Trop long ; pas lu
- Dans l’économie mondiale, l’eau compte pour quelque 58 mille milliards de dollars par an, soit 60 % du PIB de la planète. L’alimentation, les infrastructures et l’énergie dépendent de cette ressource. Or elle est menacée.
- AquaAction mise sur l’innovation. Bénéficiant depuis 2017 de l’appui de RBC Fondation, l’organisme aide les municipalités et les entreprises à mettre en œuvre les technologies éprouvées dont les collectivités et l’économie canadiennes ont besoin en matière d’eau.
- RBC Fondation vient d’accorder à AquaAction une subvention de 2 M$ sur trois ans pour son programme AquaEntrepreneur.
- Depuis 2015, AquaAction a financé et accompagné plus de 125 entreprises, contribuant dans la foulée à la création de 900 emplois par le jeu du mentorat, de l’accès aux réseaux stratégiques et de l’acquisition de clientèle.
- Plus de 700 solutions ont ainsi été mises en œuvre dans l’ensemble du Canada afin d’optimiser la détection des fuites, le contrôle des contaminants, la réutilisation locale des eaux, etc.
Le Canada détient environ 20 % des eaux douces de surface de la planète. Selon plus de la moitié des Canadiens, c’est sa ressource naturelle la plus abondante, loin devant les autres – y compris les forêts. Mais qui dit abondance ne dit pas sécurité. Canalisations vétustes, contamination, augmentation de la demande, changements climatiques : nos infrastructures hydriques sont mises à rude épreuve. La protection des eaux douces exige de la volonté et d’actives mesures de gérance.
Organisme canadien à but non lucratif, AquaAction entend remédier aux insuffisances actuelles. Fondé en 2015 et épaulé depuis 2017 par RBC Fondation, il aide les entreprises spécialisées à tirer de leurs prototypes des solutions clés en main destinées aux municipalités et aux industries concernées.
« L’eau est à l’origine de chaque haut fait canadien, relève Soula Chronopoulos, présidente d’AquaAction. Elle est la référence universelle : les cours d’eau nous abreuvent, la glace joue un rôle de premier plan dans nos arénas, les voies d’eau ont été les premières artères de communication du pays… »
Quels sont les grands défis à relever ?
Près des trois quarts des Canadiens se disent très ou passablement préoccupés de la qualité des eaux douces, et s’estiment peu informés en la matière.
« Sur le papier, les réserves du pays semblent gigantesques, dit Mme Chronopoulos, mais cette abondance crée facilement un faux sentiment de sécurité. »
De fait, tout le monde ne dispose pas d’un accès fiable à de l’eau saine. Dans de nombreuses communautés autochtones ou localités rurales, les avis d’ébullition sont fréquents. Ailleurs, la ressource subit une pression croissante due à la pollution, à la surutilisation et aux fluctuations climatiques.

« Avec les changements climatiques, tout devient imprévisible, détaille Mme Chronopoulos. Les inondations et les épisodes de sécheresse gravissimes se multiplient, les périodes de feux de forêt s’allongent et les précipitations catastrophiques mettent à mal des infrastructures devenues obsolètes. Elles n’ont pas été conçues pour le climat actuel, et encore moins pour celui sous lequel il nous faudra vivre bientôt. »
L’enjeu dépasse le simple cadre environnemental. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) estime à 58 mille milliards de dollars – soit 60 % du PIB mondial – la valeur économique annuelle de l’eau et des écosystèmes liés à l’eau douce. « Ce sont des enjeux de sécurité alimentaire, de sécurité des infrastructures, de sécurité énergétique », souligne Mme Chronopoulos.
La conclusion est sans appel : « Ce n’est pas de plus d’eau que nous avons besoin, mais de meilleurs mécanismes de gérance. »
Un élément clé : les solutions intelligentes
Il existe des technologies intelligentes qui permettent de tirer un meilleur parti de l’eau disponible. Comment ? En réduisant le gaspillage, en repérant plus vite les contaminants et en recyclant les eaux usées. Comme l’explique Mme Chronopoulos, ces solutions font appel simultanément aux systèmes physiques, à des approches naturelles et à des outils numériques. C’est sur ces trois axes qu’agissent les entreprises financées et accompagnées par AquaAction. Quelques exemples :
- Au Québec, Ecotime capte l’eau de pluie pour l’utiliser dans les bâtiments.
- Ozero protège les lacs contre les espèces envahissantes avant qu’elles ne s’incrustent.
- Clean Nature se sert de l’intelligence artificielle pour éviter que les sels de voirie ne se retrouvent dans les cours d’eau.
- Motmot fait inspecter les vieilles conduites par des robots, afin d’en prévenir le bris.
- O’land Water Stations conçoit des postes de ravitaillement et les installe lors des manifestations sportives organisées au Canada et aux États-Unis ; la Coupe du Monde de la FIFA en est un excellent exemple. Il a été ainsi possible d’économiser plus de deux millions de bouteilles en plastique.
Toutes ces entreprises ont en commun le lien entre l’eau et l’énergie.
« Pour devenir vert, vous devez passer par le bleu, résume Mme Chronopoulos. Chaque litre d’eau qu’il faut pomper, chauffer, traiter, transporter ou rejeter a une empreinte énergétique. En réduisant les fuites et en surveillant mieux les systèmes, on diminue la consommation d’énergie et les émissions connexes. L’innovation climatique passe donc par l’innovation dans le domaine de l’eau. »
AquaAction contribue à la mise en œuvre sur le terrain des technologies conçues au laboratoire
Fondée il y a plus de dix ans par la Fondation de Gaspé Beaubien, AquaAction a pour mandat d’accélérer la mise en marché des technologies canadiennes qui entourent la gestion de l’eau et qui restent souvent au stade de prototype. « Au Canada, nous sommes le seul organisme voué à l’innovation et à la commercialisation dans le domaine de l’eau douce, précise Mme Chronopoulos. C’est une grosse responsabilité. Être conscient d’un problème et le résoudre sont deux choses bien différentes. L’eau soulève des défis complexes. Nous sommes le trait d’union entre innovation et mise en œuvre. »
Ce rôle de transmetteur d’ordres repose sur quatre programmes successifs dont chacun contribue à passer de l’idée à sa matérialisation sur le terrain.
- AquaHacking. Objectif : réunir étudiants, chercheurs et jeunes professionnels décidés à relever tel ou tel défi grâce au capital-risque.
- AquaEntrepreneur. Objectif : aider les fondateurs à acquérir les compétences voulues pour mettre telle ou telle technologie en marché, par le jeu de l’accompagnement et du mentorat, des projets pilotes et de la mise en contact direct avec les municipalités ou les industriels qui acceptent d’adopter la technologie en question.
- AquaNation. Objectif : aider les anciens participants à rester dans la collectivité afin d’y promouvoir les solutions et de mener des missions commerciales.
- Projet de littératie de l’eau. Objectif : familiariser les jeunes avec les questions de gestion de l’eau et les carrières connexes.

