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Zone commerciale : Le Canada doit mettre sa « casquette de vendeur »

Également dans ce numéro : décryptage de six grandes tendances commerciales encore peu visibles et analyse approfondie de quatre secteurs stratégiques susceptibles de jouer un rôle clé dans l’évolution des relations canado-américaines à venir

Alors que l’échéance de l’ACEUM approche et que la rhétorique s’intensifie (« Nous n’avons besoin de rien de ce que possède le Canada », a déclaré le président Donald Trump aux journalistes plus tôt cette semaine), plus de 300 dirigeants d’entreprises et responsables gouvernementaux des deux côtés de la frontière se sont réunis à Toronto à l’occasion du sommet États-Unis–Canada organisé par RBC et Eurasia Group.

Voici quelques faits saillants :

  • Robert Lighthizer, 18e représentant américain au commerce, a expliqué pourquoi 50 ans de déficits commerciaux n’ont laissé aux États-Unis d’autre choix que d’imposer des droits de douane. Et pourquoi, même s’il n’était pas le principal contrevenant, le Canada a été pris pour cible. Dans un système politique démocratique, un gouvernement n’a pas des années pour traiter un enjeu, a-t-il dit. Il doit agir rapidement. Quant à l’évolution des droits de douane à venir, M. Lighthizer n’a pas mâché ses mots : « Personne ici n’a de petit-enfant qui verra, de son vivant, l’Amérique devenir une économie de libre-échange. »

  • Quoi qu’il en soit, c’est au Canada de mettre sa casquette de vendeur, a déclaré Pete Hoekstra. Bien que l’ambassadeur des États-Unis au Canada ait indiqué que la potasse est à peu près la seule chose dont les États-Unis ont besoin du Canada, les États-Unis restent ouverts aux propositions. M. Hoekstra a évoqué l’automobile et le pétrole, et a même avancé plusieurs arguments pour appuyer la position canadienne : des niveaux de rémunération similaires, des normes du travail comparables et un écosystème profondément intégré.

  • « L’Amérique d’abord ne signifie pas l’Amérique seule », a déclaré Mark Wiseman, ambassadeur du Canada aux États-Unis, et d’ajouter que les Canadiens ne rappellent pas toujours suffisamment aux Américains l’importance du Canada. Leur rappeler quoi exactement ? D’abord : le Canada est le plus grand acheteur de voitures américaines à l’extérieur des États-Unis. Le principal marché d’exportation pour 30 États. Il figure en outre parmi les trois premiers pour presque tous les États. Les Canadiens, par habitant, achètent 40 fois plus de biens américains que l’Union européenne, la Chine et l’Inde.

  • Dominic LeBlanc, ministre du Commerce Canada–États-Unis, a souligné que le gouvernement canadien a soumis plusieurs propositions à l’administration Trump, tout en construisant une économie canadienne forte et résiliente. Le Canada n’est pas un « spectateur passif ».

  • M. Wiseman, de concert avec Michael Sabia, greffier du Conseil privé et secrétaire du Cabinet, a clairement indiqué que les efforts de diversification du gouvernement ne signifient pas un découplage de son principal partenaire commercial. C’est « et », pas « ou ». Un Canada plus fort, ont-ils tous deux souligné, est un partenaire plus solide pour les États-Unis.

  • M. Hoekstra n’a pas été en désaccord, notant que si le Canada est un pays riche, une partie de ces fonds pourrait peut-être se diriger vers le sud – peut-être vers le Michigan (« en été »), la Floride et l’Arizona. Il a également plaisanté au sujet du bourbon du Kentucky, retiré de la vente par plusieurs provinces dans le contexte de la guerre commerciale : « Si vous en voulez, je veillerai à ce que vous en obteniez. »

Après des décennies de coopération économique, un choc commercial survient du côté américain. Dans un rapport publié en amont du sommet États-Unis–Canada, Frances Donald, première vice-présidente et économiste en chef aux Services économiques RBC, souligne que les relations tendues entre les États-Unis et le Canada ont mis au jour plusieurs thèmes commerciaux peu visibles. Voici quelques éléments qui méritent d’être soulignés :

  • Le taux de croissance du commerce mondial a doublé sans les États-Unis. Au lieu de déstabiliser l’économie mondiale, la dynamique actuelle pousse le reste du monde à se réorganiser autour du marché américain.

  • L’année de la divergence commerciale du Canada. La hausse des prix de l’or a aidé le Canada à augmenter ses exportations vers d’autres marchés, même si les expéditions vers les États-Unis ont reculé de 6 % en 2025.

  • Les Canadiens ont pris en main leur protection économique. La réduction des voyages vers les États-Unis, le boycottage des alcools américains et la recherche de produits nationaux témoignent de la détermination canadienne.

  • Le Canada a créé plus d’emplois que les États-Unis en 2025. Alors que 68 % des exportations canadiennes sont destinées aux États-Unis, seulement 12 % des emplois dépendent de la demande américaine.

Lire l’intégralité du rapport de Frances Donald ici.

Il s’agit de la plus grande relation commerciale bilatérale au monde, mais elle est désormais sous tension. Jordan Brennan, premier directeur général, Leadership avisé RBC, a recensé quatre secteurs stratégiquement importants susceptibles de faire évoluer les relations États-Unis–Canada à l’avenir.

Fabrication automobile : s’appuyer sur la nature déjà intégrée du secteur en combinant l’énergie propre, l’aluminium et les minéraux critiques du Canada avec les marchés financiers américains, les sièges des constructeurs et la demande des consommateurs.

Minéraux critiques : relier la géologie et l’exploitation minière canadiennes au financement américain et à la demande manufacturière, afin de renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et la dépendance aux minéraux contrôlés par la Chine.

Pétrole et gaz : associer les importantes ressources pétrolières et gazières du Canada, ses infrastructures de pipelines et son accès aux débouchés maritimes aux capacités de raffinage et aux marchés des capitaux des États-Unis afin de fournir une énergie abordable au niveau national, et à l’échelle mondiale.

Défense : combiner la profondeur financière, la sophistication technologique et les dépenses en R-D des États-Unis avec l’étendue géographique du Canada et ses capacités de classe mondiale en matière de capteurs, d’avionique, de technologies satellitaires ainsi que de formation et de simulation, afin de surveiller et défendre le continent.

Lire l’intégralité du rapport de Jordan Brennan ici.

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