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Bouleversements climatiques : La guerre imminente pour le climat

➔ La stratégie du Canada pour le « Davos de l’énergie ».

➔ Ce que les dirigeants canadiens nous ont confié sur leur vision de l’action climatique.

➔ Selon une étude, le secteur pétrolier canadien pourrait mettre en œuvre une tarification industrielle du carbone au coût équivalent à un Timbit par baril.

La transition énergétique — et non la défense — sera le moteur de la demande en minéraux critiques. Selon Shaz Merwat, responsable principal, Énergie, Leadership avisé RBC, l’accent mis sur les véhicules électriques et autres technologies de la transition énergétique sera essentiel pour soutenir les investissements dans le secteur canadien des minéraux critiques. La bonne nouvelle réside dans le fait que les technologies de traitement émergentes — comme le chauffage par joule flash et l’extraction directe du lithium — pourraient modifier la courbe de coût des nouveaux projets de raffinage au Canada. L’avantage du Canada en matière d’électricité propre pourrait également constituer un facteur différenciateur à mesure que les technologies de traitement réduisent suffisamment l’intensité énergétique pour rivaliser avec la Chine.​​​​​​​​​​​​​​ Lisez le rapport Exploiter et transformer de M. Merwat, et Sept points à retenir de la PDAC.

Comment les dirigeants d’entreprises canadiennes abordent-ils les politiques climatiques ? Au cours des dernières semaines, l’équipe Action climatique a mené une tournée d’écoute afin de mesurer l’engagement des dirigeants d’entreprises canadiennes en matière d’action climatique. Voici ce que nous avons constaté : les entreprises canadiennes privilégient ce qui est réalisable. Il ne s’agit pas d’un repli, mais d’une concentration accrue sur ce qui peut être bâti, financé et déployé à grande échelle au cours de la présente décennie. Les capitaux liés à l’action climatique sont abondants. Le défi réside dans leur déploiement. Consultez l’intégralité de notre dossier de synthèse ici.

La création de demande constitue l’impulsion à l’origine de la nouvelle Coalition pour l’élimination anticipée du carbone au Canada. Lancée ce mois-ci, la coalition réunit RBC, Shopify, le gouvernement du Canada ainsi que d’autres investisseurs afin de mobiliser 100 millions de dollars de nouveaux financements destinés à des projets canadiens d’élimination du dioxyde de carbone d’ici 2030. Ces projets couvrent plusieurs secteurs — notamment l’énergie, l’industrie lourde et l’agriculture — et visent à accélérer le déploiement à grande échelle de technologies durables d’élimination du carbone. Parmi celles-ci figurent le captage direct dans l’air, le biochar, la bioénergie avec captage et stockage du carbone, l’altération accélérée des minéraux et les solutions marines d’élimination du dioxyde de carbone. Compte tenu de l’abondance de ses ressources minérales et de sa biomasse, ainsi que de son accès à des sources d’électricité propres pour les procédés de transformation, le Canada dispose d’un avantage concurrentiel dans ces modes d’élimination du carbone.

On espère que le conflit au Moyen-Orient sera de courte durée, mais il affecte déjà la croissance économique et les flux d’énergie, ainsi que les objectifs climatiques, à l’échelle mondiale.

Alors qu’une grande partie de cette région riche en pétrole et en gaz est plongée dans la crise, d’importants importateurs en Europe et en Asie s’efforcent de sécuriser d’autres sources d’approvisionnement en combustibles fossiles. Si l’énergie solaire et l’énergie éolienne sont souvent qualifiées de sources « intermittentes », le pétrole et le gaz font désormais face, eux aussi, à leurs propres incertitudes. Pour les décideurs — qu’ils se trouvent dans des pays riches en ressources énergétiques ou dans des économies qui disposent de peu d’options —, l’enjeu consiste à prendre des décisions urgentes à court terme sans compromettre les objectifs climatiques à long terme.

Voici ce qui est en jeu…

Pour le Canada : des décisions majeures, des enjeux élevés

Superpuissance refuge.Des pays préoccupés se tournent vers le Canada à la recherche d’approvisionnements en pétrole et en gaz politiquement neutres, souligne Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles. Atout supplémentaire : les hydrocarbures canadiens ne transitent pas par des points névralgiques mondiaux, mais ils se heurtent néanmoins à des obstacles logistiques sur le plan national. Le Canada peut-il accroître son rôle de fournisseur fiable sans compromettre ses objectifs climatiques ?

