mois). La mesure des services tronqués hors logement (super mesure de base) est passée de 2,5 % à 2,6 % en mai.

  • Sur trois mois en données annualisées, la moyenne de l’IPC tronqué et de l’IPC médian était de 2,3 %, comparativement à 1,8 % en avril.

  • Les mesures de l’ampleur sont demeurées contenues. La part des composantes du panier de l’IPC qui se sont hissées au-delà des 3 % au cours des trois derniers mois (en données désaisonnalisées) était de 42 % en mai, comparativement à 36 % en avril, tandis que la part qui a crû de plus de 5 % est passée de 23 % à 13 %. L’indice de diffusion a continué de laisser entrevoir que les pressions à la hausse n’augmentaient pas considérablement de façon généralisée, malgré le taux global plus élevé.

  • Les coûts du logement se sont établis à 1,7 % sur 12 mois en mai, en légère baisse par rapport à 1,8 % en avril. Les frais d’intérêts hypothécaires ont été légèrement inférieurs aux niveaux d’il y a un an pour un deuxième mois consécutif et la croissance des loyers a continué de baisser (de 3,5 % sur 12 mois) par rapport aux sommets des années précédentes.

  • Les nouvelles pondérations du panier de l’IPC ont été intégrées à la publication de mai. Les dépenses de transport, de santé et de soins personnels se sont vu attribuer des pondérations plus élevées, tandis que la part du logement dans le panier a diminué. Les révisions n’ont eu qu’une incidence modeste sur les données globales.


À propos de l’auteur :

Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.


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