L’Enquête sur les perspectives des entreprises du quatrième trimestre de 2025 de la Banque du Canada, menée du 6 au 26 novembre 2025, révèle une légère amélioration de la confiance des entreprises par rapport aux creux du milieu de 2025.
L’optimisme régnait dans un contexte de stabilisation des pressions liées au commerce – la plupart des sociétés exportatrices sondées ont encore déclaré qu’elles n’étaient pas assujetties à des tarifs douaniers en raison des exemptions de l’ACEUM – et a coïncidé avec une amélioration du marché de l’emploi. Toutefois, ceux qui ont été fortement touchés par les tarifs douaniers, en particulier dans les secteurs des métaux et de l’automobile, ont fait état de perspectives beaucoup plus faibles.
Un contexte contrasté entre les secteurs canadiens ne peut être traité que par une modération réelle des mesures tarifaires, et non par un assouplissement de la politique monétaire. C’est pourquoi, compte tenu des attentes à l’égard de l’inflation toujours élevée à court terme, nous ne nous attendons pas à d’autres réductions de taux de la Banque du Canada cette année.
Plus précisément :
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La confiance des entreprises a légèrement augmenté; la part des entreprises qui ont établi leur budget en tenant compte d’une récession est passée de 33 % au troisième trimestre à 22 % au quatrième trimestre, soit le plus bas niveau en 2025. L’incertitude commerciale et les effets des tarifs douaniers continuent de peser sur les perspectives des entreprises. Toutefois, l’équilibre des points de vue sur les indicateurs de ventes futures est devenu positif pour la première fois en trois trimestres, ce qui porte à croire que les entreprises s’attendent à ce que les conditions se stabilisent au lieu de se détériorer davantage.
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La croissance des ventes au cours de la dernière année a été faible, mais les entreprises s’attendent à une croissance modeste. Les sociétés fortement touchées par les politiques commerciales des États-Unis ont fait état de ventes et de perspectives beaucoup plus faibles que celles qui sont moins touchées. La croissance des ventes à l’exportation devrait demeurer modeste, la plupart des exportateurs invoquant la faiblesse de la demande aux États-Unis et la réticence des clients relativement à la politique commerciale.
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Une petite part des exportateurs canadiens, qui s’accroît de plus en plus, se diversifie dans les marchés non américains afin de réduire leur exposition à l’incertitude des échanges commerciaux. La plupart des sociétés n’ont pas opéré de changement de cap, invoquant comme principaux facteurs limitatifs les barrières à la diversification, notamment les investissements en immobilisations, les coûts de transport et la conformité à la réglementation.
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Les intentions d’investissement des entreprises se sont légèrement améliorées, mais elles demeurent axées sur l’entretien de routine plutôt que sur l’expansion, compte tenu de la capacité excédentaire amplement suffisante pour répondre aux besoins actuels. Dans le secteur pétrolier et gazier, les investissements devraient diminuer de 1,7 % en 2026 en raison de la faiblesse des prix du pétrole, mais la production issue des sables bitumineux demeure viable aux niveaux actuels des prix et la demande de gaz naturel continue de soutenir la production.
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Étonnamment, la part des entreprises qui prévoient réduire leur personnel a atteint son plus haut niveau depuis 2016, ce qui ne correspond pas aux données réelles sur le marché de l’emploi, qui indiquent une baisse du nombre de chômeurs mis à pied de façon permanente entre octobre et décembre 2025.
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L’amélioration des attentes quant aux échanges commerciaux a tempéré les attentes relatives aux pressions sur les coûts, même si les prévisions de croissance des salaires ont légèrement augmenté après avoir ralenti consécutivement à leur sommet de 2022. De plus, la faiblesse de la demande limite moins le pouvoir de fixation des prix des entreprises qu’auparavant.
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Enfin, les attentes des entreprises quant à l’inflation demeurent élevées pour l’an prochain, à 3 %, mais elles sont mieux ancrées à long terme, fluctuant autour de 2,5 % à 3 %. Ces attentes ont trouvé écho chez les consommateurs canadiens dans l’enquête sur les attentes des consommateurs publiée séparément, qui montrait que les attentes d’inflation à court terme sur 12 mois s’élevaient à 4 %, tandis que les attentes d’inflation à long terme sur les cinq prochaines années se normalisaient autour de 3 %.
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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