Skip to main content
Le point sur la réunion de la Banque du Canada Un choc de l’offre qui n’attend pas l’autre

La Banque du Canada (BdC) a maintenu le taux du financement à un jour à 2,25 % à sa deuxième réunion de 2026 et a transmis trois messages clés dans le cadre de son annonce sur le taux directeur et de sa déclaration d’ouverture lors de sa conférence de presse.

Premièrement, il y a des risques de baisse de la croissance économique au début de 2026 par rapport à ses prévisions de janvier. Deuxièmement, il est trop tôt pour évaluer l’incidence du conflit au Moyen-Orient et des prix élevés du pétrole sur la croissance globale. Troisièmement, les prix de l’énergie augmenteront immédiatement et ne seront pas pris en compte par la banque centrale, mais seulement si la hausse demeure contenue, et non si elle prend de l’ampleur et persiste. Comme les données récentes de l’indice des prix à la consommation (IPC) montrent une atténuation persistante des pressions sous-jacentes sur les prix (les mesures de base de la BdC étaient en moyenne de 1 % sur trois mois sur une base annualisée en février), la BdC dispose d’une grande marge de manœuvre pour attendre d’en savoir plus sur l’incidence du récent conflit et n’a donc pas à réagir immédiatement

Au début de 2026, la croissance de l’emploi a été faible au Canada et le taux de chômage ne s’est pas vraiment amélioré par rapport à la fin de l’année dernière, s’établissant à 6,7 % en février, contre 6,8 % en moyenne au quatrième trimestre de 2025.

Les dépenses de consommation, selon notre suivi des données des cartes RBC, semblent avoir stagné en janvier, mais un rebond modéré a été observé en février. Le gouverneur Macklem a souligné le resserrement des conditions financières – hausse des taux obligataires, baisse des marchés boursiers et élargissement des écarts de taux – au cours des dernières semaines en raison du conflit en Iran.

Dans l’ensemble, les données laissent entrevoir des risques de baisse par rapport à la prévision de la BdC de janvier qui tablait sur une croissance trimestrielle annualisée du PIB de 1,8 % pour le premier trimestre, mais les attentes à l’égard d’une croissance globale modérée en 2026 ont été largement maintenues.

Le récent conflit au Moyen-Orient a été le principal sujet d’intérêt à l’approche de cette réunion. Comme prévu, le gouverneur Macklem n’a pas adopté de point de vue particulier au sujet de l’incidence de ce conflit sur la croissance nette du Canada.

La BdC a exploré différents canaux de transmission, ce qui est largement conforme à sa propre analyse : les revenus tirés des exportations d’énergie augmenteront parallèlement aux prix élevés du pétrole, mais la hausse des coûts de l’énergie nuira au pouvoir d’achat des consommateurs. Il est très important de mentionner que nous nous attendons aussi à peu de réactions de la part des investisseurs, qui sont généralement à l’origine de la majeure partie de la croissance positive découlant de la hausse des prix du pétrole.

Les préoccupations à l’égard des droits de douane américains et les difficultés commerciales persistent, la révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique ayant été qualifiée de « gros point d’interrogation ».

De la même manière que le gouverneur Kozicki dans le cadre de son discours, le gouverneur Macklem a réitéré lors de la conférence de presse d’aujourd’hui que la banque centrale ne tiendra pas compte de l’incidence immédiate de l’inflation accrue des prix de l’énergie.

Comme l’économie canadienne affiche une offre excédentaire et que les récentes données sur l’inflation témoignent de progrès continus dans l’atténuation des pressions sous-jacentes sur les prix, la BdC a jugé que le risque qu’une hausse de l’inflation des prix de l’énergie touche d’autres biens et services était « contenu », mais elle a prévenu que plus le conflit persistera, plus les risques de contagion augmenteront.

Dans l’ensemble, il s’agit d’un autre choc de l’offre qui fait suite aux préoccupations à l’égard des droits de douane américains et qui donne lieu à des priorités concurrentes pour la BdC, soit de soutenir la croissance tout en maintenant l’inflation à sa cible. Dans un contexte imprévisible et en constante évolution, nous nous attendons à ce que la BdC demeure prudente et maintienne le taux du financement à un jour à 2,25 %, en attendant d’en savoir plus.



À propos de l’auteur :

Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.


Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Le lecteur est seul responsable de toute utilisation des renseignements contenus dans le présent document, et ni la Banque Royale du Canada (« RBC »), ni ses sociétés affiliées, ni leurs administrateurs, dirigeants, employés ou mandataires respectifs ne seront tenus responsables des dommages directs ou indirects découlant de l’utilisation du présent document par le lecteur. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses sociétés affiliées ne font pas la promotion, explicitement ou implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

Le présent document peut contenir des déclarations prospectives – au sens de certaines lois sur les valeurs mobilières – qui font l’objet de la mise en garde de RBC concernant les déclarations prospectives. Les paramètres, données et autres renseignements ESG (y compris ceux liés au climat) contenus sur ce site Web sont ou peuvent être fondés sur des hypothèses, des estimations et des jugements. Les mises en garde relatives aux renseignements présentés sur ce Site Web sont exposées dans les sections « Mise en garde concernant les déclarations prospectives » et « Avis important concernant le présent rapport » de notre Rapport climatique le plus récent, accessible sur notre site d’information à l’adresse https://www.rbc.com/notre-impact/rapport-citoyennete-dentreprise-rendement/index.html. Sauf si la loi l’exige, ni RBC ni ses sociétés affiliées ne s’engagent à mettre à jour quelque renseignement que ce soit présenté dans le présent document.

Obtenez les dernières prévisions et analyses de RBC économique.
Abonnez-vous maintenant