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RBC Economics Canada

Malgré un accroissement des risques sur les deux volets du mandat de la banque centrale en matière d’inflation dû à l’escalade des droits de douane américains et à la hausse persistante des prix de l’énergie, comme beaucoup s’y attendaient, la Banque du Canada a maintenu le taux du financement à un jour à 2,25 % pour une septième réunion consécutive en septembre.

Sans surprises, la banque centrale estime que de nouvelles données économiques rétrospectives (rebond du PIB au deuxième trimestre et baisse du chômage en juillet) indiquant un élargissement de la reprise depuis la dernière décision de politique monétaire sont de bonnes nouvelles.

La déclaration de politique faisait état d’un certain resserrement des conditions financières générales en raison de la hausse des taux des obligations depuis la dernière décision de politique monétaire. Toutefois, le rendement des indicateurs économiques du dernier mois et demi indique que le niveau actuel des taux d’intérêt est suffisamment favorable pour, toutes choses étant égales par ailleurs, permettre à l’économie de continuer de se redresser et au chômage de diminuer depuis des niveaux encore relativement élevés.

Selon notre propre scénario de base, la BdC laissera le taux du financement à un jour inchangé jusque fin 2026. Nous tablons sur des hausses graduelles des taux d’intérêt en 2027, mais sous réserve que la conjoncture économique canadienne continue de s’améliorer.

La BdC a également abordé la nette escalade des risques des deux volets de son mandat lié à l’inflation depuis juillet, les nouveaux tarifs douaniers américains visant environ 5 % des exportations canadiennes augmentant les risques de baisse de la croissance économique, mais la hausse des prix de l’énergie faisant grimper l’inflation mondiale de l’énergie, y compris au Canada.

Il s’agit essentiellement d’un retour aux risques liés aux taux d’intérêt dans les deux sens soulignés dans les décisions de politique monétaire d’avril à juin, après un bref répit lors de la dernière réunion en juillet, lorsque les risques entourant le taux directeur de la BdC avaient été largement vus comme ayant diminué.

Dans sa déclaration préliminaire, le gouverneur Macklem a clairement précisé que « la politique monétaire ne peut pas renverser les effets des droits de douane ni influencer les prix mondiaux de l’énergie ».

La politique budgétaire est objectivement un outil de politique plus efficace pour gérer les répercussions économiques ciblées des droits de douane que les changements généralisés des taux d’intérêt de la BdC, et M. Macklem a également fait valoir que les programmes d’aide du gouvernement fédéral « [allaient] probablement compenser une partie des dommages ».

Pour ce qui est des prix mondiaux de l’énergie, la BdC ne peut rien faire pour influer sur le prix mondial du pétrole.

Néanmoins, dans les deux cas, la BdC aurait une marge de manœuvre si ces chocs se propageaient à d’autres secteurs ou produits pour influer sur les tendances générales de l’inflation.

Sur le plan des échanges commerciaux, il est possible que l’incertitude accrue pèse globalement sur les dépenses des consommateurs et des entreprises, ce qui accentuerait le ralentissement de l’économie et atténuerait les pressions inflationnistes sous-jacentes (et militerait en faveur d’une baisse plus longue des taux d’intérêt).

En ce qui concerne les prix de l’énergie à l’échelle mondiale, la hausse des coûts de l’énergie pourrait se propager et faire augmenter ceux d’un plus large éventail de biens de consommation et de services. Plus les prix de l’énergie sont élevés longtemps et plus ces risques augmentent (ce qui pourrait plaider en faveur de taux d’intérêt plus élevés).

Comme pour la Banque du Canada (semble-t-il), aucun de ces risques n’a modifié nos propres perspectives économiques de base.

À ce jour, la hausse des prix de l’énergie n’a eu qu’une incidence limitée sur les prix des autres biens de consommation et services.

Par ailleurs, les consommateurs et les entreprises du pays ont donné des signes d’adaptation à la vie dans un contexte d’incertitude commerciale accrue : les investissements des entreprises se sont raffermis au deuxième trimestre et les dépenses de consommation sont demeurées résilientes.

Nous demeurons prudemment optimistes quant à la possibilité que l’économie canadienne continue de s’améliorer graduellement et que le taux de chômage diminue graduellement.

Si cette amélioration des perspectives économiques se concrétise, nous pensons que la BdC pourra, à compter de début 2027, relever progressivement ses taux d’intérêt depuis leurs faibles niveaux actuels.

Mais, de toute évidence, la BdC dépend encore largement des données, et l’évolution des taux d’intérêt dépendra de la trajectoire de la croissance au Canada et des données sur l’inflation.


À propos de l’auteur :

Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.


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