Lors de sa visite à Toronto cette semaine, je me suis entretenu avec l’ancien premier ministre de l’Australie, Scott Morrison, au sujet des paris audacieux de son pays dans le secteur spatial et des leçons que le Canada peut en tirer.
M. Morrison a contribué à l’accélération du secteur spatial australien et est maintenant actif dans le secteur mondial, plus particulièrement aux États-Unis. Voici quelques-unes des informations qu’il m’a transmises, ainsi qu’à un groupe de leaders et d’investisseurs canadiens :
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L’espace redevient une compétition géopolitique, comme ce fut le cas pour la course à l’espace des années 1950 et 1970. Presque tous les aspects du renseignement et de la sécurité nationale ont maintenant un lien avec l’espace.
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Le Canada devrait considérer l’espace comme un moyen de se joindre aux alliances militaires et de sécurité les plus importantes du monde. AUKUS (Australie, R.-U., É.-U.) fait partie de ces groupes, tout comme Quad (États-Unis, Australie, Inde et Japon) et le réseau de renseignements Five Eyes des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada.
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Il est intéressant de surveiller AUKUS, qui détourne son attention des sous-marins et de la domination sous-marine vers la domination orbitale. L’espace pourrait être l’occasion pour le Canada de se joindre à l’alliance AUKUS2.
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L’OTAN a été lente sur le plan spatial, mais cela changera. La guerre en Ukraine – et le rôle des satellites et des drones – indique l’emplacement des prochains champs de bataille.
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Le secteur devrait connaître une croissance d’environ 9 % par an, fortement stimulé par les semi-conducteurs, les satellites et la demande mondiale d’IA.
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Ensemble, l’IA et l’espace seront les mégatendances qui façonneront les 50 prochaines années ainsi que la sécurité mondiale, l’économie et les capacités nationales.
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Une agence spatiale nationale attitrée, sous la supervision des hauts responsables du gouvernement, est essentielle à la croissance du secteur : elle assurera la masse critique, la coordination et la légitimité.
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D’importants acteurs du secteur privé sont également essentiels, mais des capitaux publics et des partenariats internationaux sont nécessaires.
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Les lancements assoient la légitimité. Si un pays ne peut lancer ses propres actifs en orbite – comme c’est actuellement le cas du Canada –, il ne deviendra pas un chef de file. L’Australie souhaite construire l’unique site de lancement quasi équatorial parmi les Five Eyes, ce qui la rendrait encore plus indispensable pour ses partenaires du renseignement.
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Ne vous arrêtez pas aux lancements. « Ce qui est attrayant, ce sont les fusées », mais la croissance réelle de ce secteur dépend des infrastructures, de la logistique, des essais, du soutien scientifique et de la capacité de services.
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D’autres pays ne restent pas les bras croisés. Le Japon renforce ses ambitions spatiales en ciblant 30 lancements par an et en misant sur une étroite coordination État-secteur. La Nouvelle-Zélande a lancé le Rocket Lab et un programme spatial particulièrement dynamique sur le plan politique.
Voici ce dont le Canada a besoin, selon M. Morrison :
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Une stratégie spatiale nationale crédible et financièrement soutenue ;
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Une capacité dont les autres ont besoin ;
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La volonté d’investir sur le plan politique et financier à la hauteur des engagements pris par les États-Unis et l’Australie ;
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Une capacité concrète qui renforce nos alliances, notamment la sensibilisation au domaine spatial, la surveillance de l’Arctique, la fabrication de satellites, la capacité de lancement, la détection par l’IA et la cyberintégration ;
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Des considérations axées sur la sécurité et alignées sur les évaluations des menaces par les alliés, en particulier celles concernant la Chine.
« En fin de compte, il s’agit d’une initiative de sécurité, et non d’une initiative d’expansion sectorielle. Au pays, les gouvernements discuteront d’emplois et d’avantages économiques. Par contre, à Washington, à Canberra, à Londres, à Tokyo ou à Wellington, l’argument doit strictement être : « Voici la capacité du Canada en matière de sécurité collective ».
John Stackhouse est premier vice-président, Bureau du chef de la direction, RBC, et agrégé supérieur de la Munk School of Global Affairs & Public Policy de l’Université de Toronto.




