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Leadership avisé RBC Archives for johnintini

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  • Le Canada et le Mexique ont convenu de renforcer leur collaboration dans plusieurs domaines essentiels, dont les chaînes logistiques, l’IA, la sécurité énergétique et l’économie numérique.

  • Trump met à exécution sa menace de doubler les droits de douane sur l’Inde pour les porter à 50 % au motif que le pays achète du pétrole à la Russie.

  • En juin, les expéditions américaines de jus d’orange vers le Canada ont chuté à un creux jamais vu en plus de 20 ans, selon de nouvelles données.

  • Le Japon déclare que l’administration Trump promet de corriger une erreur « extrêmement regrettable » en matière de droits de douane dans le cadre de son accord avec les États-Unis.

  • Dans un nouveau sondage, près de 90 % participants affirment que les droits de douane ont perturbé la fabrication et la production aux États-Unis.

  • Trump menace d’imposer des droits de douane de 100 % sur les semi-conducteurs étrangers à moins que les entreprises promettent d’investir aux É.-U.

  • Les droits de douane sur les lingots d’or d’un kilo frapperont particulièrement la Suisse.

  • Le 8 août à minuit, les nouveaux droits de douane américains sont entrés en vigueur dans plus de 90 pays.

Malgré l’ambition grandissante du Canada d’élargir son bassin de partenaires commerciaux, les dernières données montrent qu’une telle diversification est compliquée. Les exportations vers les pays autres que les États-Unis sont restées globalement stables au deuxième trimestre. Il est à noter que la légère hausse des exportations hors États-Unis est principalement due à l’augmentation des expéditions d’or vers le Royaume-Uni, dont la valeur a plus que doublé par rapport à l’an dernier sous l’effet de la hausse des prix.

La hausse des exportations canadiennes - hors États-Unis - est principalement attribuable aux expéditions d'or au Royaume-Uni

Nathan Janzen, économiste en chef adjoint, Services économiques RBC, apporte quelques éclaircissements dans ce chaos qui entoure le commerce international.

Q: Pouvez-vous chiffrer ce que les droits de douane américains coûtent à l’économie canadienne ?
R: Le ralentissement de la croissance économique de part et d’autre de la frontière, qui découle en grande partie de l’incertitude liée aux futures politiques commerciales, a paralysé les décisions d’investissement des entreprises. Les mesures de représailles du Canada se sont montrées sévères dans certains secteurs, avec notamment une augmentation des droits de douane sur les importations d’acier en provenance de pays autres que les États-Unis, ce qui augmente le coût des intrants pour les entreprises canadiennes.

Toutefois, en termes relatifs, les droits de douane ont davantage fait grimper les coûts aux États-Unis qu’au Canada. Les recettes tarifaires perçues par le gouvernement fédéral canadien, payées par les acheteurs canadiens, ont augmenté d’environ 2 milliards de dollars par rapport à l’an dernier entre mars et mai, ce qui équivaut à 1,8 % de la valeur totale des biens importés au cours de cette période. Et une grande partie des recettes perçues sera restituée aux entreprises par l’entremise d’un processus de remise. À titre de comparaison, les recettes fiscales issues des droits de douane américains, qui sont payées par les acheteurs américains, ont augmenté de 48 milliards de dollars au cours de la période, ce qui représente 10 % de la valeur des importations en juin. Ce taux tarifaire moyen aux États-Unis est le plus élevé depuis les années 1940.

Q: Dans quelle mesure l’ACEUM a-t-il protégé les exportations canadiennes ?
R: L’accord commercial conclu antérieurement entre le Canada et les États-Unis garantit un accès libre de droits de douane pour la majeure partie des exportations canadiennes vers les États-Unis. Du fait que près de 90 % des exportations canadiennes ont continué d’accéder au marché des États-Unis en franchise de droits de douane entre mars et juin, le Canada s’est retrouvé avec le taux tarifaire effectif moyen le plus bas de tous les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, malgré la hausse des droits de douane sur les exportations canadiennes non conformes à l’ACEUM à 35 % depuis le 1er août.

