Également dans ce numéro : 10 chiffres qui illustrent l’incidence du Brexit sur le Royaume-Uni 10 ans après
Échos
L’expertise, et non les électrons, pourrait constituer le principal atout du Canada en matière d’exportation d’énergie
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Le débat sur le commerce de l’électricité à Ottawa tourne sans cesse autour des interconnexions est-ouest et des flux transfrontaliers d’électricité, mais l’expertise canadienne pourrait constituer un atout d’exportation sous-estimé. Un exemple de ce type, évoqué lors du sommet national de l’électricité du Canada (Canada’s Electricity Strategy Summit) qui s’est tenu cette semaine à Ottawa, est celui de Manitoba Hydro International (relancée en 2024 par la société provinciale de services publics après trois ans de fermeture), qui a commencé en 1998 à vendre l’expertise canadienne en matière de services publics à plus de 120 clients à travers le monde.
Le Canada doit supprimer les barrières au commerce et à l’investissement
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L’un des principaux enseignements tirés d’une table ronde organisée cette semaine par le C.D. Howe Institute est que, si la diversification des échanges commerciaux est importante, la réduction des barrières à l’investissement étranger est tout aussi urgente. Une réforme globale du système d’imposition des sociétés du pays figurait parmi les idées qui ont été avancées.
Qu’en est-il de l’ACEUM ?
La semaine prochaine, l’Amérique du Nord franchira une étape décisive dans les relations commerciales entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.
Il ne s’agit pas d’un précipice, mais cet accord marquera le début d’un nouveau chapitre dans ce qui a été jusqu’à présent l’accord commercial le plus fructueux au monde.
Pour évaluer ce que l’avenir pourrait réserver, John Stackhouse, de RBC, a participé cette semaine à une table ronde virtuelle organisée par la Brookings Institution, aux côtés d’experts en politique des trois pays. Une chose semblait certaine : quelle que soit la forme que prendra l’ACEUM révisé, l’esprit du commerce nord-américain sera probablement marqué par davantage de coups de coude et moins de poignées de main.
Quelques autres points à retenir :
1. Un accord sera conclu : « Il y a des raisons d’être optimiste », tel était le refrain, même si les coûts de cet accord se feront sentir dans les trois pays. Il en va de même pour le calendrier, surtout si les négociations se poursuivent après les élections de mi-mandat aux États-Unis, dans un contexte où Washington sera plus divisé.
2. Il faudra s’habituer aux droits de douane : Au-delà de la date butoir du 1er juillet pour la révision de l’ACEUM, le régime actuel de droits de douane prévu à l’article 122 expirera le 24 juillet, date à laquelle il faut s’attendre à ce que l’administration Trump mette en place un autre régime. La population canadienne doit envisager toute une série de droits de douane qui pourraient en découler, allant d’une « mesure musclée » de 15 à 25 % (ce qui est peu probable) à une variante du statu quo, qui pourrait s’accompagner de mesures frontalières plus strictes concernant le commerce numérique. On peut parier sans trop de risque sur une forme de « prix d’accès au marché », peut-être de l’ordre de 5 %, assorti d’une foule d’exemptions.
3. Les lettres d’accompagnement seront essentielles : L’accord général pourrait rester en place dans une large mesure, accompagné d’une série de conventions accessoires ne nécessitant pas de loi. Cela peut être une bonne nouvelle, car ces lettres peuvent être modifiées plus facilement qu’un accord complet. Toutefois, ce risque peut aussi s’appliquer aux garanties que le Canada et le Mexique pourraient chercher à obtenir dans le cadre d’opérations parallèles.
4. Le Mexique est prêt à faire des concessions : Le gouvernement de Claudia Sheinbaum – de manière plus ouverte que le Canada – a fait des États-Unis sa priorité commerciale absolue et adopte des politiques pour s’aligner sur les demandes de Washington. Il pourrait en résulter un resserrement des règles d’origine pour le secteur automobile. Le Mexique est également intéressé par un cadre plus large pour régler les questions liées aux frontières, à l’énergie et à la sécurité alimentaire, ainsi qu’au commerce.
5. Le Canada doit gérer ses divisions internes : Le Canada n’a pas une économie unique en matière de commerce. Les droits de douane actuels au titre de l’article 232 couvrent 36 à 37 % des exportations canadiennes vers les États-Unis – mais 58 % pour l’Ontario et 55 % pour le Québec. Les Maritimes, la Saskatchewan et l’Alberta subissent des répercussions inférieures à 10 %. L’opinion publique canadienne s’est aussi durcie à l’idée d’un accord à tout prix, en partie parce que la confiance des Canadiens et Canadiennes dans les engagements américains s’est affaiblie.
6. L’incertitude nuit à l’investissement et à la croissance : Dans les trois pays, les entreprises se protègent face aux aléas frontaliers en diversifiant leur production afin d’anticiper les nouvelles mesures tarifaires et non tarifaires. En ce qui a trait au Canada, certains investissements pourraient aussi être réalisés pour desservir des marchés d’exportation autres que les États-Unis, notamment l’Europe et la Chine.
En chiffres : le Brexit, 10 ans après
Cette semaine a marqué le 10e anniversaire du référendum à l’issue duquel le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne. Une décennie après ce vote sans précédent, les répercussions sont encore en cours d’évaluation et de prise de conscience.
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↓ 14% – La baisse des exportations britanniques de biens vers l’UE en 2025 par rapport à 2019, avant que les deux partenaires ne signent un nouvel accord commercial. Durant la même période, les exportations britanniques vers des pays non membres de l’UE ont chuté de 8 %.
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↑ 28% – Le bond des exportations de services du Royaume-Uni vers l’UE par rapport à 2019. Les exportations vers les pays non membres de l’UE ont augmenté de 26 % par rapport à 2019. Toutefois, le Centre for European Reform estime que les exportations de services sont toujours inférieures de 7 % à ce qu’elles auraient été si le Royaume-Uni était resté dans l’UE.
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↓ 6 à 8 % – – La baisse de la croissance du PIB britannique d’ici fin 2025 attribuable au Brexit, selon une étude du National Bureau of Economic Research.

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↓ 5 à 10 % – La croissance du PIB par habitant du Royaume-Uni a été inférieure de 5 % à 10 % à celle d’autres pays comparables entre le Brexit et la fin de 2025, selon les estimations du NBER.
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↓ 13% – Le recul des investissements des entreprises britanniques. Une autre étude suggère que les entreprises britanniques investissent à peine 11,1 % du PIB et que seul le Canada se classe au dernier rang parmi les pays du G7.
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16% – La part des entreprises qui ont déclaré que le Brexit constituait une source importante d’incertitude en septembre 2025. Ce chiffre atteignait 40 % peu après la sortie du Royaume-Uni de l’UE.
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39 – Le nombre d’accords commerciaux que la Grande-Bretagne a signé avec 72 pays depuis le Brexit. Toutefois, bien que les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE aient fondamentalement changé après le Brexit, l’UE demeure le principal partenaire commercial du Royaume-Uni

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57% – La proportion des répondants et répondantes qui ont estimé que la Grande-Bretagne avait eu tort de quitter l’UE lors d’un récent sondage.
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41% – L’UE représentait 41 % des exportations du Royaume-Uni et 50 % de ses importations.
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6 – Le nombre de Premiers ministres que le Royaume-Uni a connus depuis le référendum. L’ancien maire du Grand Manchester, Andy Burnham, devrait devenir le septième Premier ministre depuis le Brexit.

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