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Peur sur l’alimentation : effet conjugué des perturbations géopolitiques, commerciales et météorologiques

Le prix des aliments devait se stabiliser à l’échelle mondiale en 2026, mais les perturbations ont profondément changé la donne. Au lieu de s’atténuer, les risques penchent désormais vers une nouvelle poussée de l’inflation alimentaire.

Le principal facteur géopolitique, à l’heure actuelle, est le conflit au Moyen-Orient, et plus précisément les perturbations qui touchent une artère névralgique – le détroit d’Ormuz – pour le commerce mondial de l’énergie et des engrais. La Banque mondiale s’attend maintenant à ce que les prix de l’énergie bondissent d’environ 24 % en 2026. Cette hausse des prix de l’énergie est lourde de conséquences pour le prix des aliments, puisque l’énergie entre directement dans le coût du transport, de la transformation et de la réfrigération. C’est un effet inflationniste de second tour classique : l’inflation alimentaire suit l’inflation énergétique avec plusieurs mois de décalage.

Les perturbations des chaînes d’approvisionnement en engrais constituent le risque caché que le conflit fait peser sur les prix des aliments – et le plus sous-estimé. Selon la Banque mondiale, le prix des engrais devrait augmenter de 31 %, alors qu’environ le tiers du commerce mondial des engrais transite par le détroit d’Ormuz. L’urée, un engrais essentiel pour accroître les rendements agricoles, a augmenté de 86 % en mars 2026 par rapport à la même période l’an dernier, avec un bond de 53 % depuis février seulement en raison des tensions au Moyen-Orient.

En règle générale, le choc sur les prix des engrais produit un effet différé, mais puissant : les agriculteurs réduisent leur utilisation d’engrais, les rendements diminuent, puis une flambée des prix des aliments s’enclenche – avec un certain décalage (2026-2027).

Selon le Conseil international des céréales, nous en observons déjà les premiers signes : les agriculteurs devraient réduire les superficies ensemencées, tandis que les bilans céréaliers se resserreraient à l’approche de la saison 2026-2027.

À cela s’ajoute le risque climatique : les perspectives de production alimentaire de cette année, jusque-là plutôt rassurantes, pourraient désormais devenir un facteur supplémentaire d’aggravation de la faim dans le monde. Cette saison agricole, les agriculteurs devraient faire face à ce que les projections décrivent comme une perturbation liée à un « super » El Niño, qui provoquerait des sécheresses en Asie et en Australie, tout en risquant d’entraîner un excès d’humidité en Amérique du Nord et du Sud. Ces dynamiques météorologiques difficiles à prévoir pourraient freiner la production dans les plus grands greniers agricoles du monde, où l’on cultive le riz, le blé et le soya.

À l’échelle mondiale, on estime que 363 millions de personnes risquent de souffrir de faim aiguë en 2026, un nombre en hausse sous l’effet des conflits et des changements climatiques, en particulier les vagues de chaleur et les sécheresses, qui compliquent la production alimentaire et l’accès aux aliments dans les pays en développement et les pays instables.

Au Canada, pays d’abondance, ce sont les personnes en situation d’insécurité alimentaire qui ressentent le plus durement le poids de l’abordabilité des aliments. Or, les perturbations mondiales devraient faire monter les prix encore davantage en 2026. Selon les plus récentes estimations du Rapport canadien sur les prix alimentaires à la consommation, les prix des aliments devraient augmenter de 4 % à 6 % pour les Canadiens entre 2025 et 2026, ce qui représente près de 1 000 $ de plus par année à l’épicerie pour une famille moyenne de quatre personnes.

À surveiller : les politiques adoptées en réaction à l’inflation alimentaire pourraient perturber encore davantage les flux commerciaux mondiaux. Lorsque les risques mondiaux s’intensifient, la géopolitique peut redessiner les flux commerciaux, notamment par des restrictions à l’exportation destinées à protéger les stocks alimentaires nationaux ; de leur côté, les resserrements monétaires des banques centrales peuvent freiner la demande, mais aussi accroître la volatilité des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Conclusion : les risques liés à l’accès aux aliments et aux prix sont passés d’un niveau modéré à une phase d’intensification. Les attentes d’inflation alimentaire sont revues à la hausse, et plus rapidement que prévu : l’indice des prix alimentaires de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a augmenté de 2,4 % entre février et mars 2026, sous l’effet de pressions marquées sur les prix des huiles, du sucre et des céréales.

—Lisa Ashton

Ottawa prépare un sommet plus tard cette année afin d’attirer un billion de dollars en nouveaux investissements sur cinq ans. Les données de février sur les titres offrent un premier aperçu du plan de match des investisseurs étrangers au Canada.

