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La BdC renouvelle clairement sa préférence pour le statu quo

À sa première réunion en 2026, la Banque du Canada a maintenu le taux du financement à un jour à 2,25 %, comme prévu, et a réitéré son point de vue d’un taux directeur qui « demeure approprié », au bas de la fourchette neutre.

La BdC a ainsi choisi de maintenir son taux directeur pour la seconde fois, comme à la réunion de décembre, estimant que la stabilisation des conditions de l’emploi, l’augmentation du soutien budgétaire et l’atténuation des pressions inflationnistes vers la fin de 2025 a limité la nécessité de nouveaux assouplissements.

Au cours de la nouvelle année, nous nous attendons, comme la BdC, à ce que ces tendances perdurent. Les commentaires du gouverneur Tiff Macklem à la conférence de presse ainsi que le rapport sur la politique monétaire qui l’accompagne ont décrit les attentes d’une croissance économique modérée et d’une inflation conforme à la cible, sous réserve de la stabilité du contexte commercial.

La conjoncture économique par habitant devrait s’améliorer, soutenue par l’assouplissement monétaire antérieur et les mesures de relance budgétaire, dont le nouveau remboursement de la TPS. Même si on ne s’attend à aucune escalade importante des droits de douane, les récentes menaces de l’administration américaine en la matière soulignent que l’incertitude restera forte. 

Dans l’ensemble, les arguments en faveur de nouvelles mesures d’assouplissement sont faibles, mais l’incertitude commerciale persistante et le ralentissement graduel de l’inflation plaident aussi contre une reprise des hausses de taux à court terme. Selon notre scénario de base, nous nous attendons à ce que la BdC maintienne le taux du financement à un jour jusqu’à la fin de 2026.

Voici une interprétation plus poussée des projections économiques du rapport sur la politique monétaire de janvier :

  • Les prévisions de croissance du PIB pour 2026 et 2027 sont toujours plus faibles. La hausse inattendue de la croissance du PIB au troisième trimestre de 2025 a été en partie annulée par une révision à la baisse de la croissance prévue au quatrième trimestre, qui est passée de 1 % à 0 % (légèrement en dessous de notre propre prévision de 0,5 %). Les prévisions de croissance du PIB pour 2026 et 2027 sont restées à des niveaux faibles, de 1,1 % et 1,5 % (contre 1,1 % et 1,6 % auparavant).

  • L’estimation de la capacité excédentaire de l’économie n’a pratiquement pas changé. Les révisions à la hausse de la croissance du PIB des années précédentes ont laissé l’économie sur une trajectoire plus solide à l’approche de 2026. La BdC, comme nous, a intégré une grande partie de cette vigueur à une plus forte croissance potentielle de la production, ce qui traduit des gains de productivité supérieurs aux attentes et maintient l’écart de production estimé entre -1,5 % et -0,5 % au quatrième trimestre de 2025.

  • Les estimations de croissance potentielle devraient fléchir sous l’effet du ralentissement des hypothèses démographiques et de la baisse des investissements des entreprises, freinés par l’incertitude. En ce qui concerne les estimations ponctuelles, la croissance potentielle de la production devrait marquer le pas, passant de 2,3 % en 2025 à environ 1 % en 2026 et 2027. 

  • Bien que plus lente, la croissance économique devrait absorber les capacités excédentaires. En combinant ces hypothèses clés, la BdC suppose implicitement que la moindre croissance du PIB sera tout de même suffisante pour lentement absorber l’offre excédentaire dans l’économie au cours de 2026 et 2027. Cela cadre avec notre propre prévision, selon laquelle le taux de chômage (pour lequel la BdC ne fait pas de prévision) diminuera au cours de la prochaine année.  

  • L’inflation globale devrait se situer autour de la cible de 2 % pendant la période de prévision : l’offre excédentaire limitera le pouvoir de fixation des prix des entreprises, mais sera largement contrebalancée par la hausse de leurs coûts de revient, notamment les prix des marchandises, les prix des importations et les coûts d’expédition. L’évolution de la situation commerciale et les conditions financières constituent toujours des risques importants pour ces perspectives.



Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.


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