Comme le savent de nombreux entrepreneurs, ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent, mais l’accès au mentorat, aux réseaux et aux bassins de clientèle. C’est particulièrement vrai dans le secteur des technologies hydriques où, après des années de conception, il en faut parfois autant pour gagner la confiance des utilisateurs potentiels.
« En matière d’innovation, la plupart des programmes ne dépassent pas le stade de l’idée ou du projet pilote. AquaAction est présente jusqu’à la mise en œuvre, à la signature du contrat, voire aux étapes suivantes », mentionne Mme Chronopoulos.
Impact d’AquaAction sur le secteur canadien de l’eau
Depuis 2015, AquaAction contribue à faire sortir de l’ombre le secteur canadien des technologies hydriques.
- Plus de 125 entreprises épaulées (financement, accompagnement, mise en contact avec les industriels)
- Plus de 900 emplois créés dans les entreprises en question
- 130 M$ recueillis par les entreprises auprès d’investisseurs et de bailleurs de fonds publics
- Plus de 700 mises en œuvre à l’échelle nationale (installations pilotes, projets de restauration, initiatives des industriels)
- Un volume d’eau économisée équivalant à 140 000 piscines olympiques et une réduction de l’empreinte carbone équivalant à 85 000 arbres
Le programme AquaEntrepreneur (celui que RBC Fondation a décidé d’épauler particulièrement) joue le rôle de locomotive. Depuis 2022 :
- 200 M$ de chiffre d’affaires généré par les entreprises participantes
- 550 projets pilotes et 49 M$ de contrats signés avec des municipalités ou des industriels
- La multiplication par 19 de l’investissement initial du gouvernement du Québec

Pourquoi le financement à long terme importe-t-il particulièrement dans ce domaine ?
RBC Fondation va accorder à AquaAction une subvention de 2 M$ sur trois ans pour son programme AquaEntrepreneur, qui vise à doter les municipalités, les industriels et les agences publiques du savoir-faire technique, de la validation par les tiers et des guides d’installation voulus pour mettre en œuvre en toute confiance des solutions intelligentes de gestion de l’eau. Ce soutien s’appuie sur les 4,2 millions de dollars investis par RBC Fondation jusqu’à maintenant et s’inscrit dans l’engagement global pris par RBC, RBC Fondation et RBC Fondation – É.-U. de consacrer 2 milliards de dollars à l’investissement dans la collectivité d’ici 2035. RBC, l’une des plus importantes sociétés donatrices au Canada, collabore avec des milliers d’organismes de bienfaisance et d’OBNL partout au pays et à l’étranger pour contribuer à la consolidation de nos collectivités.
Aux côtés d’Environnement et Changement climatique Canada et du groupe Hélios, AquaAction mènera 60 projets pilotes et procédera à 30 installations complètes dans six villes. Cela devrait permettre d’économiser 120 milliards de litres d’eau douce et de réduire de 12 000 tonnes les émissions de CO2.
« Le premier client institutionnel joue un rôle clé, selon Mme Chronopoulos. Sitôt obtenues des lettres de créance auprès d’une municipalité, d’un centre de données, d’un grand industriel ou du gouvernement fédéral, on voit s’ouvrir 50 autres portes. »
« RBC Fondation a compris quelque chose qui échappe à certains bailleurs de fonds : bâtir une plateforme comme la nôtre prend du temps. Il est rare de voir un partenaire faire preuve d’autant de patience pendant que s’établissent le processus, les relations et tout l’écosystème. Cela n’a pas de prix. »
Comme le rappelle Mme Chronopoulos, c’est la solidité de ses infrastructures qui fait la vitalité d’une collectivité. Et quoi de plus essentiel que l’eau ? « Grâce au soutien de RBC Fondation, nous avons acquis la capacité de traduire l’ambition dans les faits. »
Pour en savoir plus, visitez rbc.com/collectivitesplusfortes