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Les banques centrales garderont le cap en 2026

Les facteurs démographiques influencent la croissance du Canada : Comme la croissance démographique sera nulle en 2026, la croissance du PIB sera plus lente; elle sera aussi entièrement attribuable à un gain par habitant dans la foulée des baisses du taux directeur passées de la banque centrale. Voilà qui marque un changement important par rapport aux tendances de l’année dernière.

Des difficultés sont anticipées aux États-Unis : En 2025, la croissance du PIB a surpris à la hausse, malgré le ralentissement du marché de l’emploi. On peut en déduire que ce sont les gains de productivité, et non la création d’emplois, qui ont alimenté l’expansion économique. Reste à savoir si ces gains se maintiendront. Cette incertitude et d’autres assombrissent les perspectives.

Les banques centrales devraient maintenir leur orientation : Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada (BdC) et la Réserve fédérale américaine (Fed) maintiennent leurs taux d’intérêt inchangés en 2026. Les taux canadiens se situent à un niveau neutre et les taux américains restent légèrement restrictifs.

Le plafonnement de l’immigration et le vieillissement de la population freinent l’expansion de la population active au Canada et aux États-Unis. Par conséquent, le nombre d’emplois qui doivent être créés chaque mois pour maintenir le taux de chômage à un niveau stable est plus faible. Nous utilisons notre estimation du point d’équilibre de l’emploi comme mesure de référence pour évaluer la santé du marché du travail.


La croissance démographique du Canada tombera au point mort en 2026 pour la première fois depuis les années 1950, en raison de la réorientation de la politique fédérale d’immigration. Par conséquent, la croissance globale du PIB sera uniquement attribuable à des gains par habitant. Après le revirement de 2025, nous nous attendons à ce que le PIB par habitant augmente plus rapidement cette année, grâce aux mesures d’assouplissement déjà adoptées par la banque centrale.



À l’échelle mondiale, les tensions géopolitiques dominent les manchettes et minent la confiance, mais à court terme, elles ont probablement peu d’incidence sur nos prévisions. Par exemple, l’intervention américaine au Venezuela n’entraînera pas d’augmentation notable de la production de pétrole en 2026, car les infrastructures ont été négligées pendant des décennies; elles nécessiteront des investissements massifs et continus ainsi qu’une stabilité opérationnelle pour être remises en état.

Dans l’ensemble, nos perspectives pour le Canada ont peu changé depuis le mois dernier. Nous prévoyons toujours que la croissance du PIB ralentira en 2026, par rapport à 2025, du fait de la croissance démographique nulle. Cependant, malgré ce déclin, les conditions se raffermiront, comme le montreront l’augmentation de la croissance du PIB réel par habitant, le recul graduel du taux de chômage et la stabilité générale de l’inflation de base des prix à la consommation (même si elle demeurera supérieure à la cible).

Plus précisément :

  • Nous maintenons nos prévisions de croissance du PIB à 1,3 % pour 2026, ce qui représente un léger recul par rapport au taux de 1,7 % observé en 2025. Comme la croissance démographique sera nulle, le PIB par habitant augmentera de 1,3 % cette année, comme le PIB total, contre 0,8 % en 2025. Ce sera la deuxième hausse annuelle consécutive après les diminutions enregistrées en 2023 et 2024.

  • Bien que modeste, à 1,3 %, la croissance du PIB surpassera quand même la croissance potentielle, de 0,7 %, en 2026. Celle-ci est freinée par des problèmes persistants de productivité et une diminution du nombre d’heures travaillées. Par conséquent, l’écart de production négatif de l’économie se resserrera progressivement, avant d’être complètement éliminé en 2027.

