La voie de la reprise n’est pas une ligne droite pour les marchés canadiens de l’habitation. Le mois de juin a été marqué par davantage de soubresauts et de revirements, entraînant une baisse des reventes de logements dans la vallée du Fraser, à Calgary, à Edmonton, à Hamilton et à Montréal.
D’autres régions, comme Vancouver et Toronto, ont récemment repris de la vigueur, mais cette reprise fait suite à des revers décevants enregistrés cet hiver.
Les chambres immobilières locales qui ont publié leurs résultats pour le mois de juin dressent, pour l’instant, un tableau globalement morose en ce qui concerne la valeur des logements. Les prix continuent de baisser à Vancouver, dans la vallée du Fraser, à Calgary et à Edmonton. Le taux d’appréciation des prix ralentit également à Montréal.
Toronto a toutefois montré des signes provisoires de stabilisation. L’indice MLS des prix des propriétés est demeuré inchangé en juin par rapport à mai.
Nous nous attendons à ce que l’amélioration de l’abordabilité et la confiance grandissante permettent de libérer progressivement une partie de la demande qui s’est accumulée depuis quelques années. Toutefois, cette reprise naissante devrait demeurer inégale, compte tenu du recul de la population canadienne, de taux d’intérêt qui ne baissent plus et d’une incertitude économique persistante.
Le nivellement des stocks en Ontario et en Colombie-Britannique pourrait être le signe précurseur d’un raffermissement des prix dans ces régions. La question de savoir si et quand cela se produira dépendra de la vigueur de la reprise de la demande et de l’afflux de vendeurs sur le marché.
Région de Toronto : les prémices d’un redressement longtemps attendu
La reprise printanière se poursuit comme prévu, avec une hausse des reventes de maisons et une baisse des stocks pour le quatrième mois consécutif. Le redressement tant attendu est peut-être en train de se concrétiser, mais il est encore tôt pour se prononcer.
Les transactions enregistrées en juin sont restées nettement inférieures (-34 %) aux niveaux d’avant la pandémie, et la modeste progression de 1,4 % observée entre mai et juin (données corrigées des variations saisonnières) ne laisse pas encore entrevoir de reprise rapide.
Pourtant, le redressement observé à ce jour pourrait indiquer que les prix de l’immobilier sont en passe de se stabiliser. En juin, l’indice des prix des propriétés MLS a augmenté pour la première fois sur une base mensuelle corrigée des variations saisonnières depuis janvier 2025. Bien qu’il soit toujours en baisse de 5,4 % par rapport à l’an dernier, l’indice pourrait entrer dans une période plus stable en raison d’un meilleur équilibre entre l’offre et la demande.
Nous ne nous attendons toutefois pas à ce que ce soit le cas pour toutes les catégories de logement. L’abondance de l’offre devrait maintenir les prix des appartements en copropriété à la baisse pendant encore un certain temps.
Région de Montréal : la résilience mise à l’épreuve
La hausse des coûts liés à l’accession à la propriété met de plus en plus à l’épreuve la résilience du marché montréalais. Ce printemps, il y a eu moins d’acheteurs qui ont signé des conventions d’achat en raison des prix records.
Nous estimons que la revente de maisons a diminué pour la deuxième fois en trois mois en juin, en baisse de près de 4 % par rapport à mai, après un redressement saisonnier.
L’offre reste globalement équilibrée avec la demande pour l’instant. Néanmoins, l’afflux de vendeurs cette année a graduellement fait augmenter les stocks de logements à vendre, ce qui a réduit la pression sur les prix.
La valeur des logements augmente à un rythme inférieur de plus de moitié à celui enregistré il y a un an. Les prix médians des maisons unifamiliales et des appartements en copropriété ont augmenté de 3,5 % et de 2 % respectivement par rapport à juin de l’année dernière.
Le ralentissement devrait se poursuivre si les nouvelles inscriptions demeurent près de leur plus haut niveau depuis quatre ans, comme cela a été le cas pour la majeure partie de l’année 2026 jusqu’à présent.
Région de Vancouver : un long chemin à parcourir
Les premiers signes de reprise observés en mai se sont confirmés en juin à Vancouver. Nous estimons que les reventes ont augmenté de plus de 3 % d’un mois à l’autre, en nous appuyant sur la solide progression de 6,6 % enregistrée en mai.
Néanmoins, la situation reste exceptionnellement faible, avec une activité bien en deçà de la moyenne historique et un inventaire proche de son plus haut niveau depuis des décennies.
Bien qu’en voie d’amélioration, l’abordabilité et la confiance restent des obstacles majeurs qui freinent la demande, tandis que la concurrence acharnée entre les vendeurs fait baisser la valeur des logements.
En juin, l’indice des prix des propriétés (IPP) MLS de Vancouver a reculé de 6 % par rapport à l’année dernière. Ce recul est légèrement inférieur aux -6,2 % enregistrés en mai, en partie grâce à deux baisses consécutives du nombre de logements à vendre, une première depuis trois ans.
Les baisses de prix sont généralisées à toutes les catégories de logements, les maisons individuelles et les appartements en copropriété enregistrant une baisse de plus de 7 % en glissement annuel.
Vancouver a encore un très long chemin à parcourir avant de se redresser. La valeur des logements devrait maintenir une trajectoire descendante, tandis que le déséquilibre entre l’offre et la demande persistera.
Calgary : un ralentissement, mais un marché légèrement plus tendu
Le mois de juin a prolongé la tendance au ralentissement du marché de la revente à Calgary, qui dure depuis trois ans. Cette fois-ci, la baisse du nombre de vendeurs entrant sur le marché pourrait en être la cause.
Nous estimons que les nouvelles inscriptions ont diminué de 8 % par rapport à mai (données désaisonnalisées), ce qui réduit les options pour les acheteurs potentiels.
Les annonces actives ont baissé de 2,1 % sur un an pour la première fois en plus de deux ans.
Le léger resserrement de l’équilibre entre l’offre et la demande contribue à son tour à modérer le rythme de la baisse des prix. En juin, l’indice des prix des propriétés MLS a reculé de 2,1 % à Calgary par rapport à l’année précédente, contre une baisse de 3,2 % en janvier.
Le segment des appartements en copropriété reste le plus sous pression, les transactions et le prix de référence ayant respectivement chuté de 20 % et 9 % au cours de l’année écoulée.
À titre de comparaison, on observe respectivement une hausse de 0,8 % du nombre de transactions et une baisse de 1,4 % des prix pour les maisons unifamiliales.
Nous pensons que les prix pourraient se stabiliser si les stocks diminuent encore.
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À propos de l’auteur :
Robert Hogue est membre du l’équipe Économique et leadership avisé RBC, se spécialisant dans l’analyse et les prévisions pour le marché de l’habitation canadien et les économies provinciales. Il compte parmi ses publications Tendances immobilières et accessibilité à la propriété, Perspectives provinciales et l’analyse des budgets provinciaux. Dans ses fonctions, il est fréquemment appelé à commenter l’évolution de la conjoncture économique auprès de la direction de RBC, de ses clients et des médias.
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