En résumé :
Le déficit commercial canadien a diminué en décembre, marquant la fin d’une année au cours de laquelle les échanges commerciaux du Canada ont été fortement touchés par les droits de douane américains, mais de manière moins importante que ce que l’on craignait au début de l’année, lorsque les menaces tarifaires étaient à leur paroxysme.
La plupart des exportations canadiennes (près de 90 %) sont demeurées en franchise de droits l’an dernier grâce à l’exonération des droits de douane pour les produits conformes aux exigences de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), mais les exportations de produits expressément ciblés par les droits de douane (acier et aluminium, produits forestiers et véhicules automobiles) ont fortement reculé et le volume global des exportations (compte non tenu des répercussions sur les prix) a encore baissé de 2 %, même si l’augmentation des expéditions vers d’autres régions du monde a eu des effets positifs.
Une importante incertitude commerciale persiste alors que les négociations sur le renouvellement de l’ACEUM doivent débuter au cours des prochains mois, mais notre hypothèse de base demeure qu’un commerce international plus stable en 2026 (même si les taux tarifaires resteront nettement plus élevés) freinera moins la croissance qu’en 2025. Les taux tarifaires des États-Unis ont légèrement diminué au cours des derniers mois et le taux moyen imposé aux importations en provenance du Canada demeure relativement faible.
Cette situation, conjuguée à l’incidence retardée des réductions de taux d’intérêt précédentes de la Banque du Canada et à l’augmentation des dépenses publiques prévues, favorisera une nouvelle amélioration des conditions économiques par habitant (et par travailleur) au cours de la prochaine année.
Les détails de janvier :
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Le déficit sur marchandises du Canada a diminué, passant de 2,6 milliards de dollars en novembre à 1,3 milliard de dollars en décembre, après une année 2025 marquée par la volatilité.
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L’amélioration du déficit en décembre masque des données contrastées. La hausse de 2,6 % des exportations a été en grande partie concentrée dans les exportations d’or et d’avions, les exportations d’autres produits ayant généralement diminué. Toutefois, la hausse des importations d’équipement est un signe positif à court terme pour les investissements des entreprises, et le commerce net global devrait contribuer à hauteur d’un point de pourcentage à la croissance du PIB au quatrième trimestre, après avoir contribué à hauteur de trois points de pourcentage au troisième trimestre.
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Toutefois, les données sur le commerce international sont volatiles même dans les meilleures conditions, et elles l’ont été encore plus au cours de la dernière année en raison des droits de douane et des perturbations commerciales. L’importante constitution de stocks importés des États-Unis a stimulé les exportations canadiennes (et celles d’autres pays qui vendent leurs produits aux États-Unis) à la fin de 2024 et au début de 2025, avant de connaître une forte baisse après l’imposition de droits de douane à compter de mars de l’an dernier.
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Dans l’ensemble, les exportations canadiennes de marchandises pour 2025 ont été inférieures de 0,2 % à celles de 2024. Compte non tenu des répercussions sur les prix (notamment la forte hausse des prix de l’or et des métaux et la baisse des prix de l’énergie), les volumes d’exportations ont reculé de 2 % en 2025 par rapport à 2024.
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Malgré le taux relativement faible (en moyenne) des droits américains sur les importations en provenance du Canada — 89 % des produits ont continué de franchir la frontière en franchise de droits en décembre —, les produits expressément ciblés par les droits de douane ont enregistré de fortes baisses.
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Les exportations de produits de l’acier ont reculé de 24 % sur l’année et celles de produits forestiers, de 8 %. Les volumes d’exportations d’aluminium ont diminué de 15 %, mais la forte hausse des prix de l’aluminium a entraîné une baisse plus faible de 7 % en valeur nominale. Les exportations de véhicules automobiles ont peu varié en 2025, compte non tenu des répercussions sur les prix.
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La plupart des exportations canadiennes sont toujours destinées aux États-Unis, mais la part est passée de 75 % en 2024 à 71 % en moyenne en 2025 (et à 67 % au quatrième trimestre). La part des importations en provenance des États-Unis a également diminué, passant de 62 % en 2024 à 59 % en 2025 (et à 58 % au quatrième trimestre). L’augmentation de la part des exportations vers des destinations autres que les États-Unis s’explique principalement par la forte hausse de la valeur des expéditions d’or vers le Royaume-Uni.
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La part du Canada du marché américain des importations est passée de 12,6 % en 2024 à 11,2 % en 2025. Il s’agit de la deuxième baisse en importance parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis après la Chine, dont la part est passée de 13,4 % à 9 %. Cette baisse est en partie attribuable à une forte augmentation des importations d’or des États-Unis (qui, pour la plupart, ne proviennent pas du Canada) et à une baisse des prix de l’énergie. Compte non tenu de ces produits, la part du Canada est passée de 10 % en 2024 à 9,1 %.
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Les revenus tirés des tarifs douaniers déclarés par les États-Unis demeurent élevés, mais ont continué de diminuer en décembre, y compris ceux perçus auprès du Canada. Le taux tarifaire effectif moyen des États-Unis calculé par le U.S. Census Bureau (publié séparément ce matin) a baissé, passant d’un sommet récent de 11 % en octobre, à 9,8 % en novembre, puis à 9,3 %. Le taux tarifaire effectif sur les importations en provenance du Canada est demeuré le plus bas parmi les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, passant de 3,7 % en novembre à 3,1 %. En décembre, 89 % des importations américaines en provenance du Canada ont franchi la frontière en franchise de droits, ce qui est légèrement supérieur à la moyenne mensuelle de 87 % pour 2025 dans son ensemble.
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Malgré des droits de douane importants, le déficit commercial des États-Unis s’est légèrement creusé, passant de 1 220 milliards de dollars en 2024 à 1 240 milliards de dollars en 2025.
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Le Canada demeurait la principale source d’importations pour 22 États américains en 2025, une situation inchangée par rapport à 2024.

À propos de l’auteur
Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
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