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RBC Economics Canada

La Banque du Canada (BdC) a maintenu comme prévu le taux du financement à un jour à 2,25 % durant cinq réunions consécutives.

Le gouverneur Macklem n’a pas fait fi des données économiques plus faibles que prévu depuis avril, mais il a fait état d’éléments sous-jacents plus favorables ayant incité la banque centrale à réitérer en grande partie son évaluation de l’économie du mois d’avril, du fait que la politique monétaire actuelle reste appropriée pour maintenir un équilibre entre la croissance et l’inflation.

La banque centrale continue d’équilibrer les risques concurrents, ayant répété durant deux réunions d’affilée que les menaces tarifaires des États-Unis pourraient tout de même affaiblir l’économie d’une manière qui nécessiterait des baisses de taux, mais que si la hausse des prix de l’énergie entraîne des pressions inflationnistes plus larges (ce qui n’est pas notre scénario de base ni celui de la BdC), des hausses consécutives du taux directeur pourraient être nécessaires par la suite.

Ce qu’il faut donc retenir, c’est que la BdC continuera de faire preuve de prudence, mais aussi de souplesse, afin de préserver une marge de manœuvre suffisante pour modifier son taux au besoin. Nous traitons ci-après de trois questions clés que nous nous sommes posées avant la réunion d’aujourd’hui.

Pas vraiment. Le gouverneur Macklem a utilisé un langage très neutre et factuel pour décrire la baisse inattendue de données, indiquant que la capacité excédentaire de l’économie est relativement inchangée par rapport à avril. Il a toutefois été plus explicite quant aux attentes voulant que l’économie demeure en situation d’offre excédentaire au deuxième trimestre malgré la croissance, ce qui cadre avec ce qui était déjà prévu dans le scénario de base dont il a fait état en avril.

Nous pensons tout de même que la BdC adopte une approche attentiste pour évaluer la persistance de données économiques plus faibles que prévu depuis avril, dans un contexte de données très volatiles et sujettes à révision.

Nous demeurons prudemment optimistes quant à l’amélioration généralisée de l’activité économique par personne et par travailleur cette année. Toutefois, la capacité excédentaire persistante de l’économie laisse encore croire que la BdC attendra encore un certain temps avant de modifier son taux, ce qui cadre avec nos attentes selon lesquelles la banque centrale maintiendra le statu quo pour le reste de 2026.

Pas vraiment. Le gouverneur Macklem a réitéré que la BdC ne prend pas en considération l’incidence à court terme du conflit au Moyen-Orient sur l’inflation et que « jusqu’à présent, il y a peu de signes d’une transmission généralisée des prix plus élevés de l’énergie aux autres prix à la consommation », même si cela reste un risque important.

Dans notre aperçu de la semaine dernière, nous avons fait état d’un écart croissant entre la croissance du PIB réel et la croissance du PIB réel par habitant au premier trimestre. Le PIB réel par habitant intègre les répercussions des termes de l’échange qui permettent au Canada d’acheter plus de biens et de services compte tenu des revenus supplémentaires tirés de la hausse des prix du pétrole.

Cet écart souligne également l’incidence économique asymétrique des prix du pétrole, car l’augmentation du PIB réel par habitant profite principalement aux régions productrices de pétrole, alors que l’ensemble des ménages en font les frais.

En effet, l’efficacité avec laquelle la politique monétaire peut gérer les chocs de l’offre dont les effets économiques sont souvent inégaux a ses limites. Notre prévision de hausses modérées des taux de la BdC en 2027 repose entièrement l’amélioration des conditions économiques canadiennes, et non sur la hausse des prix du pétrole.

Pas vraiment. Le message clé de la BdC pour l’avenir est encore qu’elle veut rester prudente, mais faire preuve de souplesse et être disposée à modifier son taux dans un sens ou dans l’autre au besoin.

En ce qui concerne les tarifs douaniers américains, la BdC semble plus préoccupée par leur incidence sur la croissance, compte tenu des contre-mesures limitées du Canada. Cela dit, le fait que les exemptions contenues dans l’ACEUM ont encore une fois été préservées par suite des enquêtes menées en vertu de l’article 301 (qui devrait remplacer l’article 122 au chapitre des tarifs douaniers en juillet) est encourageant, en prévision des négociations probables concernant le maintien de l’accord de libre-échange au cours de l’été.

En ce qui concerne les prix du pétrole, la banque centrale semble beaucoup plus préoccupée par leur incidence inflationniste que par la destruction du pouvoir d’achat des ménages et, par conséquent, leur effet sur les dépenses. Pour l’instant, nous continuons de surveiller la résilience de nos propres données sur les dépenses de consommation et les signes limités de réduction des achats d’articles non énergétiques, même si cela demeure également un risque.

Dans l’ensemble, la réunion d’aujourd’hui ne nous a pas vraiment surpris, la BdC ayant essentiellement réitéré ses prévisions actuelles. Le Rapport sur la politique monétaire sera publié à la réunion de juillet. Il devrait contenir plus de détails sur la façon dont la BdC a intégré la récente baisse inattendue des données à ses prévisions de base.

Nous nous attendons toujours à ce que la BdC maintienne le statu quo pour le reste de 2026, avant de relever modérément son taux dans un contexte d’amélioration de la conjoncture économique en 2027.


À propos de l’auteur :

Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.


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