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Le recul des dépenses des titulaires de carte RBC en juin n’éclipse pas les gains du deuxième trimestre

Par Rachel Battaglia

Portrait des dépenses de juin : les données sur les titulaires de cartes RBC indiquent une contraction des dépenses de consommation en juin. Les ventes au détail de base (à l’exception des automobiles et de l’essence) ont enregistré leur premier recul mensuel depuis janvier, avec une baisse de 1,1 %.

Le total des dépenses des titulaires de carte RBC a diminué dans la même proportion après plusieurs mois de croissance soutenue. Cela dit, le total des dépenses des titulaires de carte (+2,6 %) et les ventes au détail de base (+3 %) sont demeurés supérieurs en glissement trimestriel, ce qui renforce notre opinion selon laquelle le contexte commercial général a eu un impact plus important sur la confiance des consommateurs que sur les dépenses réelles.



Les changements fiscaux ont modifié les habitudes de dépenses en 2025

La contraction des dépenses de juin s’explique sans doute par plusieurs facteurs, non pas seulement par la lassitude des consommateurs. Le repli fait suite aux résultats exceptionnellement élevés enregistrés en mai, notamment dans certains segments de consommation discrétionnaire comme les divertissements et la restauration, qui ont préparé le terrain pour une correction naturelle en juin.

Les changements fiscaux mis en œuvre plus tôt cette année ont aussi considérablement faussé les tendances globales en matière de dépenses. En effet, le congé de TPS et l’abolition de la taxe sur le carbone pour les consommateurs ont influencé les comportements et les prix.

Par conséquent, une contraction pour un seul mois ne nous semble pas préoccupante. La croissance trimestrielle des dépenses demeure positive dans presque toutes les catégories (sauf l’essence et les voyages), la restauration (+7,7 %) et des divertissements (+5,3 %) arrivant en tête.

Certains indicateurs économiques généraux montrent aussi des signes d’amélioration. Après avoir atteint un creux en mars, l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board du Canada s’est redressé. Les premiers signes de reprise du marché de l’habitation et l’augmentation des dépenses pour des biens coûteux, comme les automobiles, sont également de bon augure.



La volatilité des prix de l’essence ébranle les dépenses liées aux biens essentiels

Dans l’ensemble, les dépenses liées aux biens essentiels ont crû durant le trimestre (moyenne sur trois mois) et ont augmenté par rapport au premier trimestre.

Malgré des fluctuations, les achats de produits d’épicerie ont enregistré une hausse trimestrielle. Les dépenses en essence ont connu une forte volatilité au cours du trimestre en raison des redressements fiscaux et des chocs pétroliers, devenant ainsi l’une des rares catégories à afficher une croissance trimestrielle négative.



Les résultats relatifs aux dépenses en services discrétionnaires ont été contrastés. Le secteur de la restauration s’est montré particulièrement résilient pendant la majeure partie du trimestre, avec un gain de 7,7 % (en glissement trimestriel) malgré le récent ralentissement.

En revanche, les dépenses liées aux voyages ont suivi une trajectoire baissière tout au long du deuxième trimestre. La diminution marquée des voyages aux États-Unis a contribué à cette situation : le nombre de Canadiens revenant des États-Unis a chuté de 22 % comparativement à l’an dernier, atteignant son niveau trimestriel le plus bas depuis le deuxième trimestre de 2022.

Tendances régionales : premiers signes de faiblesse dans le centre du Canada

Les dépenses sont restées positives dans la plupart des provinces, à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard (-6,4 %) et de Terre-Neuve-et-Labrador (-2,2 %).

Ces petites provinces connaissent généralement une plus grande volatilité en raison de la taille réduite des échantillons, mais la contraction observée pour l’Île-du-Prince-Édouard concorde avec les indicateurs actuels du marché du travail. En effet, la croissance exceptionnellement lente des salaires dans cette province (0,2 % sur 12 mois au deuxième trimestre) pourrait freiner les dépenses de consommation. Il est également possible que la faiblesse de l’inflation (0,8 %) pèse dans la balance.

La sous-performance de l’Ontario et des provinces voisines est plus inquiétante. La croissance du total des dépenses des titulaires de carte RBC est tombée en deçà de la moyenne nationale là où se concentre la récente faiblesse du marché du travail.





Rachel Battaglia est économiste à RBC. Elle est membre du groupe d’Analyse macroéconomique et régionale et fournit des analyses des perspectives macroéconomiques provinciales. Elle est titulaire d’un baccalauréat en économie (avec distinction) de l’Université Western Ontario et d’une maîtrise en sciences de l’Amsterdam School of Economics.

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