Deux fois par année, nous consolidons les soldes budgétaires fédéral et provinciaux pour comprendre leur incidence sur l’économie. En attendant de nouveaux chiffres fédéraux dans la mise à jour du printemps du 28 avril pour une analyse complète, nous nous penchons sur la variation des prévisions de déficit provincial par rapport aux budgets de 2026.
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Les projections de soldes provinciaux représentent un déficit combiné de 1,1 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026-2027, ce qui est stable par rapport à 2025-2026, et dépassent de 0,6 % du PIB les prévisions de l’automne. Un déficit combiné plus élevé est également attendu pour 2027-2028 par rapport à l’automne.
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L’ajout de diverses éventualités exclues entraînerait une hausse notable du déficit collectif.
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Les prix élevés du pétrole découlant du conflit au Moyen-Orient pourraient faire passer le déficit de 1,8 % du PIB déclaré par l’Alberta en 2026-2027 à un excédent de 1,2 %.
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Toutes les provinces ont enregistré des déficits plus élevés pour 2026-2027, à l’exception du Québec, et la situation est semblable pour 2027-2028. L’augmentation des dépenses de soins de santé prévues au budget a été l’un des principaux facteurs. Par ailleurs, les données du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse révèlent une détérioration marquée de la situation budgétaire.
La mise à jour fédérale révélera si le déficit mensuel inférieur aux attentes pour 2025-2026 se traduit par une projection plus basse en 2025-2026, et comment cela se répercute sur l’ensemble des prévisions.
Le déficit provincial collectif a bondi dans ce cycle budgétaire
Compte tenu du fait que neuf provinces sur dix ont déclaré des données, le déficit provincial combiné pour 2025-2026 – l’exercice qui vient de se terminer – devrait s’établir à 1,1 % du PIB. Ce résultat est le même que pour les estimations de l’automne et il est similaire aux budgets de 2025 (chiffres arrondis à la hausse ici et ici).
Toutefois, l’équilibre budgétaire collectif s’est érodé au cours des années subséquentes, le déficit ayant augmenté de 0,6 % du PIB en 2026-2027 et en 2027-2028 par rapport aux prévisions de l’automne. Par conséquent, le déficit provincial collectif (après élimination des provisions pour éventualités) devrait rester inchangé sur 12 mois en 2026-2027, à 1,1 % du PIB, avant de tomber à 0,6 % en 2027-2028 et à 0,3 % en 2028-2029, soit la dernière année de prévision disponible pour toutes les provinces.
Ces chiffres excluent de l’équilibre budgétaire les réserves, les éventualités et les autres déductions non affectées (les « éventualités »), car ils peuvent fausser les comparaisons.
Le budget prévoit d’importantes augmentations des provisions pour éventualités – augmentation du déficit de près de 1 % du PIB en 2026-2027 et 2027-2028 si l’on tient compte de ces montants. En cas de réalisation, les déficits provinciaux en pourcentage de l’économie augmenteraient cette année, comparativement au profil stable prévu en ce moment.
Environ le quart représente les contributions du Québec à son Fonds des générations, qui sont consolidées avec les finances provinciales selon les normes comptables applicables. D’autres montants peuvent correspondre à des pressions soupçonnées à l’intérieur du gouvernement, mais leur utilisation a été difficile au cours des dernières années. Ces montants sont omis aux fins d’analyse, d’autant plus qu’ils varient considérablement d’une province et d’une année à l’autre.
Les prix élevés du pétrole pourraient presque annuler la révision à la hausse du déficit collectif pour 2026-2027
Budget assumptions were largely set before the Middle East conflict, but high oil prices could improve Alberta’s fiscal balance enough to leave the collective 2026-27 deficit much lower—closer to fall projections at only 0.6% of GDP versus 1.1% noted above (no contingencies).
This is an example of the large distributional effects of oil price shocks on the Canadian economy even as the current shock is likely to be relatively neutral on growth in aggregate, at this time.
L’Alberta a fait état d’une importante érosion de son solde de 2026-2027 dans son budget de 2026, notamment en supposant que le pétrole West Texas Intermediate n’atteindrait en moyenne que 61 $ US le baril. Selon nos prévisions actuelles1, il s’établirait en moyenne à près de 80 $ US en 2026-2027 avant de revenir près des prévisions antérieures en 2027-2028. Selon les sensibilités budgétaires publiées par l’Alberta, cela pourrait rapporter 13 milliards de dollars supplémentaires en un an, ce qui jouerait un rôle de premier plan dans la révision du déficit prévu au budget de 2026-2027 à un excédent potentiel de 1,2 %. La Saskatchewan et Terre-Neuve pourraient également connaître (beaucoup) de petites améliorations.
