En résumé :
Un repli de l’inflation globale était largement attendu en juin, les prix du pétrole ayant fléchi après avoir bondi plus tôt cette année, mais les mesures plus larges de croissance des prix, en dehors de l’énergie, ont aussi surpris à la baisse.
La croissance de l’IPC a ralenti à 2,8 % sur un an en juin, contre 3,2 % en mai, en ligne avec nos attentes. Les prix de l’essence ont chuté de 10 % par rapport à mai et ceux des autres combustibles, de 6,3 %, annulant en partie les fortes hausses enregistrées plus tôt ce printemps. La croissance des prix des aliments est restée ferme, n’ayant ralenti que modestement, passant de 3,8 % en mai à 3,5 %. Pour les ménages, toutefois, l’essence est demeurée beaucoup plus chère qu’il y a un an, malgré la baisse mensuelle, ce qui continue de peser sur le pouvoir d’achat.
Toutefois, les pressions inflationnistes sous-jacentes, en dehors des coûts des aliments et de l’énergie, ont généralement surpris à la baisse. L’IPC hors aliments et énergie est demeuré inférieur à la cible, tandis que les mesures privilégiées par la Banque du Canada, soit l’IPC-tronq et l’IPC-médian, ont également reculé sous la barre des 2 %. Les mesures de l’ampleur de l’inflation sont restées contenues, avec peu de signes que les hausses de coûts se soient propagées à l’ensemble du panier de l’IPC.
Cette distinction demeure essentielle à l’évaluation de la Banque du Canada. Les décideurs ne peuvent pas influencer directement les prix mondiaux des marchandises et cherchent plutôt à savoir si la hausse des coûts exerce des pressions persistantes de second ordre sur un éventail plus large de biens et de services. Le rapport de juin a montré peu de preuves d’un tel processus.
Dans l’ensemble, le rapport de juin cadrait avec la plus récente évaluation de la Banque du Canada selon laquelle l’inflation sous-jacente demeure proche de la cible. Bien que la trajectoire de l’inflation globale demeure très sensible aux événements imprévisibles à l’échelle mondiale, les pressions généralisées sur les prix et le raffermissement de la croissance économique soutiennent notre opinion selon laquelle la Banque maintiendra son taux du financement à un jour inchangé jusqu’à la fin de 2026.
En détail :
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L’IPC global a reculé de 0,1 % sur un mois sur une base désaisonnalisée en juin, faisant passer le taux annuel de 3,2 % en mai à 2,8 %. Ce résultat a été à la hauteur de nos attentes et a été légèrement inférieur aux prévisions consensuelles du marché avant la publication.
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La croissance des prix de l’énergie est passée de 22,2 % le mois précédent à 14,3 % sur 12 mois. L’essence a reculé de 10 % sur un mois et le carburant, de 6,3 %. Malgré la baisse mensuelle, l’essence est demeurée 20 % plus élevée qu’un an plus tôt, comparativement à 33 % en mai.
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L’inflation des prix des aliments est passée de 3,8 % à 3,5 % sur 12 mois. Les prix des épiceries sont passés de 4,3 % à 3,9 %, tandis que ceux des restaurants sont passés de 3,1 % à 2,7 %.
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L’IPC hors aliments et énergie a augmenté de 1,8 % sur 12 mois, contre 1,6 % le mois précédent, mais demeurait inférieur à la cible de 2 %, ce qui continue de signaler une croissance modérée des prix en dehors des catégories volatiles.
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La croissance des mesures de base privilégiées par la Banque du Canada a fléchi. L’IPC-tronq a ralenti à 1,8 % et l’IPC-médian à 1,9 %, laissant la moyenne à 1,9 %, contre 2,1 % en mai.
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La mesure tronquée des services hors logement, parfois appelée « supercore », était de 2,3 % sur 12 mois, comparativement à 2,5 % le mois précédent. Le taux annualisé moyen sur trois mois était de 2,0 %, contre 2,6 %.
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Les mesures de l’ampleur de l’inflation sont demeurées pratiquement inchangées. La part des composantes du panier de l’IPC ayant augmenté plus de 3 % au cours des trois derniers mois s’est établie à 36 %, comparativement à 37 % le mois précédent et à 41,2 % en janvier. L’indice de diffusion n’a montré aucun élargissement significatif des pressions sur les prix.
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Les prix de l’hébergement pour voyageurs ont bondi de 10 % sur 12 mois en juin, contre 2,5 % en mai, bien que cette catégorie ait un poids relativement faible et n’ait guère contribué à la croissance globale. Statistique Canada attribue cette hausse à Toronto et à Vancouver, deux villes hôtes de la Coupe du monde.
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Les prix des logements ont augmenté de 1,6 % sur 12 mois, comparativement à 1,7 % le mois précédent. L’inflation des loyers est demeurée stable à 3,5 %, tandis que les frais d’intérêts hypothécaires ont poursuivi leur tendance à la baisse.

À propos de l’auteur :
Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.
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