Comme beaucoup s’y attendaient, la Banque du Canada a maintenu son taux du financement à un jour à 2,25 % pour une sixième réunion consécutive et a minimisé les risques de hausse de l’inflation et de baisse de la croissance économique, indiquant que la banque centrale est plus à l’aise avec le maintien du taux directeur à son niveau actuel.
Le Rapport sur la politique monétaire connexe a fait état de projections d’inflation globale selon l’IPC plus élevées pour 2026 que les prévisions d’avril, en raison des marges élevées des raffineries d’essence, qui devraient se normaliser progressivement cette année, parallèlement à l’évolution des cours du pétrole. Les projections d’inflation selon l’IPC de base (la moyenne de l’IPC tronqué et de l’IPC médian) sont demeurées pratiquement inchangées par rapport à avril, et devraient toujours osciller autour de 2 % en 2028.
Des risques pèsent toujours sur ces prévisions d’inflation et sur la politique de taux directeur. Toutefois, la référence explicite à la nécessité éventuelle d’abaisser le taux directeur si les États-Unis venaient à imposer de nouveaux tarifs douaniers, ainsi qu’aux « hausses consécutives » potentielles du taux directeur si la hausse des prix du pétrole entraînait une inflation généralisée, a été supprimée de la déclaration d’ouverture de la conférence de presse.
Dans ses réponses, le gouverneur Macklem a réitéré que les risques persistaient, mais que les hypothèses de base de la Banque du Canada à l’égard de ces deux éléments – à savoir que les droits de douane américains et les exemptions prévues par l’ACEUM resteront en vigueur et que les prix de l’énergie suivront la courbe des contrats à terme à la baisse – concordent avec les nôtres et se sont largement confirmées.
De plus, la Banque du Canada a indiqué que les pressions sur les coûts des produits non liés à l’énergie à l’échelle mondiale, la dépréciation du dollar canadien et le rétrécissement de l’écart de production plus faible que prévu pourraient être d’autres facteurs de pressions inflationnistes futures. En revanche, un resserrement soudain des conditions financières mondiales ou une croissance économique plus faible que prévu au Canada pourrait faire baisser l’inflation.
Pour revenir au scénario de base, la Banque du Canada prévoit que la croissance du PIB ralentira à 0,7 % en 2026, conformément à nos propres prévisions publiées, qui ont largement reflété la baisse inattendue du premier trimestre. La croissance devrait s’accélérer au deuxième trimestre pour s’établir à 2,5 % (taux annualisé trimestriel), avant de s’abaisser à 1,5 % au deuxième semestre de 2026, clôturant l’année à un niveau plus faible, l’écart étant principalement rattrapé par l’accélération de la croissance en 2027.
Comme les hypothèses de croissance potentielle du PIB sont demeurées inchangées, le ralentissement de la croissance au trimestre précédent a laissé entrevoir une « offre excédentaire légèrement plus importante que prévu » au deuxième trimestre, toujours dans la fourchette de –1,5 % à –0,5 % où l’écart de production s’est maintenu au cours de l’année écoulée. À l’avenir, la Banque du Canada et nous-mêmes continuons de supposer que la capacité excédentaire sera lentement absorbée à mesure que la croissance du PIB s’accélérera au-delà de son potentiel, sans nécessiter un taux directeur encore plus bas.
En effet, même si les perspectives économiques demeurent très incertaines, les données économiques depuis la dernière réunion de la Banque du Canada en juin ont été globalement positives et cadrent avec un optimisme prudent selon lequel les conditions économiques par habitant et par travailleur s’améliorent progressivement.
Nous nous attendons toujours à ce que la Banque du Canada demeure stable, mais souple, tout en maintenant son taux à un niveau à la limite expansionniste jusqu’en 2026, avant que l’amélioration de la conjoncture économique n’entraîne des hausses modérées en 2027.
À propos de l’auteur :
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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