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IPC aux États-Unis : les répercussions des droits de douane commencent à se manifester en février

Peut-on tenir compte des chiffres modérés de l’IPC de février alors que les prix du pétrole grimpent? La réponse est oui, et les détails ne sont pas encourageants pour la trajectoire de l’inflation à venir. En premier lieu, le secteur des biens de base est favorisé par les prix des voitures d’occasion, dont la récente baisse compense les pressions à la hausse dans d’autres secteurs assujettis à des droits de douane, comme les pièces automobiles, les vêtements, les articles de loisirs et les produits de soins personnels. Sur 12 mois, l’écart entre l’IPC des biens de base et celui des biens de base hors voitures d’occasion a continué de s’accentuer. Cela fait maintenant plusieurs mois que nous alertons de l’intensification des pressions sur les biens de consommation finis, et ce mois-ci, il devrait être clair que les effets des droits de douane se font sentir. Nous estimons que cette pression continuera de s’accentuer à mesure que les prix des biens de base augmenteront au deuxième trimestre. Pour le reste de l’année, la désinflation au sein des services de base devrait être limitée, en particulier dans le secteur du logement, où nous estimons que la décélération devrait se heurter à un plancher. De leur côté, les prix alimentaires – un secteur essentiel du budget des ménages – continuent de grimper. Si l’on y ajoute la hausse des prix de l’énergie, le stress déjà observé augmente et risque de peser considérablement sur les dépenses des ménages pour peu que la situation en Iran se prolonge. Le risque de répercussions indirectes est également une inquiétude, en particulier avec le resserrement des marges dans le secteur des transports. Néanmoins, nous continuons d’insister sur le fait que les effets ne se manifesteront pas de façon égale dans toute l’économie : ceux qui les ressentiront le plus sont les ménages à revenu faible et moyen. Alors que nous surveillons les signes de hausse des tensions financières, il semble de plus en plus que la conjoncture économique se dirige vers un scénario de stagflation « allégée » en 2026.

Pour l’instant, nous nous efforçons de distinguer les tendances à court terme des tendances à long terme. Voici comment nous envisageons le rapport de ce matin dans le contexte des thèmes à long terme :

Nous continuons de nous inquiéter des répercussions des droits de douane, car les précédents chiffres de l’IPP semblent annoncer une hausse des prix à la consommation. De fait, les grossistes font payer les détaillants plus cher. Voici ce que nous avons observé dans ces secteurs exposés aux échanges commerciaux :

  • Si l’on exclut les prix des voitures d’occasion, on constate que les prix des biens de base ont augmenté de 0,7 point de pourcentage (mesure sur 12 mois) – un écart qui s’est creusé au cours des sept derniers mois.

  • Les prix des vêtements ont augmenté de 1,3 % sur un mois en février, la croissance la plus prononcée du secteur depuis 2021.

  • Les prix des appareils électroménagers ont augmenté de 3,1 % sur un mois, en raison des « autres » appareils, notamment les climatiseurs, les radiateurs et les ventilateurs.

  • Les véhicules neufs n’ont pas encore considérablement joué sur l’indice, même si les pièces et équipements des véhicules automobiles ont progressé de 3,1 % par rapport à l’an dernier. Cela donne à penser qu’il y a un décalage entre une flambée des prix des intrants et sa répercussion sur les prix des produits finis. Ce retard dans la répercussion est probablement dû à l’écoulement continu des stocks importants constitués avant l’entrée en vigueur des droits de douane. -.

Les prix des marchandises énergétiques, un autre secteur qui pèse sur le budget des ménages, ont bondi en février. Même si le pic de la saison de chauffage est derrière nous, la combinaison des hausses de prix de l’électricité et des climatiseurs n’est pas de bon augure pour les consommateurs pour les prochains mois. Ce mois-ci, plusieurs fortes hausses ont été observées dans les secteurs de l’énergie suivants :

  • Le mazout et les autres combustibles sont les segments qui ont le plus augmenté (+7,7 % sur un mois).

  • Les services publics ont également progressé de 3,1 %, en raison d’une météo particulièrement froide sur une grande partie des États-Unis.

  • Le prix du carburant a nettement augmenté (+0,8 %), une tendance qui devrait se poursuivre au cours des prochains mois.

Ajouter un choc pétrolier à ces éléments pourrait faire monter l’inflation globale moyenne annuelle de 0,3 à 0,7 point de pourcentage. Nous nous attendons à ce que la hausse des prix de l’énergie s’accélère en mars. L’incidence sur l’IPC global dépend de la durée de cette situation, mais si les prix du pétrole se stabilisent à 75 $ le baril ou plus d’ici le deuxième trimestre, l’inflation globale devrait grimper au minimum à 3,0 % dans le même laps de temps. Nous nous attendons toujours à ce que la Fed se concentre sur l’inflation de base, et la hausse des prix de l’essence est importante pour la perception qu’ont les consommateurs de la croissance des prix.

La pression sur les budgets des consommateurs devrait faire évoluer la demande à mesure que les prix des aliments, de l’essence et d’autres biens de consommation continuent d’augmenter. Les prix alimentaires continuent de grimper, comme l’a laissé entrevoir l’indice des prix payés par les agriculteurs. Les prix de la viande et des produits laitiers ont peu progressé, mais ceux des fruits et légumes continuent de grimper, alimentés par la hausse des coûts des intrants comme les engrais. La hausse des prix à la pompe forcera les consommateurs à délaisser les dépenses discrétionnaires ou à puiser dans leur épargne. Toutefois, comme les ménages à revenu faible et moyen montrent déjà des signes de tension (comme une hausse des défauts de paiement sur les cartes de crédit et les prêts automobiles), nous pensons que l’épargne est une option limitée.



À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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