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Subventions et obstacles : perspectives sur la stratégie automobile du Canada

La nouvelle stratégie automobile du Canada démontre qu’Ottawa tient à soutenir ce pilier central du secteur manufacturier du pays, malgré les pressions découlant des droits de douane et les commentaires de Donald Trump affirmant que les Américains n’ont « pas besoin de voitures fabriquées au Canada ». La stratégie vise à ouvrir une nouvelle voie pour le secteur en misant sur les véhicules électriques (VE), qui représentaient un marché mondial de 750 milliards de dollars américains en 2025.1

Les incitatifs sont de retour, mais ils ne devraient pas entraîner une hausse significative des ventes. Les gouvernements provinciaux mettent progressivement fin à leurs programmes de subventions, et le nombre de véhicules admissibles est restreint.

Le gouvernement prévoit que son nouveau programme de subvention de 2,3 milliards de dollars, qui offrira jusqu’à 5 000 $ aux consommateurs qui achètent un VE d’une valeur maximale de 50 000 $, permettra la mise en circulation de 840 000 véhicules électriques d’ici 2030.

L’incidence globale sur l’adoption pourrait toutefois être modeste. Au moins sept achats sur dix effectués dans le cadre de l’ancien programme fédéral ont bénéficié d’une subvention, généralement combinée à des remises provinciales. Or, le soutien provincial diminue également. Le gouvernement du Québec, qui proposait auparavant une subvention cumulable de 7 000 $, n’offre aujourd’hui que 2 000 $, tandis que la subvention de 4 000 $ offerte par la Colombie-Britannique pour l’achat de VE a pris fin. La plupart des autres provinces ont aussi réduit leurs mesures incitatives : l’Île-du-Prince-Édouard a diminué le montant de ses remises, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse mettent fin aux leurs, tandis que les remises offertes par le Manitoba et Terre-Neuve expirent en mars.

Le seuil de valeur des opérations de 50 000 $ fixé pour le segment grand public est aussi susceptible de limiter l’adoption. La liste des véhicules admissibles à une subvention ne compte que 18 modèles2, qui ne représentaient que 30 % des ventes de VE en 2024 et en 20253.

Le prix des VE est encore élevé, et les voitures chinoises pourraient ne pas apporter l’allègement escompté

L’an dernier, le prix moyen d’un VE neuf au Canada était d’environ 70 000 $4. L’importation de 49 000 véhicules dans le cadre du nouvel accord avec la Chine pourrait donc se révéler avantageuse. Toutefois, le coût final d’un VE chinois risque d’être supérieur aux attentes, car les importations chinoises sont toujours soumises à un droit de douane de 6,1 %, auquel s’ajoutent les frais d’expédition des véhicules vers le Canada. De plus, les constructeurs chinois chercheront probablement à accroître leurs marges bénéficiaires par rapport à leur marché intérieur concurrentiel, qui compte plus de 50 marques.

Dans l’ensemble, la baisse des prix des VE a ralenti, d’autant plus que les prix des batteries – qui représentent environ le tiers des coûts des VE – se stabilisent également. En effet, la différence de 25 à 40 % entre le coût d’un VE chinois et celui d’un VE américain est principalement attribuable à l’efficacité des processus de fabrication de batteries5. De plus, la récente réduction des projets de déploiement de VE des Detroit Three (Ford, GM et Stellantis) pourrait ralentir davantage la diminution des prix des VE en Amérique du Nord.

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Les émissions devraient diminuer, principalement grâce à l’adoption des véhicules hybrides électriques

Toutefois, les nouvelles normes sur les émissions du Canada ne ciblent pas les ventes de VE : elles visent seulement une réduction des émissions équivalente à 75 % des ventes de VE d’ici 2035, alors que l’objectif fixé dans le cadre de l’ancienne réglementation était de 100 %.

Bien que le rendement en matière d’émissions se soit amélioré de 30 à 50 % au cours des dix dernières années, les émissions totales ont continué d’augmenter à mesure que le nombre de voitures en circulation au Canada a grimpé, passant d’environ 20,1 millions de voitures particulières en 2011 à 24,5 millions en 20246,7. BloombergNEF prévoit que le parc automobile du Canada demeurera relativement stable en 2035, et diminuera davantage dans l’avenir, auquel cas un meilleur rendement en matière d’émissions se traduira par une réduction absolue des émissions. Néanmoins, la réalisation d’un parc automobile propre dépend de l’élimination totale des émissions d’échappement8.

Les constructeurs automobiles américains ont désormais la possibilité d’adapter leur technologie pour se conformer à la réglementation, ce qui pourrait retarder la transition vers l’électrification totale au profit des voitures hybrides, qui émettent près de moitié moins de gaz à effet de serre et sont proposées à des prix plus avantageux. Les véhicules hybrides sont déjà en plein essor : les ventes dans cette catégorie ont grimpé en 2025, alors même que celles de véhicules électriques à batterie (VEB) ont chuté.

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