Les investisseurs commencent déjà à tâter le terrain. La tentation est grande de construire de nouveaux terminaux de GNL sur la côte Ouest et de nouveaux oléoducs, voire de lancer des projets sur la côte Est afin d’approvisionner l’Europe. Terre-Neuve-et-Labrador a récemment conclu une entente avec Equinor et BP p.l.c. afin de jeter les bases de la construction et de la production du projet extracôtier de 14 milliards de dollars de Bay-du-Nord. Le tracé d’oléoduc autrefois connu sous le nom de Keystone XL — désormais appelé Prairie Connector — refait, lui aussi, surface. Ces projets pourraient déclencher une poussée de croissance économique, mais ils entraîneraient presque certainement une hausse des émissions.

Enjeux provinciaux. La Colombie-Britannique et le Québec doivent désormais composer avec la tension entre leurs exigences environnementales strictes et la pression croissante visant à autoriser de nouvelles infrastructures énergétiques sur leur territoire. L’Alberta, pour sa part, devra veiller à ne pas miser de manière excessive sur les investissements dans le pétrole et le gaz dans un contexte de demande énergétique mondiale incertaine.

Pour l’Europe : un réalignement énergétique ?

Dérive continentale. La hausse de 40 % des prix du GNL en Europe à la suite de la frappe contre l’Iran a mis en évidence le peu d’options dont dispose le bloc économique. Alors que le continent demeure marqué par la perte des approvisionnements en gaz acheminés par gazoduc depuis la Russie, le choc actuel au Moyen-Orient a ébranlé le consensus européen en matière de transition verte. La décision récente de l’Italie de suspendre la tarification du carbone — ainsi que le recalibrage discret par l’Allemagne du système d’échange de quotas d’émission en place depuis plus de 20 ans — témoignent d’un virage privilégiant d’abord la sécurité énergétique plutôt que les impératifs climatiques.

Une énergie assortie de conditions. Alors que les exportations de GNL qatari transitant par le détroit d’Ormuz se tarissent, l’Europe fait face à une crise gazière à court terme, l’Italie, la Belgique et la Pologne étant plus exposées que d’autres. Si le GNL américain permet pour l’instant de combler une partie du manque, cette dépendance devient de plus en plus transactionnelle et s’accompagne de conditions politiques qui compliquent l’alliance transatlantique. Confrontée à un embargo complet sur le gaz russe et à une chaîne logistique des technologies renouvelables qui demeure dangereusement concentrée en Chine, l’Europe se retrouve dans une impasse stratégique : revenir au charbon traditionnel, payer la prime américaine, ou accélérer la transition énergétique en s’appuyant sur des chaînes logistiques dominées par la Chine.

Pour l’Asie : un signal d’alarme

Le paradoxe de l’« électro-État » : la sécurité énergétique de la Chine est aujourd’hui définie par une contradiction frappante. Destination d’environ 38 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz, Pékin a beaucoup à perdre de l’instabilité au Moyen-Orient — une vulnérabilité accentuée par la disparition du brut vénézuélien à la suite de l’éviction du régime de Maduro plus tôt cette année. Si Pékin a récemment publié un prudent 15ᵉ plan quinquennal, abaissant son objectif d’intensité carbone à 17 % afin de privilégier la stabilité industrielle, ce recul apparent masque en réalité un virage plus profond. Comme le souligne Jason Bordoff, directeur du Centre on Global Energy Policy à l’Université Columbia, en absorbant dès aujourd’hui les coûts à court terme liés aux perturbations des combustibles fossiles, la Chine prépare en fait le terrain pour consolider sa domination en tant que premier véritable « électro-État » au monde.

Le dilemme de l’Inde. Même avant la récente déstabilisation au Moyen-Orient, New Delhi avait déjà manifesté un intérêt marqué pour l’énergie canadienne, le haut-commissaire Dinesh Patnaik affirmant que l’Inde était prête à absorber « tout ce que le Canada est en mesure d’offrir ». Bien que l’Inde entretienne des liens de longue date avec les pays du Moyen-Orient, la vulnérabilité du détroit d’Ormuz — par lequel transite près de 15 % de ses importations de pétrole brut — a accéléré un mandat de diversification énergétique déjà bien établi. Pour l’Inde, la crise pourrait ainsi avoir plusieurs effets simultanés : une hausse du recours au charbon, une augmentation des importations de GNL en provenance de pays occidentaux, mais aussi une accélération des efforts visant à développer l’énergie solaire et d’autres sources renouvelables.

Le virage asiatique. Environ 37 % du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz est destiné à la Corée du Sud, au Japon et à d’autres centres régionaux — une dépendance qui impose une révision stratégique radicale. Plutôt que d’attendre que les tensions au Moyen-Orient se calment, la Corée du Sud transforme cette volatilité en catalyseur. Le président du pays a qualifié la crise de « bonne occasion d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables ».

