En résumé
L’inflation globale s’est maintenue à 2,2 % en novembre au Canada, mais elle est assortie de données sous-jacentes contrastées. Les mesures de base de l’inflation sous-jacente préférées de la Banque du Canada se sont pour la plupart atténuées, mais elles excluent l’inflation alimentaire, qui a atteint son plus haut niveau depuis la fin de 2023.
La hausse de l’inflation alimentaire est attribuable à une combinaison de contraintes liées à l’offre, y compris des conditions météorologiques extrêmes. Et même si les importateurs canadiens ne paient pas eux-mêmes de droits de douane, les prix au Canada pourraient encore être touchés par le fait que les exportateurs américains répercutent les hausses de coûts connexes sur les chaînes d’approvisionnement de la fabrication alimentaire. Les prix du café raffiné, par exemple, augmentent en raison des droits de douane américains sur les pays producteurs de café, selon Statistique Canada.
La Banque du Canada ne peut pas faire grand-chose pour contrebalancer l’incidence de l’offre sur l’inflation alimentaire en modifiant les taux d’intérêt. Les composantes sur lesquelles la banque centrale exerce une plus grande influence semblent un peu meilleures en novembre. Les mesures de l’inflation sous-jacente de la Banque du Canada (l’IPC-tronq et l’IPC-méd) ont chacune augmenté de 0,1 % en données désaisonnalisées par rapport à octobre.
Le ralentissement de l’inflation sous-jacente devrait renforcer le fait que la banque centrale n’aura pas besoin de procéder à des hausses de taux d’intérêt à court terme, mais nous nous attendons également à ce que l’économie montre suffisamment de signes d’amélioration pour ne pas avoir à réduire davantage le taux du financement à un jour.
En détail :
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L’inflation des aliments au Canada est passée de 3,4 % en octobre à 4,2 % en novembre (sur 12 mois), en raison surtout de la hausse des prix des produits alimentaires, en particulier du bœuf frais ou surgelé (+17,7 %) et du café (27,8 %). Entre-temps, l’inflation dans le secteur des restaurants a très légèrement augmenté pour s’établir à 3,3 %.
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La hausse de l’inflation dans le secteur de l’alimentation est principalement attribuable aux perturbations de l’offre. La grave sécheresse qui a frappé certaines régions de l’Ouest canadien a réduit la taille du troupeau de bovins au Canada, tandis que le temps sec au Brésil et au Vietnam a freiné la production et les exportations de café dans le monde.
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En novembre, les prix de l’énergie étaient toujours inférieurs de 5 % à ceux de l’an dernier, malgré des hausses mensuelles consécutives des prix de l’essence depuis l’été. Les données négatives continuent de refléter en grande partie l’incidence de la fin, en avril, de la taxe sur le carbone imposée aux consommateurs.
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Si l’on exclut les aliments et l’énergie, l’inflation est passée de 2,7 % en octobre à 2,4 % en novembre, en raison de la baisse de l’inflation dans les services de voyage (-7,7 %), qui s’explique en partie par la hausse des prix de l’hébergement en novembre 2024, en raison des concerts de Taylor Swift.
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L’inflation liée au logement a ralenti pour s’établir à 2,3 % en novembre, contre 2,5 % en octobre, grâce à une croissance plus modérée des loyers (+4,7 %) et des coûts d’intérêt hypothécaire (+2,3 %), ces derniers découlant des réductions passées des taux d’intérêt par la Banque du Canada.
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La croissance sur 12 mois de l’IPC-tronq et de l’IPC-méd, mesures privilégiées de la Banque du Canada, a légèrement reculé à 2,8 %, après une croissance mensuelle plus lente de 0,1 % en octobre. Les mêmes mesures sur une base annualisée de trois mois ont ralenti à 2,3 %, contre 2,6 % en octobre.
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La « super mesure de base » de l’inflation, qui exclut les biens et les logements de l’IPC-tronq, a été légèrement plus élevée, en hausse de 0,2 % par rapport à octobre, pour atteindre 3,2 % sur 12 mois.
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L’ampleur des pressions inflationnistes dans l’ensemble du panier de l’IPC s’est légèrement accrue (selon nos calculs), environ 54 % des composantes affichant une croissance supérieure à 3 % sur une base annualisée de trois mois, par rapport à 50 % en octobre.
Claire Fan est économiste principale à RBC. Elle se concentre sur les tendances macroéconomiques et est chargée d’établir des prévisions relatives au PIB, au marché du travail et à l’inflation pour le Canada et les États-Unis, en fonction des principaux indicateurs.
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