Les conditions de l’offre et de la demande se sont encore affaiblies dans la plupart des grands marchés canadiens en janvier.
Les acheteurs potentiels sont demeurés prudents, malgré les stocks élevés qui leur donnent l’avantage. Les conditions météorologiques hivernales extrêmes ont probablement contribué au ralentissement, les précipitations importantes dans plusieurs régions ayant maintenu les acheteurs potentiels à l’écart.
Les tendances récentes de l’activité ont également été brouillées par les distorsions du calendrier. Le nombre de jours ouvrables en janvier 2026 était plus élevé qu’il y a un an, tandis qu’en décembre, ce nombre correspondait exceptionnellement à celui de janvier, ce qui se produit rarement et qui a probablement accentué les tendances.
La demande a néanmoins chuté dans plusieurs marchés, en particulier à Vancouver et dans la vallée du Fraser, et les résultats ont été nettement décevants à Edmonton, à Winnipeg et à Saskatoon. Les marchés de Toronto et de Montréal ont également continué de ralentir. Calgary et Regina figurent parmi les rares exceptions où on a constaté une augmentation des achats.
Les stocks ont toutefois continué d’augmenter dans la plupart des régions, ce qui a pesé sur les prix. Plusieurs marchés ont enregistré les plus fortes baisses de prix sur 12 mois depuis des années.
Région de Toronto : le marché n’est pas encore en déclin
Les données de janvier ont révélé une faiblesse persistante dans la région du Grand Toronto, les ventes ayant diminué de 9,9 % par rapport à décembre, en données désaisonnalisées.
Le repli prolonge les conditions difficiles qui ont caractérisé 2025 et représente la quatrième baisse mensuelle consécutive et la plus forte contraction de ce type en près d’un an.
Les conditions météorologiques hivernales extrêmes Ontario, dont l’une des plus importantes tempêtes de neige depuis des années, ont probablement contribué à freiner l’activité, car la faiblesse des conditions du marché a rendu les acheteurs potentiels peu pressés de s’aventurer.
Les nouvelles inscriptions ont légèrement augmenté (1,1 %, en données désaisonnalisées), ce qui a gonflé les stocks disponibles. La croissance des inscriptions actives sur 12 mois a ralenti au cours des derniers mois, mais les stocks demeurent obstinément élevés par rapport aux normes historiques.
Les conditions de l’offre et de la demande continuent de favoriser les acheteurs, ce qui maintient les pressions à la baisse sur les prix. L’indice composé MLS des prix des propriétés a maintenu sa tendance à la baisse en janvier, reculant de 8 % par rapport à l’an dernier. Il s’agit de la 22e baisse consécutive et de la plus forte diminution en trois ans.
Région de Montréal : le ralentissement se poursuit en janvier
Le ralentissement constaté à la fin de 2025 dans la région de Montréal a persisté en janvier. Nous estimons que les ventes ont diminué de 1,4 % par rapport à décembre, en données désaisonnalisées, mais un afflux important de nouvelles inscriptions, attribuable principalement aux copropriétés, rééquilibre enfin le marché. Pour la première fois depuis des mois, le ratio ventes/nouvelles inscriptions a atteint l’équilibre.
Ce changement freine déjà la croissance des prix. Les prix médians des maisons unifamiliales ont diminué, les gains annuels passant de 7,8 % en décembre à environ la moitié de ce chiffre en janvier, à mesure que le marché s’équilibre. L’appréciation des prix des copropriétés demeure la plus lente des trois types de propriétés, le prix médian ayant augmenté de 2 % par rapport à l’an dernier.
Malgré l’augmentation de l’offre en janvier, les inscriptions actives demeurent relativement faibles, ce qui limite le choix des acheteurs. Les stocks limités permettront sans doute une plus grande appréciation des prix au cours de la prochaine année, car la confiance des acheteurs se raffermit lentement.
Région de Vancouver : le repli marqué interrompt l’élan du quatrième trimestre
La série d’améliorations constatées au cours des derniers mois sur le marché de Vancouver s’est arrêtée en janvier.
Les ventes ont chuté de près de 30 % par rapport à décembre, en données désaisonnalisées, effaçant trois mois consécutifs de gains modestes, ce qui montre à quel point la récente amélioration avait été fragile. Même si les facteurs de désaisonnalisation peuvent exacerber une partie de la faiblesse, la situation sous-jacente demeure résolument difficile.
Les reventes demeurent nettement inférieures à la moyenne saisonnière sur 10 ans, tandis que les inscriptions sont nettement supérieures aux normes historiques. C’est une combinaison qui continue de renforcer le pouvoir de négociation des acheteurs et qui maintient la tendance à la baisse des prix. L’IPP MLS du Grand Vancouver a reculé de 5,7 % sur 12 mois en janvier, marquant près d’une année de baisses annuelles.
On a vu des signes provisoires de stabilisation à la fin de 2025, mais le marché continue de faire face à une faible abordabilité et à une offre élevée par rapport à la demande des acheteurs. Selon nous, cette dynamique maintiendra les prix relativement bas au cours des prochains mois.
Calgary : la domination de l’offre se poursuit
À Calgary, les ventes ont augmenté de 7,3 % en janvier par rapport à décembre, en données désaisonnalisées, une hausse notable après une fin d’année 2025 calme.
Les gains ont toutefois été éclipsés par un bond encore plus important des nouvelles inscriptions, ce qui renforce la domination de l’offre qui continue de définir le marché.
Les stocks élevés maintiennent la tendance à la baisse des prix des logements. L’indice composite des prix des propriétés a dégringolé de 4,7 % sur 12 mois, mais la détérioration n’a pas été répartie également entre les types de propriétés. Les maisons isolées résistent mieux aux baisses de prix que les logements à plus forte densité.
Les nombreuses constructions résidentielles en cours portent à croire que les stocks demeureront élevés, ce qui empêchera l’élan de se déplacer du côté des vendeurs sans une augmentation adéquate de la demande.
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Rachel Battaglia est économiste à RBC. Elle est membre du groupe d’Analyse macroéconomique et régionale et fournit des analyses des perspectives macroéconomiques provinciales. Elle est titulaire d’un baccalauréat en économie (avec distinction) de l’Université Western Ontario et d’une maîtrise en sciences de l’Amsterdam School of Economics.
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