Par Abbey Xu et Rachel Battaglia
Aperçu des dépenses de septembre : Les dépenses des titulaires de cartes RBC ont rebondi en septembre après avoir fléchi en août. Ces résultats témoignent d’une résistance après un deuxième trimestre étonnamment robuste en période de forte incertitude commerciale. Les ventes au détail de base de RBC, qui excluent les composantes volatiles telles que les automobiles et l’essence (mesure de base de Statistique Canada), ont augmenté de 0,7 % en moyenne sur une période mobile de trois mois en septembre (0,2 % en août).
En raison du ralentissement observé en août, les résultats du troisième trimestre étaient en recul par rapport à l’excellent deuxième trimestre. Ce ralentissement concorde avec notre scénario de base prévoyant un ralentissement de la consommation des ménages pour le reste de 2025. Il suffit toutefois pour permettre une légère expansion du produit intérieur brut au troisième trimestre malgré la faiblesse du secteur industriel.
Au troisième trimestre, les dépenses se maintiennent malgré un ralentissement généralisé
Dans l’ensemble, les résultats sont moins bons au troisième trimestre à cause du ralentissement attribuable en partie à la baisse continue du prix de l’essence ainsi qu’à un ralentissement des dépenses dans plusieurs catégories.
Au troisième trimestre, les dépenses de restauration ont légèrement augmenté (1,6 %), contre 7,3 % au deuxième trimestre. Les dépenses dans les secteurs de l’épicerie et des vêtements ont aussi reculé, tout en progressant à environ la moitié du rythme enregistré au deuxième trimestre.
La dynamique positive sous-jacente est néanmoins demeurée intacte. Le rebond notable des dépenses de voyage et la vigueur soutenue des arts et du divertissement ont en partie compensé la croissance modérée ailleurs.
Diminution des dépenses par habitant et tendance globale
L’analyse par habitant révèle une tendance similaire de ralentissement, ce qui suggère que la diminution des dépenses des titulaires de cartes RBC n’est pas attribuable à l’essor démographique.
Au troisième trimestre, la croissance démographique du Canada ralentit et est presque nulle en données désaisonnalisées et annualisées. Voilà un changement important par rapport à l’an dernier où elle avait atteint un solide taux annualisé de 2,25 %. À cette époque, la croissance démographique rapide masquait la faiblesse sous-jacente de la consommation en maintenant la hausse des dépenses globales.
Avec la disparition en grande partie de ce facteur démographique favorable, les tendances des dépenses individuelles influeront davantage sur le PIB canadien. Les dépenses par habitant ont ralenti pour atteindre 1,5 % au troisième trimestre, contre 2,5 % au deuxième trimestre, reflétant la baisse globale de 2,4 % à 1,3 %.
Pleins feux sur les dépenses : les achats discrétionnaires et de première nécessité continuent d’augmenter
En septembre, la vigueur des dépenses des titulaires de cartes s’est généralisée dans les secteurs des services discrétionnaires et des biens et des produits de première nécessité. Voilà un signe de la résilience de la demande des consommateurs.
Le secteur des services discrétionnaires a conservé son avance selon la moyenne mobile sur trois mois, et ce, malgré une baisse des dépenses de restauration.
Tout comme la tendance générale, les trois principales catégories de dépenses ont connu une croissance ralentie au troisième trimestre.
L’humeur des ménages se stabilise, mais reste fragile
La confiance des consommateurs s’est progressivement raffermie en septembre. Des divergences persistent néanmoins dans les dépenses réelles et l’humeur des ménages.
En septembre, l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board du Canada a progressé de 4,8 % par rapport à la fin du deuxième trimestre. Voilà un signe de regain de confiance malgré les incertitudes économiques persistantes. Le dernier gain n’a pas suffi à effacer tous les effets de la baisse d’août, mais la confiance reste plus forte qu’en début d’année.
Tendances régionales : L’Ontario surperforme alors que l’élan s’estompe ailleurs
La croissance trimestrielle des dépenses a décéléré dans la plupart des provinces au T3, l’Ontario constituant l’exception notable.
Les dépenses des porteurs de cartes dans la plus grande province du Canada ont accéléré à 2,4 % contre 1,9 % au T2, soit bien au-dessus de la moyenne nationale. Cette solide performance contrastait avec le Québec voisin où les dépenses des porteurs de cartes RBC n’ont augmenté que de 0,6 %, soit moins de la moitié du rythme national. Le gain de l’Ontario était relativement généralisé dans toutes les catégories, à l’exception des dépenses dans les stations-service qui ont continué de se contracter.
L’Île-du-Prince-Édouard (4,4 %) et la Nouvelle-Écosse (3,4 %) ont également dépassé la moyenne nationale, mais ont vu leur élan ralentir par rapport au T2. La vigueur a été alimentée par un rebond des dépenses de voyage et une croissance exceptionnelle dans le divertissement et les arts. Les deux provinces ont accueilli des festivals de musique qui ont attiré de nombreux visiteurs.
La Saskatchewan était seule avec une baisse trimestrielle, les dépenses chutant de 0,6 % avec des baisses dans le divertissement, les arts et les voyages après un T2 globalement solide.
À propos des auteurs :
Abbey Xu est économiste à RBC. En tant que membre du groupe d’analyse macroéconomique, elle se spécialise dans les modèles de prévisions macroéconomiques, et présente des analyses et des mises à jour opportunes sur les tendances économiques.
Rachel Battaglia est économiste à RBC. Elle fournit des analyses et des prévisions sur les tendances des dépenses de consommation et les économies au niveau provincial.
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