
Cette semaine, les données sur le marché de l’emploi et l’indice des prix à la consommation (IPC) nous ont permis de mieux cerner les deux volets du mandat de la Réserve fédérale américaine (Fed). Ces données ont renforcé notre opinion selon laquelle la Fed maintiendra le statu quo dans un avenir prévisible. La réduction du taux de chômage à 4,3 % ainsi que la forte création d’emplois, suggèrent que d’autres baisses des taux d’intérêt ne sont pas nécessaires dans l’immédiat pour soutenir le marché de l’emploi américain. Même si l’inflation de base, qui s’établit à +0,3 % sur un mois, a été l’une des plus faibles enregistrées en janvier dans une économie post-COVID, nous continuons de penser que les répercussions des droits de douane sur les prix contribueront à une inflation persistante tout au long de l’année 2026.
La semaine prochaine, nous aurons un aperçu de la situation économique des États-Unis à la fin de 2025 et nous nous attendons à ce qu’elle se soit terminée sur des bases solides. Nos prévisions tablent sur une croissance du PIB de 3,5 % au quatrième trimestre, soit un léger recul par rapport au troisième trimestre, mais elle est toujours bien au-dessus de la croissance habituelle de 2 %. Le facteur qui stimule la croissance demeure la vigueur de la consommation des ménages à revenu élevé, mais il est important de reconnaître que l’élan observé au quatrième trimestre s’est concentré en octobre et en novembre. Les ventes au détail ont fait du surplace en décembre, avec des baisses dans la plupart des catégories, ce qui semblera pire en chiffres réels. Cela signifie qu’après rajustement en fonction de l’inflation, les ventes de biens ont carrément diminué en décembre. Cela n’a rien d’étonnant : un recul des salaires pourrait en être la cause, car le nombre total d’heures travaillées a diminué en décembre. Dans cette optique, nous prévoyons que les données sur les dépenses personnelles de la semaine prochaine feront état d’un rythme de consommation plus modéré (+0,2 % sur un mois) en décembre, compte tenu de la croissance limitée du revenu personnel (+0,1 % sur un mois).
Nous prévoyons qu’une troisième baisse trimestrielle consécutive des stocks pèsera sur la croissance du PIB. Il est exceptionnellement rare de voir cette tendance se manifester en dehors d’une période de récession. Nous nous trouvons dans cette situation particulièrement unique en raison de la hausse massive des stocks au premier trimestre, qui est une conséquence directe de l’anticipation des droits de douane. L’afflux de stocks au premier trimestre a permis aux entreprises d’éviter de répercuter les droits de douane sur les consommateurs à court terme, car les biens vendus à partir de ces stocks n’y étaient pas assujettis. Toutefois, nous nous attendons à ce que les stocks accumulés avant l’entrée en vigueur des droits de douane soient bientôt épuisés, ce qui signifie que nous pouvons anticiper une reconstitution de ceux-ci au cours des prochains trimestres. Mais cela se fera avec des prix incluant les droits de douane, ce qui aura des répercussions sur la trajectoire de l’inflation et cela obligera finalement les entreprises à augmenter leurs prix pour les consommateurs afin de préserver leurs marges (ou sinon à supprimer des emplois).
Nous surveillerons de près les données sur l’inflation de la semaine prochaine, car la mesure privilégiée par la Fed (les dépenses personnelles de consommation [DPC]) nous fournira une meilleure idée des domaines où des pressions apparaissent. De façon unique, nous évoluons dans un contexte où les particularités des données liées à la composante du logement du panier de l’IPC ont fait baisser l’IPC en dessous des DPC, puisque le logement représente un poids relativement moindre dans les DPC. Compte tenu de cela, nous prévoyons que les données sur les DPC de décembre seront plus élevées que celles sur l’IPC. Nous prévoyons une hausse de 0,4 % sur un mois en décembre pour les DPC de base, ce qui fera augmenter le rythme de la croissance des prix sur 12 mois à 2,9 %. L’inflation globale devrait augmenter de 0,3 %, ce qui maintiendra le rythme sur 12 mois à 2,8 %.
Voici ce que nous surveillerons la semaine prochaine :
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Nous anticipons une baisse des commandes de biens durables en milieu de semaine (-2,1 %), mais cela reflète la diminution des commandes d’avions Boeing par rapport à la forte hausse enregistrée en novembre. Si l’on exclut les transports, nous prévoyons une hausse importante de 0,8 % pour les commandes de biens durables.
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La production industrielle devrait continuer à progresser de manière significative (+0,4 %) en janvier, grâce à l’augmentation des heures travaillées dans le secteur de la fabrication et au passage de l’indice ISM du secteur manufacturier en territoire expansionniste. Cela ferait hausser le taux d’utilisation de la capacité, qui s’établirait à 76,7 %.
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Nos prévisions indiquent que le déficit commercial devrait légèrement s’aggraver pour atteindre 61,5 G$, ce qui correspond à notre point de vue selon lequel les entreprises, qui ont épuisé leurs stocks d’avant les droits de douane, devront probablement accroître leurs importations à court terme.
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Nous aurons également une vision plus précise sur la situation du marché immobilier aux États-Unis après la chute vertigineuse des ventes de logements existants en janvier. De même, nous prévoyons un ralentissement des ventes de logements neufs et les données relatives aux permis de construire ainsi qu’aux mises en chantier devraient continuer de refléter la faiblesse persistante de la demande dans un contexte de taux à long terme élevés.
À propos des auteurs :
Mike Reid est chef, Services économiques RBC – États-Unis. Il est chargé d’établir les perspectives économiques de RBC pour les États-Unis, de commenter les indicateurs macroéconomiques et de rédiger des analyses concernant le contexte économique.
Carrie Freestone est économiste principale aux États-Unis à RBC et membre de l’équipe des Services économiques aux États-Unis à RBC Marchés des Capitaux. Elle est responsable de prévoir les principaux indicateurs clés américains, notamment le PIB, l’emploi, les dépenses de consommation et l’inflation aux États-Unis. Elle contribue également aux commentaires sur la conjoncture économique aux États-Unis qu’elle transmet aux clients au moyen de publications, de présentations et par l’intermédiaire des médias.
Imri Haggin est économiste à RBC Marchés des Capitaux, où il se concentre sur la recherche thématique. Ses travaux antérieurs portaient sur la dynamique du crédit à la consommation et la modélisation des liquidités, et mettaient l’accent sur l’utilisation des données pour comprendre les comportements.
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