Le maintien de l’exemption de libre-échange en vertu de l’ACEUM est critique non seulement pour les exportateurs canadiens, mais aussi pour les partenaires commerciaux du Canada aux États-Unis – l’an dernier, le Canada représentait le premier marché d’exportation pour 32 États américains, et le premier pour 22 d’entre eux. L’ACEUM n’expirera pas automatiquement avant 2036, mais des négociations cruciales visant à prolonger l’accord seront entamées l’an prochain.

Q: Le Canada et le Mexique ont convenu cette semaine de renforcer leur collaboration en matière de commerce international. Quelles occasions entrevoyez-vous ?
R: La diversification des échanges commerciaux du Canada est une bonne chose, car elle se traduira par des occasions à l’étranger, mais aussi par des échanges commerciaux accrus avec le Mexique et entre les provinces canadiennes. De plus, le commerce international de services prend une part de plus importante dans le commerce canadien et mondial. Or, il est plus facile de diversifier les échanges commerciaux dans des domaines comme les services professionnels, par exemple, où la distance géographique est moins pénalisante.

Cela dit, le secteur manufacturier représente une part considérable des échanges commerciaux en Amérique du Nord. Étant donné que ce secteur est fortement intégré, après des décennies de libre intégration des chaînes logistiques du Canada, des États-Unis et du Mexique, il ne peut pas vraiment fonctionner sans l’intervention de tous ses participants. Les droits de douane imposés par les États-Unis sur des produits comme l’acier, l’aluminium et le cuivre alourdissent le coût des intrants et réduisent la compétitivité de l’écosystème manufacturier intégré nord-américain par rapport aux chaînes de production d’autres régions comme l’Europe et l’Asie. Il est impossible de diversifier ce type de commerce à court terme sans provoquer d’importantes perturbations économiques des deux côtés de la frontière.

12 milliards $ US

Estimation du coût de la guerre commerciale pour les constructeurs automobiles – jusqu’à présent.

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Par Jordan Brennan, chef, Leadership avisé

La date limite du 1er août est passée sans qu’aucun accord ne soit conclu. Par conséquent, les « droits de douane liés au fentanyl » sur les exportations canadiennes vers les États-Unis devraient passer de 25 % à 35 %. Ces droits s’ajoutent aux droits de douane sectoriels (appelés droits de douane au titre de l’article 232), qui comprennent des droits de douane de 50 % sur l’acier et l’aluminium, de 50 % sur certains produits en cuivre et de 25 % sur le contenu non américain des véhicules finis.

D’un certain point de vue, l’absence d’accord peut être interprétée négativement. Le climat défavorable à l’investissement des entreprises – déjà chroniquement faible au Canada – persistera tant que la guerre commerciale n’aura pas fait l’objet d’une résolution obligatoire.

D’un autre côté, l’absence d’accord pourrait indiquer que l’équipe de négociation canadienne adopte une position ferme. Et grâce à la protection qu’offre l’AEUMC face aux « droits de douane liés au fentanyl », le taux de droits de douane effectif sur les exportations canadiennes sera bien inférieur au taux de base de 35 %.

RBC a fait les calculs et a constaté que plus de 90 % des exportations canadiennes de marchandises vers les États-Unis sont conformes à l’AEUMC et entrent donc sans droits de douane. Malgré tous ces chiffres alarmants, nous estimons que le taux de droits de douane effectif sur les exportations canadiennes est d’environ 5 %, mais qu’il est souvent plus bas en réalité. Cette situation reflète en partie l’habileté et le savoir-faire de l’équipe de négociation canadienne, qui a obtenu la protection offerte par l’AEUMC, mais elle met aussi en évidence le fait que la prospérité américaine – notamment dans les États pivots – dépend du commerce avec le Canada.



Prenons l’exemple de l’industrie automobile. Si le président Trump a pris les rênes de la Maison-Blanche, c’est en partie grâce au soutien des ouvriers des anciens États de la « Rust Belt », qui ont historiquement soutenu les démocrates, mais qui ont changé pour le Parti républicain en 2024. L’industrie automobile nord-américaine est structurée selon un axe nord-sud, avec des chaînes d’approvisionnement reliant des États producteurs clés comme le Michigan, l’Indiana et l’Ohio aux provinces canadiennes.

