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Leadership avisé RBC IA, technologie et innovation Que faut-il pour que la Bow Valley devienne la Silicon Valley de l’Alberta?
IA, technologie et innovation

Que faut-il pour que la Bow Valley devienne la Silicon Valley de l'Alberta?

Alice Reimer et Marty Reed expliquent pourquoi l'Alberta et le Canada pourraient repenser maintenant l'économie en vue de l'après-COVID-19.

Temps de lecture 5 minutes

Une pandémie mondiale qui anéantit la demande de sa principale exportation. Une guerre des prix déclenchée par des pays étrangers. Des voix de plus en plus nombreuses qui l’appellent à transformer sa production pour participer à la lutte contre les changements climatiques.

Toutefois, ces menaces sont autant de possibilités qui s’offrent à nos meilleurs producteurs de pétrole et de gaz de transformer leurs activités et de devenir des chefs de file mondiaux, tout en contribuant à bâtir une nouvelle économie.

Alice Reimer et Marty Reed sont des innovateurs de premier plan de l’Ouest du Canada. Mme Reimer dirige le Creative Destruction Lab de Calgary et est cofondatrice de la plateforme de placement the51. M. Reed est chef de la direction de la société de capital-risque Evok Innovations, qui bénéficie du soutien de deux grandes sociétés pétrolières du Canada, soit Cenovus et Suncor, ainsi que de l’association BC CleanTech Alliance. Mme Reimer et M. Reed ont participé à une baladodiffusion de la série Les innovateurs RBC, au cours de laquelle ils ont expliqué pourquoi la situation actuelle offre à l’Alberta et au Canada l’occasion de réinventer avec créativité l’économie après-COVID-19 en vue de transformer la Bow Valley de l’Alberta en Silicon Valley.

Selon Mme Reimer, « la course à l’innovation ne se déroule pas à l’échelle régionale, mais à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas d’être les meilleurs au Canada, mais plutôt de livrer concurrence sur la planète. »

M. Reed imagine un bel avenir dans lequel l’Alberta est véritablement un titan du secteur mondial de l’énergie, non cantonné dans l’industrie pétrolière et gazière, qui aurait les moyens d’abriter une compagnie d’énergie en tant que service d’un millier de milliards de dollars d’ici une décennie. Pour y arriver, il faut « changer de perspective et adopter une culture différente » axée sur les idées et les modèles d’invention novateurs.

« Cette transition fondamentale doit se produire pour que Calgary puisse réellement adhérer à la nouvelle économie et y progresser », ajoute-t-il.

Il s’agit notamment d’élaborer une « politique intelligente » propice à la création d’un environnement favorable au développement de sociétés, de solutions et de technologies efficaces et à leur épanouissement. Prenons par exemple la Californie, berceau de la Silicon Valley, qui ambitionne d’atteindre la carboneutralité d’ici 2045. M. Reed indique que l’État se situe à l’avant-garde grâce à ses mesures qui ont procuré des avantages démesurés au secteur de l’innovation, comme la loi intitulée Buy Clean California Act ou la dispense qui lui permet de promouvoir les véhicules à émission zéro. Les autorités créent ainsi un environnement attrayant pour les technologies de pointe, comme le système de capture de carbone mis au point par la société Svante (établie en Colombie-Britannique), dont l’utilisation est envisagée dans des installations industrielles de la Californie.

« En ce moment, tous les travaux sont menés aux États-Unis, et ce serait évidemment merveilleux si une partie d’entre eux était effectuée ici au Canada », précise M. Reed.

Calgary fait partie des 15 principaux pôles mondiaux des technologies propres et ne manque pas d’idées. La ville n’a toutefois pas encore réussi à progresser à l’échelle mondiale. L’an dernier, Calgary a compté à peu près le même nombre d’opérations dans le secteur de la technologie que la région de Kitchener-Waterloo, mais leur montant a été plus de trois fois inférieur.

Comment l’Alberta, et le Canada, doivent donc s’y prendre pour faire avancer les choses ?

Un : Investir considérablement dans l’enseignement supérieur de calibre mondial

« Les grandes villes rayonnent autour des grands centres de recherche universitaire, affirme Mme Reimer. Il ne suffit pas d’avoir une université qui figure parmi les meilleures au Canada,. Il faut que nos universités se distinguent dans le monde et se mesurent aux autres établissements qui y sont implantés. »

M. Reed est d’accord : « Je ne pense pas avoir déjà entendu des dirigeants dire qu’ils auraient dû consacrer moins d’argent à l’enseignement. »

Deux : Choisir quelques avantages concurrentiels et redoubler d’efforts pour les valoriser

Nous avons une longueur d’avance dans le domaine de la capture de carbone (pensez à Svante) et des réserves abondantes de gaz naturel, que nous pourrions décarboniser pour produire de l’énergie d’hydrogène, sans oublier notre dynamisme dans le domaine de l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique. Que devons-nous faire pour nous imposer mondialement dans ces domaines ?

Trois : Attirer les meilleurs cerveaux du monde grâce à une politique ambitieuse d’immigration.

La quête ne se limite pas aux scientifiques et aux chercheurs. L’Alberta devra compter davantage d’entrepreneurs et d’investisseurs des quatre coins du monde et, qui plus est, de tout le pays.

Quatre : Attirer le capital-risque pour financer les récentes innovations et les entreprises montantes, ainsi que le capital de sociétés pour leur donner une envergure mondiale.

« Une énorme richesse a été créée dans le secteur du pétrole et du gaz au cours des décennies, fait valoir Mme Reimer. Bon nombre de ceux qui ont engendré cette richesse se disent intéressés à participer à la constitution de sociétés et investir dans des sociétés naissantes qui favoriseront la diversification.

L’Alberta devra réunir un capital beaucoup plus important pour concrétiser cette ambition : il faudra du capital-risque pour prendre les gros risques que chérissent les entrepreneurs, des fonds publics pour établir les infrastructures nécessaires et du capital d’institutions et de sociétés pour faire essaimer les idées dans le monde.

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