L’harmonisation des soldes provinciaux avec une prévision commune (Services économiques RBC) du PIB nominal se traduit par d’autres petits écarts – baisse du déficit de l’Alberta et hausse du déficit de la Colombie-Britannique – qui produisent de modestes variations globales1.

Les dépenses en soins de santé sont le principal facteur de la hausse des déficits
Mis à part la version révisée de l’Alberta, toutes les provinces déclarantes ont révisé à la hausse leurs déficits pour 2026-2027 (aucune éventualité), à l’exception du Québec, et la situation est semblable pour 2027-2028.
Les facteurs sont nuancés pour chaque province, mais dans l’ensemble, la hausse des dépenses de soins de santé a été la principale raison de l’érosion des soldes budgétaires. Cette tendance a contribué à hauteur de plus de 100 % de l’augmentation combinée du déficit des quatre grandes provinces, l’Alberta et l’Ontario en tête.
Comme pour certaines dépenses en éducation, les niveaux élevés reflètent probablement les vestiges d’une immigration exceptionnellement élevée au cours des dernières années, même si nous avons souligné auparavant que les provinces en sont encore aux premiers jours de la hausse des coûts des soins de santé attribuable aux baby-boomers. Comme compensation partielle, la hausse des recettes n’a été que peu bénéfique, la baisse des dépenses dans d’autres catégories étant plus importante.
Les provinces de l’Atlantique connaissent une détérioration marquée de leurs finances
Le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse ont enregistré le plus important bond du déficit en pourcentage de l’économie par rapport aux prévisions de l’automne. La hausse des dépenses en soins de santé a joué un rôle clé dans ces révisions. Fait important, les trois prévoient des déficits de plus de 1 % du PIB d’ici la fin de la période de prévisions en 2028-2029.
Par conséquent, les budgets de 2026 intègrent des augmentations très importantes du ratio de la dette nette au PIB par rapport à 2024-2025. Ces provinces avaient déjà un fardeau de la dette plus élevé que la moyenne.
Portrait complet à venir avec les données fédérales et celles de Terre-Neuve
À l’automne, l’équilibre budgétaire combiné des gouvernements fédéral et provinciaux semblait annoncer un déficit total de 3,5 % du PIB (sans éventualités) en 2025-2026 – l’exercice qui vient de se terminer – avant de diminuer, mais en demeurant à des niveaux élevés. Les importants déficits fédéraux du budget de 2025 ont représenté plus de 70 % du solde total pour les années de prévisions.
Les budgets provinciaux devraient maintenant enregistrer des déficits plus élevés que prévu au cours des prochaines années, mais il est possible que des changements plus importants soient apportés du côté fédéral.
D’après les résultats à ce jour pour 2025-2026 (10 mois sur 12), le déficit fédéral est nettement inférieur au budget, soit environ 1 % du PIB comparativement à 2,4 % prévu. Une économie canadienne étonnamment résiliente a fait grimper les recettes, en particulier l’impôt des sociétés, mais comme les perspectives n’ont pas beaucoup changé, des dépenses inférieures aux prévisions sont également en jeu.
La mise à jour du printemps tiendra probablement compte d’un taux de dépenses plus élevé pour les derniers mois de l’année, avec un ajout important à la fin de l’année en raison des provisions pour éventualités afin de se rapprocher des chiffres budgétaires. Notre estimation du déficit pour l’ensemble de l’année 2025-2026 est inférieure à 2 % du PIB.
La principale question est de savoir comment les événements de 2025-2026 se traduiront dans les prévisions de déficit pour l’année en cours. Une partie de la hausse des recettes et du ralentissement des dépenses devrait se répercuter sur l’ensemble des prévisions, mais le ralentissement de la mise en œuvre des mesures précédentes et les autres pressions sur les dépenses devraient amener à réaffecter une part importante des fonds.
À propos de l’auteur:
Cynthia Leach est économiste en chef adjointe à RBC et responsable de l’analyse économique et politique structurelle de l’équipe. Elle a rejoint l’équipe en 2020.
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