Rien n’indique clairement que la guerre commerciale, y compris les droits de douane au titre de l’article 232 sur l’automobile, ramène des emplois dans les usines américaines. Les données récentes du Bureau of Labor Statistics montrent que l’emploi dans le secteur manufacturier en général, et dans la fabrication de véhicules et de pièces en particulier, a diminué depuis l’entrée en fonction de Trump. Cette interdépendance place le Canada dans une position de négociation plus favorable qu’on pourrait le croire, étant donné sa dépendance au commerce avec ses voisins américains.

Nous suivrons l’évolution de la situation au cours des prochaines semaines et nous nous attendons à ce qu’un accord, sous une forme ou une autre, soit conclu. Entre-temps, les équipes de négociation de Trump ont conclu une série d’accords avec des partenaires commerciaux clés au cours des dix derniers jours, notamment avec l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud. Au milieu du chaos et de l’incertitude, une tendance commence à se dessiner.

En échange de droits de douane préférentiels, les partenaires commerciaux des États-Unis s’engagent à effectuer des investissements et des achats importants sur le marché américain, tout en offrant un meilleur accès au marché pour les exportateurs américains, avec certaines exemptions sectorielles et dérogations ciblées. Les « accords » conclus jusqu’à présent, qui ne sont en réalité que des cadres de négociation – se répartissent en trois grandes catégories :

  • Les proches alliés : Avec l’accord sur l’économie et la prospérité entre les États-Unis et le Royaume-Uni, le Royaume-Uni a obtenu les conditions les plus favorables à ce jour, avec des droits de douane de base de 10 %. En raison des exemptions et des dérogations, le taux de droits de douane effectif pourrait être inférieur à 10 %. L’accord est axé sur l’agriculture, l’automobile, l’aérospatiale et les produits pharmaceutiques, tandis que l’acier et l’aluminium sont visés par des taux plus élevés.   

  • Le noyau commercial : L’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud, qui sont parmi les plus importants partenaires commerciaux des États-Unis, ont obtenu des droits de douane de base de 15 %, ce qui les place sur un pied d’égalité les uns avec les autres. Encore une fois, les exemptions et dérogations pourraient réduire le taux de droit de douane effectif.

  • Tous les autres : Les pays qui n’obtiennent pas de droits douaniers préférentiels seront assujettis à des droits de douane de base élevés ou à des droits de douane à la carte (p. ex., les droits de douane de 50 % sur le Brésil).

Qu’il y ait accord ou pas, le Canada fait face à d’importants obstacles. Une récession de la productivité qui dure depuis plusieurs années, combinée à un resserrement de l’immigration, à des frictions commerciales et à une incertitude macroéconomique élevée, signifie que des choix difficiles attendent les dirigeants politiques et économiques du Canada. 

  • En plus d’augmenter les droits de douane imposés au Canada juste avant la date limite du 1er août, Trump a imposé des tarifs coûteux à plusieurs pays – dont 39 % pour la Suisse.

  • Le Mexique bénéficie d’un sursis de 90 jours à la suite d’un appel entre Trump et la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum.

  • Ford, le deuxième constructeur automobile américain en importance, affirme que les accords commerciaux conclus avec l’Union européenne, le Japon et la Corée du Sud le placent dans une position très défavorable, puisque la majorité de ses véhicules sont fabriqués aux États-Unis et qu’il dépend fortement de l’importation de pièces. Rien qu’au deuxième trimestre, Ford affirme que les droits de douane lui ont coûté 800 millions $ US.

  • Les titres américains du secteur des transports ont subi leur plus forte baisse depuis avril, l’indice Dow Jones Transportation Average ayant cédé 7 %.

  • Les transbordements –soit les marchandises expédiées aux États-Unis par l’intermédiaire d’autres pays pour contourner les droits douaniers liés au pays d’origine – seront désormais assujettis à des droits de douane de 40 %. Selon les experts, la Chine sera la plus durement touchée par le durcissement des mesures américaines contre les expéditions indirectes. 

  • Les répercussions de l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne ont entraîné la pire semaine pour l’euro depuis 2022.