Les investisseurs mondiaux restent au Canada, mais réorientent leurs positions en fonction de la guerre commerciale. En février, les investisseurs étrangers ont injecté 6,2 milliards de dollars dans les valeurs canadiennes, ce qui s’ajoute aux 106 milliards de dollars accumulés au cours des quatre mois précédents. Parallèlement, les investisseurs canadiens ont placé 25,4 milliards de dollars dans des valeurs étrangères, soit la plus importante sortie de capitaux depuis mars 2024. Même si les données mensuelles sur les titres sont, par nature, volatiles, le résultat net s’est traduit par une sortie de 19,2 milliards de dollars de l’économie canadienne. Le chiffre global, toutefois, ne dit pas tout. Les données de février racontent moins une seule histoire que trois dynamiques simultanées : des investisseurs étrangers qui font la distinction entre le crédit canadien et les perspectives de croissance, des capitaux canadiens en quête de rendements aux États-Unis, et un marché qui compose avec les remous commerciaux.

Du côté des actions, la rotation est structurelle, et non aléatoire. Les capitaux étrangers opèrent une forte rotation au sein des actions canadiennes : ils se retirent de l’énergie et du secteur manufacturier pour se tourner vers les banques. Les investisseurs étrangers ont vendu pour 9,2 milliards de dollars d’actions canadiennes en février, même si l’indice de référence TSX a progressé de 7,6 %. À l’échelle sectorielle, l’intermédiation de crédit et les services connexes ont absorbé 12,1 milliards de dollars en février seulement, soit le plus important afflux jamais enregistré pour un seul secteur dans l’ensemble de données. L’énergie et les mines ont perdu 9,4 milliards de dollars au cours du même mois, leur plus faible résultat des cinq derniers mois. Le secteur manufacturier a enregistré des sorties de capitaux dans quatre des cinq derniers mois. Cette tendance n’a rien d’aléatoire : les gestionnaires étrangers concentrent leurs placements dans des actifs à l’abri des perturbations commerciales, comme les banques, tout en réduisant leur exposition aux secteurs qui y sont plus vulnérables, comme l’énergie et le secteur manufacturier.

Le marché obligataire offre, lui, un certain réconfort. Les investisseurs étrangers ont ajouté 22,6 milliards de dollars en obligations canadiennes en février, dont 11,1 milliards de dollars en obligations de sociétés, principalement des obligations en devises émises par des sociétés financières canadiennes, ainsi que 8,4 milliards de dollars en obligations du gouvernement fédéral. Dans le même temps, ils ont vendu pour 9,2 milliards de dollars d’actions canadiennes. Ces mouvements témoignent de la confiance des investisseurs étrangers à l’égard de la qualité du crédit canadien, mais aussi d’une prudence accrue à l’égard des actions.

Sydney Wisener

Le représentant américain au Commerce a fourni de nouvelles observations sur l’ACEUM

  • Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré devant un auditoire à Washington que la politique américaine continuerait d’être guidée par « L’Amérique d’abord », et que l’accord commercial Canada–États-Unis–Mexique plaçait les deux partenaires des États-Unis dans la position commerciale la plus enviable qui soit avec ce pays.

  • M. Greer a toutefois indiqué une volonté de collaborer avec le Canada dans les secteurs de l’énergie et des minéraux critiques, tout en mettant en garde contre leur utilisation comme levier dans les négociations commerciales. Comme en écho à ces propos, le président américain Donald Trump a signé un décret autorisant un projet d’oléoduc Canada-Wyoming.

La plus haute responsable du commerce de l’UE quitte ses fonctions en raison de désaccords sur l’accord entre les États-Unis et l’UE

  • Sabine Weyand will step down as Director-General for Trade after raising concerns that the agreement the EU struck with President Donald Trump does not meet global trade rules.

  • La présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen, a défendu à plusieurs reprises l’accord – aux termes duquel l’UE a accepté de payer des droits de douane de 15 % sur la plupart des produits, tout en ramenant à zéro les droits de douane sur la plupart des produits américains – en le présentant comme une première étape vers un accord de libre-échange plus vaste.

L’OCDE signale une hausse soutenue des restrictions à l’exportation de minéraux critiques

  • L’analyse montre que les restrictions à l’exportation de minéraux critiques ont quintuplé depuis 2009, un nombre croissant de pays imposant des contrôles sur des intrants liés à la défense, aux technologies et à l’énergie.

  • La Chine continue de dominer l’offre, assurant environ 70 % de la production de terres rares et plus de 90 % de certaines matières essentielles, tandis que les récentes perturbations des exportations mettent en relief la vulnérabilité persistante des chaînes d’approvisionnement.

La Chine menace de riposter au projet européen « Made in Europe »

  • Le ministère chinois du Commerce a averti l’UE qu’il pourrait prendre des contre-mesures si le projet de loi sur l’accélérateur industriel proposé par le bloc restreignait l’accès des entreprises chinoises aux subventions et aux marchés publics.

  • L’initiative de l’UE vise clairement à réduire les dépendances à l’égard de la Chine et à porter la part du secteur manufacturier dans le PIB à 20 % d’ici 2035, contre 14,3 % actuellement.

—Thomas Ashcroft

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