
Nous nous attendons à une réunion en grande partie calme de la Fed la semaine prochaine pour un comité qui joue de plus en plus un rôle de second plan en se contentant d’observer les conditions macroéconomiques et d’y réagir plutôt que de s’emparer du volant. Compte tenu de la combinaison des chocs inflationnistes (un événement géopolitique et une guerre commerciale), nous prévoyons que la Fed restera sur la touche et attendra d’autres données.
En raison de ces chocs, nous prévoyons que l’inflation s’intensifiera au cours des prochains mois, ce qui fera dérailler la trajectoire de la Fed vers ce que le président Powell a qualifié comme le milieu de sa fourchette neutre. Lors de la dernière conférence de presse, le président Powell a souligné ce qui suit : « […] vous pouvez le caractériser (le taux directeur actuel) comme se situant dans la limite supérieure de la fourchette neutre, ou vous pouvez le caractériser comme étant peut-être modérément, voire légèrement, restrictif. » Nos stratèges en taux, Blake Gwinn et Izaac Brook, s’attendent à ce que la réunion du 29 avril soit routinière, et que le taux des fonds fédéraux sera maintenu dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 % la semaine prochaine et dans un avenir prévisible.
À ce jour, les prix globaux ont considérablement augmenté en raison des flambées des prix de l’essence découlant du conflit au Moyen-Orient. Même si la Fed est plus préoccupée par l’inflation de base que par l’inflation globale, les attentes à l’égard de l’inflation suivent de près les prix de l’essence, ce qui pourrait être problématique pour la Fed. En ce qui concerne l’inflation de base, les DPC de base, qui constituent la mesure de l’inflation privilégiée par la Fed, se situent toujours à 3,0 % sur 12 mois, et nous prévoyons qu’elles continueront de s’accélérer en mars (nos prévisions laissent entrevoir une hausse de la mesure des DPC de base sur 12 mois à 3,2 %). Pour mars, nous nous attendons à ce que les DPC de base augmentent de 0,3 % sur un mois. Même si l’IPC de base et l’IPP ont été inférieurs aux attentes en mars, nous ne nous attendons pas à un tel relâchement des DPC de base, car les segments qui comptent relativement plus pour les DPC (comme les services aux patients externes et les services hospitaliers et en centres d’hébergement et de soins de longue durée de l’IPP dans le secteur des soins de santé) ont fait bonne figure en mars. La hausse des prix du carburéacteur a également fait grimper les prix des billets d’avion, ce qui a fait grimper l’IPP des transports publics, un sous-ensemble de l’IPP qui est également important pour les DPC.
Nous prévoyons toujours que les pressions tarifaires s’accentueront au cours des prochains mois. L’IPP est vigoureux dans les secteurs exposés aux échanges commerciaux. L’IPC des biens de base est favorisé par les prix des véhicules automobiles d’occasion, qui ne sont pas assujettis à des droits de douane. Toutefois, les prix des nouveaux biens importés inclus dans le panier de l’IPC ont augmenté depuis le jour de la libération.
De plus, le volet du mandat de la Fed centré sur l’emploi demeure suffisamment solide pour que des réductions soient peu probables cette année. Le taux de chômage a largement stagné, car les données sur les demandes de prestations d’assurance-chômage se sont stabilisées à de faibles niveaux. L’économie américaine n’a créé en moyenne que 15 000 emplois par mois au cours des six derniers mois (pour un total de 90 000 emplois), ce qui est minime pour le marché américain de l’emploi, mais c’est en grande partie une histoire de départs à la retraite. Les entreprises ne créent pas de nouveaux emplois, mais elles n’ont pas à le faire. Le taux de chômage est passé de 4,4 % à 4,3 % au cours des six derniers mois, ce qui témoigne d’un point d’équilibre de la croissance de l’emploi exceptionnellement bas. Nous nous attendons à ce que cette

Outre la réunion de la Fed et les DPC, voici ce que nous surveillons :
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Les dépenses personnelles devraient augmenter de 0,6 % sur un mois en mars, mais cette hausse est en grande partie attribuable aux prix. Si l’on exclut l’incidence de l’inflation, les dépenses personnelles réelles devraient augmenter de 0,2 %, ce qui est plus modeste. Nous nous attendons à ce que les dépenses réelles en biens durables et non durables augmentent et que les dépenses en services diminuent en raison de la baisse des dépenses en services financiers, ce qui témoigne des replis du marché boursier en mars (l’indice S&P a reculé de 3,5 % par rapport à février).
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Le revenu personnel devrait légèrement augmenter en mars, soit de 0,2 % sur un mois. Nous nous attendons à ce que le revenu salarial soit modéré par le fait que nous avons observé une baisse du nombre d’heures hebdomadaires travaillées en mars. Les prestations de sécurité sociale et les prestations de Medicare refléteront une hausse des départs à la retraite, mais seront au moins partiellement compensées par une baisse des prestations de Medicaid.
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Les commandes de biens durables ont probablement augmenté de 0,2 % sur un mois en mars, après la hausse des commandes de Boeing par rapport à février. Toutefois, si l’on exclut le transport, nous nous attendons à ce que les ventes de biens durables diminuent de 0,8 % sur un mois, car l’activité n’a pas été suffisamment forte pour compenser les facteurs saisonniers.
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Nous obtiendrons une foule de données tardives sur le logement la semaine prochaine. Nous nous attendons à ce que les mises en chantier aient diminué en février et en mars, en raison de la baisse des permis de construire des maisons unifamiliales délivrés en janvier (et nous nous attendons à ce que la tendance se soit poursuivie en février). Nous obtiendrons également des données sur les permis de construire pour mars la semaine prochaine et prévoyons que les délivrances auront augmenté en mars.
À propos des auteurs :
Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.
Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.
Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.
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