En résumé :
Le rapport sur le marché du travail canadien de février s’est révélé décevant. L’emploi a reculé de 84 000 postes, venant s’ajouter aux 25 000 suppressions d’emplois enregistrées en janvier. Le taux de chômage est remonté à 6,7 % après être tombé à 6,5 % en janvier, et le taux d’activité a de nouveau baissé, atteignant son plus bas niveau hors période de pandémie depuis 1997.
Les chiffres mensuels de l’emploi sont volatils, et la croissance globale de l’emploi reste en partie faussée par un ralentissement marqué de la croissance démographique et de la population active, dû aux départs à la retraite et aux restrictions gouvernementales sur la part des résidents non permanents. En janvier et février combinés, la population canadienne n’a augmenté que de 12 500 personnes, bien en deçà de l’augmentation de 103 000 personnes enregistrée en 2025 au cours des mêmes mois.
Par le passé, nous avons mis en garde contre le fait qu’une faible croissance de l’emploi pourrait persister et masquer les améliorations de la demande sous-jacente de main-d’œuvre, mieux reflétées par le taux de chômage. En février, le taux de chômage a légèrement augmenté pour atteindre 6,7 %, mais reste inférieur à la moyenne de 6,8 % enregistrée au quatrième trimestre 2025. Le nombre total d’heures travaillées a baissé de 1,1 % en février, soit une stagnation moyenne au premier trimestre par rapport au trimestre précédent.
À l’avenir, l’environnement macroéconomique, en particulier la stabilisation du contexte commercial grâce au maintien des exemptions prévues par l’ACEUM, les tendances favorables des dépenses de consommation intérieures et le soutien monétaire et budgétaire continu, devrait soutenir la reprise de la demande d’embauche. Nous ne nous arrêtons pas à la volatilité à court terme et continuons de tabler sur des améliorations progressives qui feront baisser le taux de chômage d’ici la fin de l’année.
En détail :
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Le nombre d’emplois a reculé de 84 000 (-0,4 %) en février, l’emploi à temps plein (principalement dans le secteur privé) étant le plus touché, avec une baisse de 108 000 (-0,6 %), tandis que l’emploi à temps partiel est resté stable.
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La faiblesse a été relativement généralisée dans l’ensemble des secteurs. Le nombre d’emplois dans le commerce de gros et de détail a reculé de 18 000 (-0,6 %), avec une baisse cumulative de 52 000 (-1,7 %) depuis octobre. Les autres services (services de réparation et d’entretien, soins personnels et blanchisserie, ainsi que les activités religieuses et de défense des droits) ont reculé de 14 000 (-1,8 %). Les secteurs de la fabrication et de la construction ont chacun reculé de 9 200 (-0,5 %) et 12 000 (-0,7 %) respectivement.
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En glissement annuel, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier a reculé de 52 000 (-2,8 %), reflétant l’incidence continue des droits de douane américains sur le secteur, compte tenu de l’étroite intégration des chaînes de production entre le Canada et les États-Unis.
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Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 6,7 % en février, mais a connu une hausse notable chez les jeunes, gagnant 1,3 point de pourcentage pour atteindre 14,1 %. Le taux d’activité a baissé de 0,1 point de pourcentage pour s’établir à 64,9 %, soit une baisse de 0,4 point de pourcentage en glissement annuel.
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En raison du ralentissement de la croissance démographique et de la baisse du taux d’activité, la population active du Canada a diminué de 146 000 personnes (-0,6 %) en janvier et février combinés. Il est important de noter qu’il y a peu de signes d’une augmentation du nombre de travailleurs découragés quittant la population active; le taux de chômage supplémentaire, qui inclut les travailleurs découragés, évolue toujours en parallèle avec le taux de chômage officiel.
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Au niveau des provinces, le Québec a enregistré la plus forte baisse avec une diminution de 57 000 personnes (-1,2 %), la première baisse mensuelle importante depuis janvier 2022. Le nombre d’emplois en Colombie-Britannique a reculé de 20 000 (-0,7 %), tandis que la Saskatchewan et le Manitoba ont enregistré des baisses moins importantes. L’emploi en Ontario est resté stable, mais le taux de chômage a augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 7,6 % en raison d’une intensification de la recherche d’emploi. Terre-Neuve-et-Labrador a été la seule province à afficher une hausse (+2 100; +0,8 %).
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Enfin, la croissance des salaires en février a légèrement augmenté pour atteindre 3,9 % en glissement annuel. Statistique Canada a souligné les progrès réalisés dans la réduction de l’écart salarial entre les sexes au fil du temps, même si, en février, les femmes âgées de 25 à 54 ans gagnaient encore 0,88 $ pour chaque dollar gagné par les hommes et étaient plus de deux fois plus susceptibles de travailler à temps partiel, en grande partie en raison de leurs responsabilités en matière de garde d’enfants.

À propos de l’auteur :
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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