  • Les marchés du travail devraient reprendre de la vigueur. Nous nous attendons à ce que le taux de chômage recule graduellement, pour passer de 6,8 % à 6,3 % d’ici le quatrième trimestre de 2026. En raison du ralentissement marqué de la croissance démographique, la création d’emplois n’aura pas besoin d’être forte cette année pour que les conditions d’emploi par travailleur s’améliorent (ces conditions étant mieux mesurées par le taux de chômage). Vous trouverez ci-dessous les précisions sur notre estimation du point d’équilibre de l’emploi.

  • L’inflation devrait avoisiner la cible de 2 %, mais il s’agit d’un équilibre fragile. L’inflation de base restera probablement au-dessus de la cible de 2 %. Les prix de l’énergie pourraient fluctuer plus que d’habitude en raison des risques géopolitiques, tandis que l’inflation des prix des aliments s’accélère, tout comme celle des prix des marchandises agricoles (en particulier de la viande), du fait de pénuries qui prendront du temps à se résorber.

  • La Banque du Canada (BdC) ne devrait pas modifier les taux d’intérêt en 2026. Il est plutôt prévu qu’elle les relève modérément en 2027, une fois que l’écart de production sera résorbé et que l’inflation de base sera stabilisée. Le raffermissement de l’activité (par habitant) risque d’attiser l’inflation, de sorte que les hausses de taux pourraient être avancées à 2026.

  • Enfin, nos prévisions tablent sur le maintien des exemptions prévues dans l’ACEUM lors de la révision prévue de l’Accord qui commencera en juillet, ainsi que sur des droits de douane sectoriels supplémentaires limités. Une escalade soudaine des droits de douane, bien que peu probable, demeure un risque de baisse important pour nos prévisions.

La nouvelle année n’a pas apporté les éclaircissements que nous avions espérés à propos de l’économie américaine. Les difficultés se multiplient : les perturbations dans la publication des données causées par la paralysie du gouvernement empêchent encore d’avoir une idée précise de la situation; la remise en question de la légalité des droits de douane imposés aux termes de l’IEEPA, ses répercussions sur la collecte et le remboursement des droits, et les effets des droits sur l’économie demeureront très incertains, même après que la Cour suprême aura rendu sa décision.

En 2025, la croissance du PIB des États-Unis n’a cessé de surprendre à la hausse. Comme le marché du travail s’est affaibli et que le taux de chômage a augmenté, la croissance économique a été entièrement alimentée par la hausse de la productivité implicite de la main-d’œuvre. Le nombre d’heures travaillées n’a augmenté que de 0,6 %, selon la moyenne annualisée, entre le deuxième trimestre et le quatrième trimestre. Il a même carrément reculé de 1 % par trimestre dans le secteur manufacturier, qui dépend des échanges commerciaux.

Selon les données préliminaires, la demande des consommateurs est demeurée vigoureuse et le déficit commercial s’est contracté au quatrième trimestre de 2025. Par conséquent, nous avons revu à la hausse nos prévisions de croissance du PIB pour ce trimestre, mais pour l’instant, nous n’avons pas modifié nos perspectives générales pour 2026, qui tablent sur une inflation de base des prix à la consommation supérieure à la cible et une croissance du PIB inférieure à la tendance.

Plus précisément :

  • Nous avons relevé à 3,1 % nos estimations pour la croissance du PIB des États-Unis au quatrième trimestre de 2025, après qu’elle a surpassé les attentes au troisième trimestre (4,3 %). Pour le quatrième trimestre, nous croyons que l’élan de la consommation des ménages s’est maintenu, parallèlement à une amélioration de la balance commerciale attribuable à la hausse des exportations d’or non monétaire. Cette vigueur a été en partie neutralisée par l’effet négatif de la paralysie du gouvernement, d’une durée de six semaines, qui s’inversera au premier trimestre de 2026.

  • Après le relèvement des prévisions de croissance du PIB effectué au deuxième semestre de 2025, les prévisions pour 2025 et 2026 ont augmenté, de 1,9 % et de 1,7 %, respectivement, à 2,3 % et à 2,4 %. L’augmentation visant 2026 reflète un point de départ plus élevé. Nous n’avons pas rajusté les estimations trimestrielles d’une croissance du PIB uniformément plus faible et inférieure à 2 %.

