En résumé :
L’économie canadienne a rebondi au deuxième trimestre, le PIB réel ayant progressé de 3,3 % (taux annualisé), après une petite révision à la hausse de la croissance au premier trimestre, qui est passée d’une légère baisse de 0,1 % à une légère (mais positive) hausse de 0,3 %.
Les données trimestrielles et mensuelles sur le PIB sont volatiles et il est peu probable que le rythme de la croissance au deuxième trimestre se répète dans la même mesure dans les trimestres à venir – l’estimation préliminaire de la production de juillet n’a pratiquement pas changé par rapport aux niveaux de juin.
Toutefois, les données sont conformes à un contexte économique qui s’améliore graduellement, en particulier lorsqu’on les mesure par habitant, car la population du Canada diminue.
Une partie de cette vigueur reflète un renversement de la faiblesse temporaire plus tôt dans l’année. Le commerce net a fortement contribué à la croissance, les exportations ayant surpassé les importations, en partie grâce à la reprise de la production automobile et des expéditions après les perturbations hivernales.
Néanmoins, le rebond du deuxième trimestre s’est étendu au-delà des échanges commerciaux. Les dépenses des ménages se sont raffermies malgré la hausse des coûts du carburant, les investissements des entreprises ont augmenté, tout comme les importations d’équipement plus fortes, et les investissements résidentiels se sont redressés à mesure que les reventes de logements et les mises en chantier s’amélioraient. Dans l’ensemble, la demande intérieure finale (dépenses des entreprises, des administrations et des consommateurs canadiens) a augmenté de 3,9 % sur une base annualisée, après avoir légèrement fléchi (-0,1 %) au deuxième trimestre.
La croissance devrait ralentir après la forte progression enregistrée au deuxième trimestre, tout en restant positive pour le reste de 2026. Les derniers droits de douane américains de 50 % augmentent le risque de baisse, même si nous nous attendons à ce que les effets se concentrent fortement dans certains secteurs/produits exposés, dont les répercussions sur la croissance économique globale sont limitées.
Plus de 80 % des exportations canadiennes continuent d’entrer aux États-Unis en franchise de droits en vertu de l’ACEUM, ce qui contribue à préserver le contexte de croissance élargi. Toutefois, les producteurs de plastique, de machinerie électrique, de meubles et de produits du bois font face à des perturbations potentiellement graves, les effets régionaux étant concentrés au Québec, en Colombie-Britannique et en Ontario. Les contre-tarifs et les mesures de rétorsion du Canada contribueront à déterminer l’ampleur de la propagation de ces effets.
Dans l’ensemble, le rapport du deuxième trimestre confirme que l’économie est entrée dans cette dernière période de perturbations commerciales à partir d’un point de départ plus solide.
Notre hypothèse de base demeure une reprise cyclique graduelle, mais les données sur la croissance nationale masqueront des ajustements beaucoup plus difficiles pour les industries, les collectivités et les travailleurs touchés. Nous nous attendons toujours à ce que la Banque du Canada maintienne le taux du financement à un jour inchangé pour le reste de 2026.
En détail :
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Le PIB réel a progressé de 3,3 % sur une base annualisée au deuxième trimestre, après une augmentation révisée à la hausse de 0,3 % au premier trimestre (auparavant -0,1 %). Il s’agit d’un rebond important après un hiver morose, et les données révisées montrent que l’économie canadienne ne s’est pas contractée pendant deux trimestres consécutifs. La croissance démographique a continué de diminuer et la croissance du PIB par habitant a de nouveau augmenté au deuxième trimestre.
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La demande intérieure finale a augmenté de 3,9 % sur une base annualisée, en raison des gains de consommation des ménages, de machinerie et d’équipement, et des investissements résidentiels.
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La consommation des ménages a augmenté de 3,3 % sur une base annualisée, les dépenses en biens ayant progressé de 2,6 % et les dépenses en services, de 3,9 %. Les gains sont principalement attribuables à la catégorie des services.
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Les coûts élevés de l’énergie ont continué de peser sur le pouvoir d’achat des ménages, mais le taux d’épargne des ménages (la part du revenu disponible des ménages qui n’est pas dépensée pour la consommation actuelle) a progressé à 3,7 %, comparativement à 3,3 % au premier trimestre. Le revenu disponible a augmenté en partie grâce à un paiement unique du crédit pour la TPS/TVH dans le cadre de la nouvelle Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels.
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Les investissements en immobilisations des entreprises ont bondi de 9,5 %, soutenus par un bond de 22 % des dépenses en machinerie et en équipement qui s’appuie sur une croissance de 11,5 % au premier trimestre, ainsi que par un rebond de l’investissement résidentiel à la suite de baisses au cours des deux trimestres précédents.
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La croissance des exportations a augmenté de 15,1 %, menée par la reprise des véhicules automobiles après des perturbations de la production en hiver, tandis que les importations ont gagné seulement 1 %. Les échanges commerciaux nets ont ajouté 4,4 points de pourcentage à la croissance annualisée du PIB, mais il est peu probable que la hausse liée à l’automobile se reproduise dans la même mesure au cours des trimestres suivants.
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Le principal facteur qui a neutralisé les gains réalisés ailleurs est venu de la soustraction de 4,9 points de pourcentage du PIB attribuable à la baisse des stocks des entreprises et du repli des dépenses en immobilisations du gouvernement.
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Le PIB sectoriel a augmenté de 0,3 % en juin, en particulier celui des industries de services (+0,4 %), tandis que la faiblesse des industries de biens (-0,1 %) a partiellement compensé l’effet de la hausse. Les données mensuelles sur le PIB, calculées séparément de la hausse trimestrielle des dépenses, ont enregistré une hausse annualisée de 3,6 % au deuxième trimestre, après celle de 0,6 % au premier.
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Les estimations préliminaires de Statistique Canada indiquent que le PIB est demeuré inchangé en juillet, ce qui donne à penser que l’activité économique a probablement ralenti au début du troisième trimestre. Les gains dans les secteurs de l’immobilier, de la location et du crédit-bail, ainsi que des services professionnels, scientifiques et techniques ont été contrebalancés par les baisses dans le commerce de détail et la fabrication.

À propos de l’auteur :
Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.
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