En résumé
La hausse du taux d’inflation globale en décembre a largement reflété les distorsions liées aux variations de taxes. Le congé temporaire de TPS/TVH d’il y a un an a eu pour effet d’accélérer artificiellement la croissance sur 12 mois des prix après taxes, en particulier des prix des restaurants après taxes, qui ont bondi à 8,5 % de plus qu’en décembre.
Les pressions sous-jacentes sur les prix semblent s’être atténuées dans leur ensemble en décembre, car les mesures de l’IPC tronqué et de base (excluant les taxes indirectes) de la Banque du Canada (BdC) ont enregistré leur plus faible hausse mensuelle moyenne depuis février 2024 (+0,1 %).
Néanmoins, l’inflation est actuellement très inégale d’un produit à l’autre.
Les prix de l’énergie étaient inférieurs de près de 9 % aux niveaux d’il y a un an en décembre (en partie en raison de l’élimination de la taxe sur le carbone pour les consommateurs dans la plupart des provinces en avril 2025).
Toutefois, les prix des aliments (qui ont été moins touchés par les changements de taxes il y a un an) ont continué de grimper, atteignant 5,0 % sur 12 mois en décembre, principalement en raison de la hausse des prix de la viande (8,5 %).
La hausse des prix des aliments continuera de soulever des préoccupations quant à l’abordabilité, en particulier pour les personnes dont les revenus sont plus faibles. Toutefois, la BdC ne peut pas faire grand-chose à l’égard de la hausse des prix des aliments, qui est attribuable aux tendances mondiales des prix des marchandises, et de la réduction des stocks de bovins, qui exerce des pressions à la hausse sur les prix de la viande.
La BdC verra d’un bon œil d’autres signes laissant croire que l’inflation revient globalement à la cible de 2 %, mais le contexte économique dans son ensemble a également montré des signes de stabilisation, alors que le taux de chômage commence à baisser. De plus, les taux d’intérêt ont déjà été abaissés pour être ramenés à des niveaux neutres qui ne devraient pas accentuer les pressions inflationnistes ni les atténuer au fil du temps. Tant que la conjoncture économique montre de nouveaux signes d’amélioration et que l’inflation demeure au taux cible de 2 % ou plus, il n’y a pas de raison pour que la BdC abaisse davantage son taux directeur.
Les données de décembre :
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La croissance de l’IPC global est passée de 2,2 % en novembre à 2,4 % en décembre, cette hausse étant en grande partie attribuable à l’augmentation des taxes indirectes, les niveaux de l’année précédente ayant été abaissés artificiellement en raison d’un congé temporaire de la TPS/TVH qui a eu lieu de la mi-décembre 2024 à la mi-février 2025.
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Cette hausse découle en grande partie de la hausse de 3,3 % des prix des restaurants sur 12 mois, qui sont passés de 3,3 % en novembre à 8,5 %. Les prix des restaurants étaient exemptés de la TPS/TVH il y a un an pendant le congé de taxes (baisse de 1,6 % sur 12 mois en décembre 2024).
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Les prix des aliments ont néanmoins été beaucoup moins touchés par les distorsions causées par les variations de taxes et ont bondi de 5,0 % par rapport à leur niveau il y a un an, soit un sommet inégalé depuis octobre 2023.
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Comme au cours des derniers mois, la pression à la hausse sur les prix est en grande partie attribuable à la hausse des prix de la viande, qui a été alimentée principalement par la réduction des stocks de bovins en Amérique du Nord. En fait, la hausse des prix du bœuf a légèrement ralenti en décembre, mais elle a tout de même été de 16,8 % sur 12 mois.
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Les prix de l’énergie continuent d’être un contrepoids, ceux-ci ayant diminué depuis un an, mais aussi en partie en raison des distorsions liées aux changements apportés aux taxes (l’élimination de la taxe sur le carbone pour les consommateurs dans la plupart des provinces en avril 2025). Les prix de l’énergie ont reculé de 8,8 % sur 12 mois en décembre.
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Dans l’ensemble, la croissance des prix hors taxes indirectes est passée de 2,8 % en novembre à 2,5 % en décembre. Si l’on fait abstraction des aliments, de l’énergie et des taxes indirectes, la croissance des prix est demeurée stable, à 2,4 % sur 12 mois en décembre.
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Les mesures de base sous-jacentes ont généralement montré d’autres signes de baisse. L’IPC tronqué et l’IPC médian de la BdC ont augmenté en moyenne de 0,1 % en décembre, soit leur plus faible hausse depuis février 2024. La moyenne mobile sur trois mois des mesures est tombée sous un taux annualisé de 2 % pour la première fois depuis avril 2024, mais le taux de croissance sur 12 mois est demeuré supérieur à la cible d’inflation de 2 % de la BdC.

Nathan Janzen travaille à RBC depuis 2008, où il s’occupe principalement de la couverture des perspectives macroéconomiques du Canada et des États-Unis. Il est titulaire d’une maîtrise en économie de l’Université McMaster et d’un baccalauréat en économie de l’Université de Regina.
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