  • Nos prévisions d’un ralentissement du marché de l’emploi demeurent inchangées. Malgré les surprises à la hausse de la croissance du PIB, le taux de chômage a augmenté tout au long de 2025, tandis que la création d’emplois a stagné. La faible demande de main-d’œuvre a allongé la période de recherche d’emploi pour les nouveaux venus sur le marché du travail, ce qui devrait, selon nous, continuer de faire grimper le taux de chômage jusqu’à 4,6 % au premier semestre de 2026.

  • L’IPC de base aux États-Unis devrait osciller autour de 3 % tout au long de 2026. Ce taux est nettement supérieur à la cible de 2 % fixée par la Fed en raison des effets à retardement des droits de douane. La méthode utilisée par le BLS pour traiter la composante de l’équivalent de loyer des propriétaires dans le relevé de l’IPC d’octobre et de novembre a exacerbé la volatilité. Cette composante pourrait entraîner une baisse des données annuelles à court terme, puis une hausse en avril.

  • La Fed devrait maintenir le statu quo en 2026, car elle doit composer avec les pressions opposées des deux volets de son mandat. Les pressions politiques sur la Fed suscitent des inquiétudes grandissantes, mais nous croyons que ses décisions demeurent à l’abri de ce type d’influence. Nous prévoyons que la fourchette du taux des fonds fédéraux de 3,5 % à 3,75 % restera inchangée cette année, avant de baisser en 2027.

2.25%

0 pb en déc. 2025

0 pb

janv. 2026

En décembre, la Banque du Canada (BdC) a annoncé un maintien du taux, comme la plupart s’y attendaient. Les données publiées après la réunion donnent à penser que la reprise du marché canadien de l’emploi pourrait être inégale, même si elles concordent avec la lente absorption des capacités excédentaires de l’économie que la BdC et nous-mêmes prévoyons. Notre scénario de base prévoit qu’il n’y aura pas d’assouplissement supplémentaire de la politique monétaire ni de hausse de taux avant 2027. Il y a toutefois un risque que cette hausse survienne plus tôt.

3.5-3.75%

-25 pb en déc. 2025

0 pb

janv. 2026

Après la réunion de décembre, le président de la Fed, Jerome Powell, a indiqué que la décision (une réduction de 25 pb) avait été prise avec une faible majorité et il a laissé entendre que le statu quo serait maintenu lors des prochaines réunions. Le dernier rapport sur le marché du travail publié après la réunion a fait état d’une amélioration, mais nous nous attendons à ce que les tensions persistent des deux côtés du mandat de la Fed, ce qui limitera sa marge de manœuvre. Nous prévoyons maintenant que la fourchette du taux des fonds fédéraux restera de 3,5 % à 3,75 % cette année.

3.75%

-25 pb en déc. 2025

-25 pb

févr. 2026

Le Comité de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre a voté à 5 voix contre 4 pour abaisser le taux directeur de 25 pb en décembre, tout en maintenant ses prévisions d’assouplissement supplémentaire de sa politique restrictive si les données le permettent, plus précisément si l’inflation continue de ralentir alors que le marché de l’emploi s’essouffle. Nous maintenons nos prévisions de deux autres baisses en février et en avril, ce qui portera le taux directeur à un niveau final de 3,25 %.

2.00%

0 pb en déc. 2025

0 pb

févr. 2026

Nous demeurons à l’aise avec notre prévision selon laquelle le taux des dépôts restera à 2 % en 2026. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé les taux inchangés en décembre et maintenu sa prévision de statu quo. Les prévisions à court terme du personnel de la BCE pour le PIB et l’inflation de base ont été révisées à la hausse. En ce qui concerne l’inflation, les projections tenaient compte de la forte croissance des salaires, qui a stimulé l’inflation dans le secteur des services, et tablaient toujours sur un retour à la cible de 2 % d’ici 2028.

