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Zone commerciale : Pourquoi la sécurité de l’approvisionnement en carburant d’aviation bat de l’aile

Le détroit d’Ormuz est maintenant fermé de fait depuis 69 jours et, alors que les prix mondiaux du carburant d’aviation dépassent désormais 180 $ US le baril – près du double d’il y a un an –, les effets commencent à se faire sentir dans les conférences téléphoniques sur les résultats. À elle seule, la facture de carburant de Delta Air Lines devrait augmenter de 2,5 G$ US ce trimestre, et la société a indiqué qu’elle hausserait ses tarifs et ses frais pour contribuer à absorber ces coûts. La perturbation a déjà précipité Spirit Airlines dans la faillite, et d’autres transporteurs pourraient suivre si les prix restent élevés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Plus de la moitié du carburant d’aviation échangé dans le monde est touché

  • 23 % des flux maritimes de carburant d’aviation transitent directement par Ormuz, principalement à destination des marchés européens.

  • 40 à 50 % des exportations mondiales de carburant d’aviation proviennent d’Asie, et ces volumes ont chuté des deux tiers par rapport aux niveaux d’avant-crise, faute de matières premières en provenance du Moyen-Orient.

  • La Chine, grand exportateur asiatique de carburants, a réduit en mars jusqu’à 33 % de ses exportations de carburant d’aviation, de diesel et d’essence afin de protéger son marché intérieur contre les perturbations.

  • Comme l’Europe tire 75 % de ses importations nettes de carburant d’aviation du Moyen-Orient, l’AIE a averti à la mi-avril que certaines parties de la région pourraient être à court d’approvisionnement d’ici la fin mai si les pays ne trouvent pas de solutions de rechange.

Vue d’ensemble : La sécurité énergétique passe aussi par les raffineries

Comme le montre le cas d’Ormuz, la sécurité énergétique ne se limite pas à la maîtrise du pétrole brut ; comme pour les minéraux critiques, les produits finis comptent aussi. Outre la Chine, la Corée du Sud et la Thaïlande, deux autres grands exportateurs de carburants, ont également plafonné la plupart de leurs exportations de produits raffinés, alors que les pays peinent à composer avec les approvisionnements du Moyen-Orient ou cherchent à protéger leur secteur aérien intérieur.

La réaction de l’Inde est révélatrice. Plutôt que de chercher dans l’urgence d’autres sources d’importation, l’Inde a choisi de réduire son exposition structurelle en modifiant sa réglementation sur le carburant d’aviation afin d’autoriser les mélanges avec des matières premières agricoles produites au pays. Sécurité énergétique et carburants propres se sont ainsi retrouvés au cœur d’une même politique.

Au Canada, une vulnérabilité souvent évoquée revient au premier plan

L’exposition physique du Canada à Ormuz est limitée, mais l’Ontario et le Québec demeurent structurellement dépendants des importations de produits pétroliers raffinés, dont le carburant d’aviation représente la plus grande part. Cette dépendance aux importations concerne les États-Unis, qui n’hésitent pas à utiliser le commerce de l’énergie comme levier. La crise d’Ormuz remet sur la table une question plus délicate pour le Canada : Quelle forme devrait prendre, demain, son intégration énergétique avec les États-Unis ?

Carburant d’aviation durable (CAD) : Le point de rencontre entre énergie propre et sécurité énergétique ?

Le Canada se distingue de l’Asie sur un point important : Il dispose d’abondantes matières premières. Du pétrole, bien sûr, mais aussi du canola, du suif et des déchets municipaux, qui alimentent déjà des infrastructures de diesel renouvelable en activité, notamment à Strathcona, en Alberta, à la Compagnie Pétrolière Impériale Ltée, ainsi qu’à la raffinerie Come By Chance, à Terre-Neuve-et-Labrador (Braya). Pourtant, le Canada ne produit pas de CAD.

Le CAD représentait moins de 1 % du carburant d’aviation consommé dans le monde en 2025. Selon BloombergNEF, cette proportion devrait atteindre 4 % d’ici la fin de la décennie. Et même si la sécurité énergétique n’a pas fait partie de cette trajectoire de croissance jusqu’ici, elle pourrait devenir le catalyseur qui, comme l’a montré l’Inde, amènera de nouveaux acteurs à s’y intéresser. Pour le Canada, il ne s’agirait pas seulement d’un argument de résilience intérieure, mais aussi d’une occasion d’exportation grandissante pour les secteurs de l’énergie et de l’agriculture.

