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Les inquiétudes à l’égard de l’inflation aux États-Unis augmentent en raison de la flambée des prix du pétrole

Les récents événements géopolitiques au Moyen-Orient n’auront aucune incidence sur l’inflation en février, mais ils feront grimper les prix de l’essence en mars. Et si la hausse des prix du pétrole se maintient, elle aura une incidence sur nos prévisions d’inflation globale pour l’année. Si le prix du pétrole WTI s’approche de 75 $ le baril, nous nous attendons à ce que l’inflation globale dépasse les 3 % d’ici le deuxième trimestre. Selon nos calculs, si le prix du baril se maintient à 100 $, l’inflation globale demeurerait au-dessus des 3 % pendant toute l’année 2026. La hausse des prix de l’énergie aura également des répercussions sur les ventes au détail en mars. Les consommateurs sous pression aux prises avec une hausse des coûts auront moins de marge de manœuvre pour les dépenses discrétionnaires, ce qui finira par peser sur les ventes au détail réelles, même si les prix soutiennent les mesures nominales.

Nous nous attendons à ce que les données qui seront publiées la semaine prochaine continuent de souligner l’élargissement de l’écart entre l’indice des prix à la consommation (IPC) et les dépenses personnelles de consommation (DPC), un thème inhabituel qui ne se produit qu’environ 20 % du temps. Nous craignons que les anomalies liées à l’absence de données sur le logement dans l’IPC à la suite de la paralysie du gouvernement ne fassent artificiellement baisser l’IPC par rapport aux DPC. Même si nous privilégions la mesure des DPC, les données de janvier sur celle-ci sont périmées, ce qui signifie que la publication des données sur l’IPC au milieu de la semaine retiendra probablement davantage l’attention du marché. Nous prévoyons que l’IPC global et l’IPC de base augmenteront de 0,3 % sur un mois en février et que leur niveau sur 12 mois demeure stable.

Fait important, les récentes données élevées de l’indice des prix à la production (IPP) pendant plusieurs mois consécutifs méritent d’être surveillées. L’IPP de base a bondi de 0,8 % sur un mois de janvier après une hausse de 0,6 % sur un mois en décembre. Dans les deux mois, ce sont les marges de gros qui ont le plus contribué aux gains, ce qui indique que l’effet des droits de douane commence à se faire sentir sur les prix à la consommation, car les grossistes répercutent la hausse des coûts sur les détaillants pour préserver leurs marges bénéficiaires. Ces augmentations de l’IPP se répercuteront sur les données de l’IPC avec un certain décalage, et nous nous attendons à en être aux premières étapes de cette répercussion. Nous prévoyons que les DPC de base augmenteront de 0,4 % sur un mois en janvier, ce qui maintiendra la mesure sur 12 mois à +3,0 % et l’écart entre les DPC de base et l’IPC à 0,5 point de pourcentage. La vigueur de l’IPP en janvier ne devrait pas se traduire par une hausse des DPC, car ses composantes les plus pertinentes (les services de soins médicaux et le transport aérien intérieur) n’ont pas affiché de fortes hausses.

Le 4 mars, une ordonnance d’un tribunal fédéral du commerce a obligé l’administration à rembourser plus de 130 milliards de dollars de droits de douane mondiaux aux importateurs, puisque leur imposition en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) a été invalidée par la Cour suprême des États-Unis. Nous nous attendons toutefois à ce que cela se traduise par un allègement limité de l’inflation. Même si les importateurs et les producteurs paient des droits, il est peu probable que les entreprises qui font face à des coûts plus élevés renversent les hausses de prix déjà mises en œuvre. Le mécanisme de distribution de ces remboursements demeure également nébuleux. Fait important, la décision de la Cour suprême n’élimine pas le risque lié aux droits de douane, car l’administration dispose de plusieurs avenues pour en imposer autrement. Comme les droits de douane prévus à l’article 122 sont en vigueur pendant 150 jours, nous nous attendons à ce qu’ils continuent à être répercutés.



Hormis les données sur l’inflation, voici ce que nous surveillerons la semaine prochaine :

  • Nous nous attendons à ce que le revenu personnel augmente de 0,6 % sur un mois en janvier. Nous observons habituellement une plus forte croissance des salaires au début de l’année, en raison de la concrétisation des rajustements salariaux de fin d’année. Plusieurs États ont relevé le salaire minimum en janvier et les rajustements liés au coût de la vie augmenteront le revenu des bénéficiaires de la sécurité sociale de 2,7 %.

  • Nous prévoyons une augmentation des dépenses personnelles de 0,1 % sur un mois en janvier. Les ventes au détail globales ont été moroses en janvier et la diminution des dépenses de restauration pourrait indiquer une baisse de l’appétit pour les services discrétionnaires.

  • Nous nous attendons à ce que le nombre initial de demandes de prestations d’assurance-chômage diminue pour atteindre 208 000, car le nombre de demandes est demeuré faible ces derniers mois. La hausse du taux de chômage en février (à 4,4 %) était largement attendue, car les demandes continues ont atteint un creux au cours de la semaine de référence de janvier. Nous sommes toutefois toujours d’avis que le marché de l’emploi se stabilise dans un contexte de faibles mises à pied et de faible création d’emplois.

  • Nous nous attendons à ce que la balance commerciale s’élargisse à -72,7 milliards de dollars, notamment en raison de la demande régulière de biens industriels qui soutiennent l’expansion des infrastructures d’IA. Même si l’imposition des droits de douane en vertu de l’IEEPA a été annulée, nous ne nous attendons pas à ce que cette décision ait une incidence sur les données avant février au plus tôt.

  • Les commandes de biens durables fléchiront probablement en janvier, à -2,0 % sur un mois, mais cela provient principalement du secteur des transports. Les commandes de Boeing ont continué de diminuer en janvier, après avoir bondi en novembre. Si l’on exclut le secteur plus volatil des transports, nous prévoyons que les biens durables baisseront de 0,5 % sur un mois.

  • Les données de janvier du rapport JOLTS sur le nombre de postes vacants sont périmées, mais nous nous attendons à une hausse du nombre de postes vacants après l’augmentation des embauches contenues dans le rapport de janvier sur les emplois non agricoles. Le renversement du nombre d’emplois non agricoles en février souligne que la hausse de janvier n’était pas durable et que l’embauche demeure une question structurelle cette année.

  • Plusieurs données sur le logement seront publiées la semaine prochaine (ventes de logements existants, mises en chantier et permis de construire), et nous nous attendons à ce qu’elles soient médiocres. Les ventes de logements existants ont probablement reculé pour atteindre un niveau décevant de 3,83 millions en février, et la baisse prévue des mises en chantier en janvier ne dresse pas un tableau particulièrement encourageant. Les permis de construire devraient augmenter légèrement.


À propos des auteurs :

Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.

Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.

Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.


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