3.60%

0 pb en déc. 2025

0 pb

févr. 2026

La Banque de réserve d’Australie (BRA) a laissé le taux des liquidités inchangé en décembre, même si le gouverneur Bullock a indiqué que les surprises à la hausse consécutives des données avaient suscité des discussions sur les hausses de taux. Les données publiées depuis la réunion ont mis en évidence un certain relâchement de l’inflation, ainsi qu’une consommation des ménages plus élevée que les dernières prévisions de la BRA au quatrième trimestre. Nous nous attendons à ce que la BRA garde le cap en 2026, mais les choses pourraient changer lors de la prochaine réunion qui aura lieu en février.

Le resserrement de la politique d’immigration et le vieillissement de la population ont ralenti la croissance de la population active au Canada et aux États-Unis en 2025. Par conséquent, le nombre d’emplois qui doivent être créés chaque mois pour répondre à la croissance de la population active et assurer la stabilité du taux de chômage est moins élevé.

Ce nombre correspond au « point d’équilibre de l’emploi » et il diminue dans les deux économies. En termes simples, tous les emplois créés en sus du point d’équilibre, quel qu’en soit le niveau, signalent une amélioration du marché du travail et feraient baisser le taux de chômage.

Il peut en résulter un décalage apparent, à savoir des prévisions de faible croissance de l’emploi sans détérioration de l’économie ni hausse du taux de chômage. C’est très différent de la façon dont nous considérons habituellement les retombées de la croissance de l’emploi sur l’ensemble de l’économie.

Au Canada, nous estimons que le point d’équilibre de l’emploi s’établira en moyenne à -10 000 par mois cette année, contre 25 000 en 2025; c’est aussi nettement en deçà du niveau élevé de 60 000 en 2023 et 2024, une période marquée par l’expansion de l’immigration et de la population.

Conséquence de ce déclin, de modestes pertes d’emplois qui susciteraient normalement des craintes de récession seraient plutôt tout à fait compatibles avec une amélioration des conditions sur le marché du travail. Nous prévoyons que le taux de chômage au Canada baissera à 6,3 % d’ici la fin de l’année, grâce à des gains modestes, mais généralement positifs.

Un redressement de la demande des ménages, combiné à un ralentissement de la croissance de la population active et à une stagnation de la productivité, pourrait entraîner une réapparition des pénuries de main-d’œuvre. Au cours de la prochaine décennie, la politique canadienne d’immigration devra trouver le juste équilibre entre apaiser les préoccupations entourant une croissance démographique rapide et lutter contre la pénurie de main-d’œuvre.



La politique d’immigration stricte et le vieillissement de la population redéfinissent également la population active aux États-Unis, c’est pourquoi nous avons abaissé notre estimation du point d’équilibre de l’emploi, de 100 000 en 2024 à 40 000 en 2025. Nous reverrons ces estimations à la suite des révisions des données de référence du QCEW et les rajustements démographiques apportés à l’enquête auprès des ménages au printemps.

Globalement, et contrairement au marché canadien du travail, qui semble avoir touché un creux, la faiblesse cyclique devrait se poursuivre aux États-Unis selon nous, le taux de chômage atteignant un sommet de 4,6 %, avant de reculer graduellement plus tard cette année. Cela signifie que le ralentissement de la création d’emplois observé à la fin de 2025 continuera à court terme.

Enfin, il est important de noter que le point d’équilibre de l’emploi n’est pas fixe. Il continuera de fluctuer en fonction des changements apportés à la politique d’immigration et des tendances démographiques à long terme. Pour tout savoir sur notre estimation du point d’équilibre de l’emploi, cliquez ici pour celle concernant le Canada et ici pour celle concernant les États-Unis.



Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.

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