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Selon la Fed, l’inflation va dans la mauvaise direction

Le rapport d’avril sur l’indice des prix à la consommation (IPC) ne contribue guère à apaiser les craintes quant à la maîtrise de l’inflation. L’inflation globale a augmenté de 0,6 % sur un mois, les prix de l’énergie poursuivant leur hausse. Et l’inflation de base a bondi de 0,4 % sur un mois, sous l’effet du logement. Certes, cette pointe dans le secteur du logement était mécanique, en raison de la paralysie budgétaire. Mais si on exclut le logement des services de base, nous observons toujours une inflation persistante qui montre des signes d’accélération continue. Le problème de l’inflation ininterrompue n’est pas seulement une question de tarifs douaniers et d’énergie – ces pressions rendront plus difficile le retour de l’inflation à 2,0 %. Le problème le plus immédiat est la façon dont les consommateurs font face à de multiples hausses de prix. Les biens de consommation de base comme l’essence, la nourriture à domicile, les vêtements et les produits de soins personnels ont tous augmenté ce mois-ci. Et nous avons vu des inquiétudes liées à l’abordabilité se manifester dans les données sur la confiance des consommateurs, qui se situent presque à un creux historique. Le problème, c’est qu’un recul plus significatif de la demande est peu probable sans de nouvelles pertes d’emplois. Autrement dit, si les gens ont du travail, ils continueront à dépenser. Pour l’instant, nous attendrons un rapport plus clair le mois prochain. Il en va de même de la Fed, qui devrait maintenir le statu quo après le solide rapport sur l’emploi et ce rapport peu convaincant sur l’inflation d’avril. 

Trois thèmes principaux abordés dans le rapport d’avril ont retenu notre attention :

  • Nous avons déjà signalé que les particularités méthodologiques entourant les données manquantes pendant la paralysie budgétaire du gouvernement américain pourraient entraîner une flambée de l’inflation du logement dans le rapport d’avril. En effet, les logements (équivalent de loyer des propriétaires et loyers ordinaires, tous deux à +0,5 % d’un mois sur l’autre) ont enregistré une hausse notable en avril.  

  • Nous nous attendons à ce que cette hausse dans le secteur du logement soit ponctuelle, car cette anomalie méthodologique n’aura plus d’incidence sur les données à l’avenir. Nous aurons une meilleure idée de l’inflation du logement dans le rapport de mai.

  • Néanmoins, les services de base hors logement ont progressé de +0,45 % sur un mois, avec une croissance annuelle de 3,3 %, une hausse significative par rapport au rythme de 2,7 % enregistré en début d’année. 

  • Nous continuons d’observer des pressions dans les secteurs tributaires des échanges commerciaux, notamment dans les biens non discrétionnaires. Les prix ont augmenté de plus de 0,6 % sur un mois pour les vêtements, les biens de TI (c.‑à‑d. téléphones cellulaires et ordinateurs personnels) et les produits de soins personnels. 

  • Mais le secteur des véhicules motorisés a continué de masquer les pressions des tarifs douaniers dans d’autres secteurs. Les voitures d’occasion (+0,0 % sur un mois) n’ont pas contribué à l’inflation globale des biens de base et les prix des voitures neuves ont chuté de -0,2 % sur un mois.

  • Néanmoins, le rythme de croissance d’une année à l’autre des biens de base n’a diminué que de 0,1 point de pourcentage en avril, malgré un important répit pour la plus grande composante pondérée des biens de base (c.-à-d. les nouvelles voitures). 

  • Les prix de l’essence (+5,4 % sur un mois) ont continué d’augmenter, car le conflit qui se prolonge au Moyen-Orient limite tout répit à court terme. Ces prix plus élevés pèsent de façon disproportionnée sur les ménages à revenu faible ou moyen. 

  • Il n’en demeure pas moins que plus les prix du pétrole restent élevés, plus il est probable que la hausse des coûts de transport aura des répercussions sur d’autres groupes de produits. L’augmentation des coûts du carburéacteur a entraîné une nouvelle hausse des tarifs aériens (+2,8 % sur un mois) en avril. 

  • Bien que nous ne prévoyions pas que les dépenses de consommation bondissent en raison de la hausse des prix, les ménages à revenu faible ou moyen sentiront passer la hausse des prix jusqu’à ce que ces chocs se dissipent. 

  • Nous reconnaissons que la Fed ne peut pas faire grand-chose pour faire face au choc externe de la hausse des prix du pétrole, et il en va de même pour les tarifs douaniers. Nous continuons de nous attendre à ce que le FOMC reste sur la touche pendant le reste de l’année. 


À propos des auteurs :


Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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