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Zone commerciale : La doctrine Carney – une stratégie axée sur le capital

Également dans ce numéro : un entretien avec Anita Anand, ministre des Affaires étrangères du Canada, les principaux points à retenir de la PDAC et les répercussions du conflit avec l’Iran sur l’offre et les prix mondiaux du pétrole

Si le commerce et l’investissement sont les deux faces d’une même médaille, le Canada a longtemps privilégié le commerce. La doctrine Carney, une fois formulée, montre une préférence nouvelle pour l’investissement. Sans capital, rien ne se fait.

Lors de sa tournée éclair en Asie cette semaine, marquée par 30 000 kilomètres parcourus, trois pays visités et 5,5 milliards de dollars d’ententes, le premier ministre a indiqué qu’il entendait privilégier le capital. Le message livré à Mumbai, Sydney et Tokyo, trois centres financiers majeurs dans le monde, est que le Canada a besoin de capitaux et qu’il en veut réellement. Peu de protocoles d’entente symboliques ont été signés lors de ce voyage.

Les initiatives de M. Carney dans la région indopacifique étaient axées sur les flux de capitaux, les partenariats industriels et l’intégration des chaînes d’approvisionnement dans des secteurs tels que les minéraux critiques, les semi-conducteurs, l’IA, la fabrication de matériel de défense et la sécurité énergétique. De loin, la tournée ressemblait plus à une présentation sur le capital-investissement qu’à une mission commerciale. Par exemple, IFM, un géant de l’investissement dans les infrastructures détenu par des fonds de pension australiens, a annoncé son intention d’investir jusqu’à 10 milliards de dollars au Canada. Cela est important, car davantage d’infrastructures dans les deux pays faciliteront les échanges commerciaux.

Au Canada, des changements plus subtils ont confirmé la tendance qui fait du capital mondial un préalable au commerce. Le remaniement récent du ministère des Affaires étrangères montre que la politique étrangère s’ancre désormais au sein du bureau du premier ministre. Le premier ministre et son chef de la fonction publique, Michael Sabia, ont également nommé Glenn Purves sous-ministre du Commerce international. M. Purves, fonctionnaire de longue date, avait travaillé sous la direction de M. Sabia avant de rejoindre le secteur privé au début de l’année dernière comme chef de la recherche macroéconomique au BlackRock Investment Institute. 

La nomination d’un spécialiste des marchés des capitaux à la tête du service du commerce extérieur envoie un signal : le capital d’abord. M. Purves dispose maintenant de sa propre infrastructure mondiale, par l’intermédiaire des délégations commerciales, pour veiller à ce que les appels de capital de M. Carney soient satisfaits. Depuis son bureau, le premier ministre suit les engagements pris et tenus. Appelons cela la nouvelle balance commerciale. 

John Stackhouse

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, est un point de passage crucial pour de nombreux pays asiatiques qui dépendent des importations d’énergie. La Chine arrive largement en tête de cette liste.

Depuis le début du conflit avec l’Iran, les livraisons commerciales de pétrole brut et de gaz naturel ont ralenti pour s’arrêter presque totalement. Et les prix augmentent rapidement. Les contrats à terme sur le Brent ont franchi la barre des 90 $ US le baril, le niveau le plus élevé en près de deux ans, suscitant des craintes de hausse des prix à la pompe et de flambée de l’inflation. 

–Farhad Panahov

L’événement tenu cette année à Toronto par la PDAC (Association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) a été animé par de nombreuses discussions sur les richesses du Canada en minéraux critiques et sur la rapidité avec laquelle celles-ci pourraient être acheminées vers les marchés mondiaux, à une échelle commerciale. Les acteurs du secteur sont enthousiastes et le gouvernement apporte son appui, mais il reste beaucoup à faire pour réaliser pleinement le potentiel minier du Canada.

Voici sept thèmes que nous avons relevés lors de l’événement.

  • Divergence d’opinions sur les risques liés aux chaînes d’approvisionnement

  • La résolution des goulots d’étranglement dans le raffinage sera essentielle

  • Le projet Vault n’est pas un partenariat entre égaux

  • Le cuivre est le signal de demande le plus clair

  • Ne pas négliger la demande civile

  • Établir un ordre de priorité parmi les minerais

  • Coordination réglementaire : un avantage concurrentiel

Pour en savoir plus sur ces points clés, lisez l’article de Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, ici.

Quelques heures après son retour d’Inde, où le premier ministre Mark Carney a amorcé les discussions sur un accord de partenariat économique global visant à doubler les échanges bilatéraux pour les porter à 70 milliards de dollars d’ici 2030, la ministre des Affaires étrangères Anita Anand a rejoint John Stackhouse de RBC sur scène à la chambre de commerce de la région de Toronto. Voici quelques points saillants de cet entretien (édités pour plus de concision) :

JS: Quels signaux retenez-vous, en particulier pour les décideurs d’entreprise ?
AA: Nous sommes le seul pays du G7 à avoir un accord de libre-échange avec tous les autres pays du G7. Nous disposons déjà des infrastructures nécessaires sur le plan commercial. Il faut maintenant les rendre opérationnelles et les utiliser. C’est précisément l’objectif avec l’Inde. Nous devons tous exploiter pleinement les accords que nous concluons, sinon nous continuerons à dépendre d’un seul partenaire commercial, avec toutes les difficultés que cela entraîne.

JS: J’entends cela depuis des décennies. Nous devons diversifier. Nous faisons des progrès, mais ils sont lents. Qu’est-ce qui nous échappe, dans le milieu des affaires ?
AA: Il est très important d’expliquer clairement ce que nous faisons à l’international. C’est ce que j’essaie de faire : rendre la politique étrangère et ce type d’accords accessibles et compréhensibles afin que les entreprises puissent les utiliser. Cela permettra de diversifier réellement nos échanges commerciaux au-delà des accords que nous signons.

JS: Pourriez-vous conclure par une réflexion positive sur votre voyage et indiquer s’il y a un élément en particulier qui vous a donné confiance, notamment pour les entreprises ?
AA: Il y a des éléments encourageants, malgré la conjoncture économique très difficile dans laquelle nous nous trouvons et malgré un conflit mondial extrêmement troublant et stressant. Le Canada se trouve sur une trajectoire de croissance positive. Le Canada possède tout ce que le monde recherche. Partout où je vais, les gens s’intéressent au Canada.

Regardez l’entretien complet ici.

Des États contestent les nouvelles mesures commerciales de Donald Trump

  • Pas moins de 24 États américains ont intenté des poursuites contre l’administration Trump au sujet des nouveaux droits de douane de 10 % imposés en vertu de l’article 122 de la Trade Act de 1974. Selon eux, le président a de nouveau outrepassé ses prérogatives après que la Cour suprême a invalidé les précédents droits de douane fondés sur des pouvoirs d’urgence.

  • L’affaire ouvre un nouveau front juridique dans la contestation de la stratégie douanière de Washington et prolonge l’incertitude pour les entreprises, tandis que les tribunaux examinent les limites du pouvoir exécutif en matière de commerce.

Les exportations de puces d’IA pourraient être liées à des investissements aux États-Unis

  • Le département américain du Commerce propose de nouvelles règles d’exportation qui obligeraient les pays achetant de grandes quantités de puces d’IA de NVIDIA et d’AMD à investir dans l’infrastructure des centres de données aux États-Unis.

  • Cette initiative signale un virage vers une politique technologique où l’accès dépend de l’investissement, les États-Unis cherchant à exploiter leur avantage dans le segment des semi-conducteurs pour soutenir le déploiement massif de centres de données.

–Thomas Ashcroft

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