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Budget de la Nouvelle-Écosse 2026 : rupture avec le précédent plan de réduction du déficit
  • La Nouvelle-Écosse prévoit un déficit de 1,24 milliard de dollars pour 2026-2027, qui restera supérieur à 1 milliard de dollars jusqu’à la fin de 2028-2029, un changement radical par rapport au plan de réduction du déficit de l’an dernier.

  • Les pressions sur les dépenses persistent malgré les réductions d’emploi dans la fonction publique.

  • Les revenus se remettent de la faiblesse du rendement de l’exercice 2025-2026, mais ils ne sont pas suffisants pour réduire considérablement le déficit.

  • Le ratio de la dette au PIB franchira le seuil de 40 % du gouvernement d’ici 2027-2028 et grimpera à 45,7 % d’ici 2029-2030.



La trajectoire budgétaire (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de la Nouvelle-Écosse a fondamentalement changé, entraînant le gouvernement dans un long détour avant de parvenir à l’équilibre budgétaire. Le budget de 2026-2027 prévoit un déficit de 1,24 milliard de dollars, qui persistera au-dessus de 1 milliard de dollars jusqu’à la fin de 2028-2029. Il s’agit d’un écart important par rapport à la trajectoire de réduction du déficit plus nette prévue il y a à peine un an, qui devait culminer avec un déficit correspondant au cinquième du déficit d’un milliard de dollars actuellement prévu d’ici 2028-2029.

Cette divergence découle des pressions sur les dépenses qui se sont intensifiées sur plusieurs fronts en 2025-2026, comme les soins de santé, l’éducation et les coûts de restructuration liés à la réduction de l’effectif dans la fonction publique, ce qui a mis la province dans une pire position de départ pour 2026-2027. Les dépenses liées aux programmes devraient maintenant augmenter de 4,2 % en 2026-2027, après une hausse démesurée de 7,2 % l’année dernière.

On estime que les revenus se contracteront en 2025-2026 en raison des baisses d’impôt et de la faiblesse de l’économie, et qu’ils dépasseront à peine la croissance des dépenses en 2026-2027. Par conséquent, le ratio de la dette nette au PIB de la province s’approche du seuil de 40 % qu’elle s’est elle-même imposé et devrait le dépasser d’ici 2027-2028, avant de se détériorer davantage par la suite.

Le déficit de 1,24 milliard de dollars pour 2026-2027 est supérieur de 518 millions de dollars aux prévisions de l’année précédente, un écart qui s’est creusé en seulement 12 mois en raison des dépenses élevées et de la faiblesse des revenus.

Malgré certaines réductions, les dépenses totales devraient continuer d’augmenter en 2026-2027 (4,2 %), en raison des augmentations pour la santé et le bien-être (hausse de 6 % pour atteindre 6,7 milliards de dollars), ce qui témoigne de la hausse des coûts liés à la dotation en personnel, aux installations et à l’offre. Les aînés, les soins de longue durée et l’éducation ont également subi d’autres pressions notables sur les dépenses, ce qui témoigne du vieillissement de la population et des programmes de repas pour les étudiants.

Le gouvernement a intégré d’importantes réductions d’emploi au sein de la fonction publique comme pierre angulaire de la stabilisation budgétaire, visant des économies cumulatives de 914,3 millions de dollars d’ici 2029-2030. Mais malgré les réductions, les dépenses ministérielles, qui s’établiront à 3,9 % en 2026-2027, continueront de surpasser la croissance démographique et l’inflation.

Même si la croissance des revenus devrait s’accélérer à 4,6 %, elle ne rétrécira pas considérablement le trou budgétaire. Les revenus tirés de l’impôt sur le revenu des particuliers devraient prendre de l’ampleur en 2026-2027, après que les baisses d’impôt de l’année dernière et la morosité économique les ont fait chuter.

Les prévisions budgétaires sont fondées sur des hypothèses économiques prudentes. Le gouvernement s’attend à ce que le PIB nominal augmente de 3,4 % en 2026, ce qui est inférieur aux prévisions de 4 % des Services économiques RBC.

Ajoutées à un fonds de réserve annuel de 50 millions de dollars pour les dépenses imprévues, elles offrent une certaine protection contre les chocs imprévus, qui est prudente en cette période d’incertitude économique.

La dette nette devrait atteindre 28 milliards de dollars en 2026-2027 et 36 milliards de dollars d’ici 2029-2030. Le ratio de la dette nette au PIB franchira le seuil de 40 % du gouvernement d’ici 2027-2028 et continuera de grimper à 45,7 % d’ici 2029-2030.

Le coût du service de la dette devrait passer de 5,5 % des revenus en 2025-2026 à 7,6 % d’ici 2029-2030. Les paiements d’intérêts engloutiront une part toujours plus importante des revenus provinciaux, qui ne seront donc pas disponibles pour les écoles, les soins de santé et les interventions d’urgence.




À propos de l’auteur

Rachel Battaglia est économiste à RBC. Elle est membre du groupe d’Analyse macroéconomique et régionale et fournit des analyses des perspectives macroéconomiques provinciales. Elle est titulaire d’un baccalauréat en économie (avec distinction) de l’Université Western Ontario et d’une maîtrise en sciences de l’Amsterdam School of Economics.


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