–Shaz Merwat, responsable principal, Politique énergétique

La flambée des prix du pétrole et une nouvelle poussée des exportations d’or ont ramené la balance commerciale du Canada en territoire excédentaire en mars.

Selon Nathan Janzen, économiste en chef adjoint : « Une forte incertitude commerciale persiste, et les négociations entourant le renouvellement de l’ACEUM devraient s’intensifier au cours des prochains mois. Cela dit, dans notre scénario de base, nous continuons de prévoir qu’un contexte tarifaire américain plus stable en 2026 – même si les tarifs demeurent nettement plus élevés pour certains produits – fera du commerce un frein moins important à la croissance qu’en 2025. »

Pour en savoir plus, lisez « La balance commerciale du Canada redevient excédentaire, portée par la hausse des prix de l’énergie » ici.

Le tribunal américain du commerce rejette la dernière offensive de Trump sur les droits de douane mondiaux

  • Le Tribunal de commerce international des États-Unis s’est prononcé contre les derniers droits de douane mondiaux de 10 % du président Trump, jugeant que l’administration avait indûment invoqué l’article 122 de la Trade Act américaine de 1974 pour justifier des droits généralisés liés aux déficits commerciaux.

  • Cette décision constitue un nouveau revers juridique pour la stratégie douanière de l’administration, après de précédents jugements défavorables concernant le recours à l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA). La Maison-Blanche devrait interjeter appel et chercher d’autres moyens de mettre en œuvre ses droits de douane.

Trump prolonge l’échéance accordée à l’UE, tandis que de nouveaux différends réglementaires émergent

  • Le président Trump a repoussé au 4 juillet l’échéance accordée à l’UE pour mettre en œuvre certains volets de l’accord commercial conclu l’été dernier, tout en avertissant que les droits de douane pourraient encore augmenter si Bruxelles ne respecte pas ses engagements.

  • Par ailleurs, de grands groupes d’affaires américains pressent Washington d’intervenir contre la directive européenne actualisée sur la responsabilité du fait des produits, soutenant que les nouvelles règles entourant les produits numériques et les réclamations des consommateurs pourraient exposer les entreprises à un risque de litige considérable.

Les fusions et acquisitions chinoises à l’étranger s’accélèrent

  • Selon les données de Rhodium Group, les fusions et acquisitions chinoises à l’étranger ont atteint un sommet de cinq ans au premier trimestre, totalisant 9,6 G$ US et inscrivant un cinquième trimestre consécutif de croissance.

  • Cette progression survient alors que Beijing resserre parallèlement les contrôles sur les acquisitions étrangères entrantes dans les secteurs stratégiques, allant jusqu’à bloquer rétroactivement l’acquisition par Meta de l’application chinoise d’IA Manus.

Le secteur automobile plaide pour la continuité dans le cadre de l’ACEUM

  • De grandes associations nord-américaines de l’industrie automobile ont exhorté l’administration Trump à prolonger l’ACEUM, mettant en garde contre toute division de l’accord en ententes bilatérales distinctes.

  • Les groupes sectoriels représentant notamment GM, Toyota, Tesla, Volkswagen et Hyundai ont soutenu que des accords séparés alourdiraient la complexité réglementaire et perturberaient les chaînes d’approvisionnement nord-américaines intégrées, à un moment de transition technologique rapide.

Le Mexique intensifie ses échanges commerciaux avec le Canada à l’approche de l’examen de l’ACEUM

  • Cette semaine, le Mexique a lancé l’une de ses plus importantes missions commerciales au Canada des dernières années, réunissant plus de 240 entreprises à Toronto et à Montréal pour plus de 1 800 rencontres d’affaires.

  • Cette offensive de rapprochement survient alors qu’Ottawa et Mexico se positionnent en vue du prochain examen de l’ACEUM, même si les deux pays continuent d’adopter des approches nettement différentes dans leurs relations avec l’administration Trump.

–Thomas Ashcroft, Global Issues Policy Lead

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