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Budget 2026 du Québec : Faire preuve de sobriété en année électorale
  • Le gouvernement prévoit de contenir la croissance des dépenses liées aux programmes cette année et au cours des quatre prochaines années.

  • Cela lui permettra de réduire légèrement les prévisions de déficit, qui passeront de 9,9 milliards de dollars (1,5 % du PIB) en 2025-2026 à 8,6 milliards de dollars (1,3 % du PIB) en 2026-2027, après les versements au Fonds des générations.

  • L’équilibre budgétaire est toujours attendu d’ici 2029-2030 (comme la loi l’exige), mais il reste 5 milliards de dollars de nouvelles recettes ou de nouvelles économies à trouver.

  • Le poids de la dette de la province devrait maintenant largement se stabiliser dans les trois prochaines années, avant de diminuer progressivement par la suite.

  • Dans l’ensemble, ce budget met l’accent sur la sobriété et l’engagement en faveur de la viabilité budgétaire.



Le budget de 2026 nous parvient à un moment intéressant. Il est publié à peine six mois avant les élections générales de la province, et à peine un mois avant la prise de fonction du nouveau chef de Coalition Avenir Québec (et futur premier ministre) pour remplacer l’actuel premier ministre François Legault, qui démissionnera en avril. Il est également publié quelques semaines seulement après la survenance d’un nouveau choc économique externe (la flambée des prix du pétrole) qui menace une économie provinciale déjà fragile.

Pourtant, le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, s’est refusé à distribuer des cadeaux préélectoraux – rappelons que son gouvernement avait précédemment envoyé des chèques de 500 $ à 6,4 millions de Québécois dans le cadre du budget de 2022, juste avant les dernières élections provinciales.

Cette fois-ci, il s’est efforcé de continuer à corriger le cap du plan budgétaire provincial, qui avait précédemment dérapé en raison de l’envolée des coûts des programmes et des baisses d’impôt conçues pour compenser la hausse du coût de la vie.

Le budget 2026 comprend plusieurs nouvelles mesures, mais leur coût de 9,6 milliards de dollars sur six ans est relativement modeste. Par comparaison, le budget 2025 avait augmenté les dépenses de 12 milliards de dollars sur cinq ans.

Les nouvelles mesures comprennent trois volets :

  • Accélérer la transformation économique du Québec (1,7 milliard de dollars sur cinq ans)

  • Soutenir les grandes missions de l’État (4,3 milliards de dollars)

  • Soutenir les Québécois et les communautés (3,6 milliards de dollars)

Pour aider les entreprises à s’adapter à ce contexte économique plus difficile, le gouvernement injectera 410 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir les investissements dans les secteurs porteurs et 283 millions de dollars pour promouvoir l’innovation et améliorer la compétitivité. Il soutiendra également les petites et moyennes entreprises, notamment celles du secteur forestier, à hauteur de 581 millions de dollars.

Les soins de santé et les services sociaux (2 milliards de dollars sur cinq ans) recevront la majeure partie des nouvelles dépenses consacrées aux grandes missions de l’État. L’éducation obtient une rallonge de 639 millions de dollars, et la justice et la sécurité publique, 1,1 milliard de dollars.

Enfin, le budget de 2026 propose une série de mesures pour aider les Québécois à composer avec la hausse du coût de la vie (notamment la garde des enfants), à lutter contre l’itinérance, à améliorer l’accès au logement et à aider les personnes les plus vulnérables, pour un montant total de 2,4 milliards de dollars sur cinq ans. Un milliard de dollars supplémentaires sont également prévus pour soutenir les communautés, notamment en finançant l’entretien des infrastructures locales et en soutenant les investissements visant à améliorer la résilience climatique.

Ces mesures sont généralement ciblées et concentrées en début de période, c’est-à-dire que leurs effets se produiront surtout dans les deux premières années du plan budgétaire.

Dans l’ensemble, le profil des dépenses sur cinq ans du gouvernement apparaît sobre, avec une croissance moyenne de 2,0 % (soit environ zéro si l’on tient compte de l’inflation) – et ce, malgré une augmentation de près de 4 % par an du coût du service de la dette pendant cette période.

Pour 2026-2027, les dépenses liées aux programmes ne devraient augmenter que de 1,6 %, soit le taux le plus faible depuis 2015-2016, lorsque la province était en proie à une austérité budgétaire difficile.

Dans le même temps, le gouvernement compte sur une croissance économique nominale soutenue – bien que ralentie – et sur l’augmentation des transferts fédéraux pour faire progresser les recettes totales de 3,7 % en 2026-2027, et de 3,2 % en moyenne au cours des cinq prochaines années.

Grâce à ces trajectoires de recettes et de dépenses, le déficit du gouvernement diminuera, passant de 9,9 milliards de dollars en 2025-2026 – un montant révisé à la baisse par rapport aux 12,4 milliards de dollars prévus dans la mise à jour de l’automne) – à 8,6 milliards de dollars en 2026-2027, puis à 5,7 milliards de dollars en 2027-2028, après versements au Fonds des générations.

Le gouvernement demeure sur la bonne voie pour équilibrer son budget d’ici 2029-2030, comme la loi l’exige.



Grâce à un déficit légèrement réduit dans les deux prochaines années et à des hypothèses de croissance économique nominale révisées à la hausse, l’endettement de la province devrait se stabiliser.

Le budget 2026 prévoit que le ratio dette nette/PIB du Québec changera peu au cours des trois prochaines années, passant de 38,8 % à la fin de 2025-2026 à 38,9 % en 2026-2027 et à 39,3 % en 2027-2028, avant de diminuer progressivement pour s’établir à 36,9 % à la fin du plan budgétaire.

Ce profil représente une amélioration par rapport au profil précédent, qui prévoyait un sommet de 41,3 % en 2027-2028, avant de terminer sur une valeur finale de 39,3 %.

Le budget 2026 rapproche donc le Québec de ses cibles budgétaires d’un ratio dette nette/PIB de 35,5 % d’ici 2032-2033 et de 32,5 % d’ici 2037-2038.

En ayant établi un plan presque complet de retour à l’équilibre et de stabilisation de l’endettement à des niveaux plus viables, le Québec prend de l’avance sur de nombreuses autres provinces qui en sont encore à l’élaboration de leur plan d’action. Cela s’explique en partie par le fait que le Québec est aux prises depuis longtemps avec des problèmes budgétaires, notamment un lourd endettement.

Pour autant, avoir un plan et l’exécuter sont deux choses très différentes. Il est particulièrement difficile de restreindre ses dépenses année après année. Il faudra donc que le gouvernement fasse preuve de détermination.

De plus, compte tenu de l’imminence des élections, il n’est pas certain que le ministre Girard et son gouvernement seront ceux qui tiendront les cordons de la bourse pour le prochain budget.


À propos de l’auteur :

Robert Hogue est membre du l’équipe Économique et leadership avisé RBC, se spécialisant dans l’analyse et les prévisions pour le marché de l’habitation canadien et les économies provinciales. Il compte parmi ses publications Tendances immobilières et accessibilité à la propriété, Perspectives provinciales et l’analyse des budgets provinciaux. Dans ses fonctions, il est fréquemment appelé à commenter l’évolution de la conjoncture économique auprès de la direction de RBC, de ses clients et des médias.


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