Il reste incertain si les combustibles fossiles ou les énergies renouvelables sortiront gagnants de ce conflit catastrophique. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la course mondiale pour sécuriser les approvisionnements énergétiques s’est intensifiée.

La conférence IHS CERA, qui se tiendra à Houston à partir du 23 mars, verra une présence canadienne bien plus importante que les années précédentes, avec le pavillon Canada House et la participation de Tim Hodgson, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, accompagné de représentants d’Invest in Canada, d’Innovation, Sciences et Développement économique Canada et d’Affaires mondiales Canada, entre autres.

Le défi pour le Canada consiste à attirer les investissements américains tout en diversifiant ses sources de capitaux afin de préserver sa souveraineté et de réduire sa dépendance au marché américain.

—Quatre thèmes stratégiques pour le Canada lors de l’événement :

  • Veiller sur la sécurité énergétique : Positionner le Canada comme une superpuissance énergétique à la fois propre et conventionnelle, sûre et stable.

  • Being resourceful: Showcase Canada’s leadership in innovation, research and development, and emissions reduction in energy;

  • Soutenir l’équipe Canada : Appuyer les entreprises énergétiques en valorisant les avantages du Canada comme destination privilégiée pour les investissements dans le secteur de l’énergie.

  • Exploiter l’angle de la souveraineté : Souligner la souveraineté énergétique du Canada et sa capacité à répondre à la demande énergétique mondiale croissante grâce à une diversification des marchés.

— Plusieurs provinces canadiennes, entreprises énergétiques et leaders d’opinion contribueront à amplifier ce message, avec notamment la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith prévue à l’une de ces discussions.

— Avec le lancement, cette année, des travaux routiers dans le Cercle de feu riche en minéraux et l’adoption d’une nouvelle Stratégie sur les minéraux critiques, le ministre de l’Énergie et des Mines de l’Ontario, Stephen Lecce, participera à une discussion sur la nouvelle géopolitique des minéraux critiques.

— Canada House proposera une programmation couvrant le pétrole, l’énergie nucléaire, le GNL, l’intelligence artificielle appliquée à l’énergie, l’investissement au Canada et les technologies de réduction du méthane. Le ministre Tim Hodgson participera à certaines séances, y compris « Capital in Motion: Funding an Infrastructure Supercycle ». Une autre séance, animée par Sharleen Gale, présidente de la First Nations Major Projects Coalition, portera sur la livraison de l’énergie canadienne dans les marchés mondiaux.

—D’autres séances aborderont le GNL à faible empreinte carbone du Canada, les réacteurs nucléaires de nouvelle génération, le leadership canadien en matière d’innovation sur le méthane, les technologies propres assistées par intelligence artificielle, ainsi que les avancées et les obstacles dans l’acheminement du pétrole canadien vers les marchés internationaux.

— Le monde est confronté à une pénurie de cuivre. John Stackhouse et Shaz Merwat expliquent quel rôle le Canada peut jouer.

— Le secteur agricole se demande pourquoi les agriculteurs canadiens ne participent pas à grande échelle aux marchés carbone réglementaires pour générer des crédits compensatoires. Lisa Ashton, cheffe intérimaire, a présenté les conclusions d’Action climatique 2026 lors de la Conférence annuelle sur la durabilité de l’agriculture canadienne, et la tarification du carbone a dominé la période de questions.

Dale Beugin et Ross Linden‑Fraser, de l’Institut canadien du climat, expliquent pourquoi la tarification du carbone industriel ne coûtera qu’un Timbit par baril pour le secteur des sables bitumineux au Canada.

— ESG signifie désormais énergie, sécurité et géopolitique, écrit Liam Denning, chroniqueur d’opinion chez Bloomberg.

— Les provinces et territoires canadiens ont signé un accord pour construire l’infrastructure de transmission nécessaire à la prochaine génération de croissance énergétique du pays. Tim Weis, de Pembina, en explique l’importance.

— Ce ne sont pas seulement les derniers droits de douane américains qui ont fragilisé le secteur canadien du bois d’œuvre. Salim Zanana, Services économiques RBC, détaille les milliers de suppressions d’emplois.

Créé par Yadullah Hussain, Directeur de rédaction, RBC Institut d’action climatique.

Le bulletin Bouleversements climatiques ne pourrait pas exister sans la collaboration dJohn StackhouseSarah PendrithJordan Brennan, John Intini, Farhad PanahovLisa AshtonShaz MerwatVivan SorabCaprice Biasoni et Lavanya Kaleeswaran.

Avez-vous des commentaires, des félicitations ou, euh, des critiques à faire ? Écrivez-moi à (mailto:yadullahhussain@rbc.com).

Bulletin d’information sur le climat

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