
L’indice des prix à la consommation (IPC) aux États-Unis a augmenté pour atteindre 2,7 % sur 12 mois en décembre. L’inflation aux États-Unis est de ce fait supérieure à la cible de 2 % de la Réserve fédérale américaine depuis 58 mois. Bien que l’inflation globale ait été conforme aux attentes du marché, cette donnée renforce plusieurs thèmes économiques importants aux États-Unis entourant l’abordabilité, les tarifs douaniers et la perception des consommateurs à l’égard de l’inflation.
Fait important, comme les données d’octobre sur l’IPC ne seront jamais disponibles et que les données sur les prix de novembre ont été recueillies en retard, nous n’avons toujours pas de données claires sur la dynamique inflationniste au quatrième trimestre de 2025. Ce que nous pouvons raisonnablement affirmer est que l’inflation des services demeure supérieure au niveau d’avant la pandémie, en partie en raison du resserrement du marché de l’emploi, et que l’effet de la répercussion des tarifs douaniers sur l’inflation des biens devrait atteindre un sommet au deuxième trimestre de 2026. La répercussion complète des tarifs douaniers n’a donc pas encore eu lieu. Nous continuons par conséquent de croire que l’inflation de base aux États-Unis restera dans la fourchette de 2,5 % à 3,0 % sur 12 mois pendant la majeure partie de 2026, un taux supérieur au niveau jugé acceptable, sans toutefois représenter une accélération.
Même si les prix demeurent au-dessus de la cible, la bonne nouvelle est que l’inflation est dans l’ensemble assez modérée pour que les dépenses de consommation demeurent résilientes aux États-Unis, surtout pour les consommateurs fortunés. Les bénéfices réels sont positifs depuis plus de deux ans, oscillant autour de 1 % sur 12 mois. On ne parle pas d’une économie exceptionnelle ou en plein essor, mais elle ne se détériore pas.
Pour brosser un portrait d’ensemble, nous pourrions observer une certaine dissociation entre une activité économique plus vigoureuse et une inflation relativement contenue. Il est encore tôt pour tirer des conclusions, mais si la croissance s’accélère sans que l’inflation suive, la productivité joue peut-être un rôle plus important qu’on ne l’avait perçu jusqu’à présent.
Voici trois catégories clés des données de l’IPC de décembre qui méritent d’être soulignées.
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L’inflation de base des biens s’accélère depuis septembre 2024, en partie grâce à une normalisation post-pandémique, mais aussi à certaines pressions tarifaires. En décembre, elle a toutefois fait du surplace à 0,0 % sur un mois. On pourrait penser que les pressions tarifaires ont été nulles, mais les voitures d’occasion ont pesé sur la catégorie, tandis que les vêtements ont fortement bondi à +0,6 % sur un mois. Nous nous attendons toujours à ce que les pressions tarifaires atteignent un sommet au deuxième trimestre de 2026 avant de se dissiper. Il convient de noter que même si la Cour suprême des États-Unis décidait que le recours à l’International Emergency Economic Powers Act par le président Trump pour l’imposition unilatérale de tarifs douaniers était illégal, nous ne nous attendons pas à ce que l’inflation de base revienne à la cible de 2 % en 2026.
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Fait important, l’inflation alimentaire a augmenté de 0,7 % sur un mois et de 3 % sur 12 mois (son plus haut niveau depuis août 2022) et la plupart des indicateurs avancés indiquent que d’autres hausses sont à prévoir. La catégorie des aliments représente 13,7 % de l’IPC et elle a également une incidence disproportionnée sur les Américains à faible et à moyen revenu. Qui plus est, les consommateurs peuvent facilement l’« observer ». Nous surveillerons de près l’inflation alimentaire à l’approche des élections de mi-mandat.
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Le calcul essentiel de l’équivalent de loyer des propriétaires est un peu plus solide à 0,3 % sur un mois. Il se situe à 3,4 % sur 12 mois. Fort d’une pondération importante de 26,5 % dans le panier de l’IPC des États-Unis, l’équivalent de loyer des propriétaires empêche l’inflation globale de reculer, même si on constate des pauses inattendues dans l’inflation de base des biens et une atténuation de l’inflation des services. Cette pondération pourrait même augmenter en 2026. Pourtant, même si l’équivalent de loyer des propriétaires est soudainement très important pour les prévisions d’inflation globale, son grand décalage par rapport aux indicateurs en temps réel des loyers et son piètre bilan en matière de représentation des véritables coûts du logement pour les Américains signifient qu’il est de moins en moins pertinent pour évaluer les enjeux réels d’abordabilité ou les implications directes pour les consommateurs. Une observation régulière de l’inflation par l’intermédiaire des services hors loyer (qui ont augmenté de 0,2 % sur un mois en décembre) pourrait donc être plus pertinente que l’indice des prix à la consommation global à lui seul.
Frances Donald est l’économiste en chef de RBC et supervise une équipe de professionnels de premier plan, qui fournissent des analyses et des informations économiques pour informer les clients de RBC dans le monde entier. Frances est une experte clé sur les questions économiques et est très recherchée par les clients, les dirigeants gouvernementaux, les décideurs et les médias aux États-Unis et le Canada.
Mike Reid est économiste principal, États-Unis, à RBC. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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